mardi, 24 octobre 2017
 

Grève dure des postiers sud-africains

Après un conflit salarial d’une durée et d’une radicalité sans précédent dans le secteur clef des mines de platine au début de l’année, la grève de la poste sud-africaine (Sapo) pourrait paraître un épiphénomène.

Mais dans le pays le plus industrialisé du continent, l’établissement public est un maillon essentiel de l’activité économique, parfois lent à acheminer le courrier mais généralement fiable. Peu de paquets volés, peu paquets ouverts.

Depuis trois mois, des montagnes de courrier en souffrance se sont accumulées. Les factures d’eau, d’électricité ou de péages n’arrivent plus aux clients. La grande université par correspondance Unisa ne parvient plus à envoyer ses corrigés, ni à recevoir les devoirs de ses étudiants.

Et l’agence SANParks envoie des emails, faute de pouvoir poster les cartes d’accès aux grands parcs nationaux du pays à la veille des grandes vacances australes.

« La grève de la poste nous contrarie énormément », soupire Marietjie Smith de SANParks.

La situation, en passe se débloquer enfin mardi, dure depuis le 19 août. « Deux des syndicats, Depacu et Sapwu, se sont mis d’accord avec la poste pour finir la grève », a annoncé la direction dans un communiqué, mais un troisième syndicat, CWU, n’avait toujours pas dit son dernier mot.

« C’est la grève la plus longue depuis fin 2012″, reconnaît-on à la direction.

La poste sud-africaine, en grève quatre mois fin 2012, est régulièrement perturbée par des conflits sporadiques qui font la fortune des prestataires de courrier privés, trois fois plus chers mais ouverts même dimanche.

Ce énième mouvement social a démarré par une grève sauvage des salariés temporaires à Pretoria, excédés d’enchaîner les CDD.

Environ un salarié de la poste sud-africaine sur trois –le groupe emploie 24.000 personnes au total– est en statut précaire, selon le rapport annuel 2013.

Si la direction refuse de dire quels salaires elle verse à ces différents employés, elle admet qu’ »il y des différences en terme d’avantages comme la couverture santé », inexistante pour les non permanents.

Au conflit sur les précaires, se sont greffés des négociations salariales compliquées.

L’entreprise est dans une mauvaise passe financière, privée de sa subvention d’Etat depuis cette année, en plus d’avoir à desservir les zones rurales reculées et d’enregistrer un recul des volumes de courrier face à la concurrence des opérateurs privés et d’internet.

A l’instar des métallos ou des mineurs, les syndicats ont commencé par demander une forte revalorisation des salaires, plaçant la barre à 15% de hausse en début de négociation.

L’accord finalement en train de se dessiner serait de l’ordre de 6,5%, selon Sapwu, soit peu ou prou le niveau d’inflation.

Source : Slate Afrique

 
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