vendredi, 20 octobre 2017
 

Brutalités de militaires français dénoncées par une association de pêcheurs

L’association « Mpanarato miray Ambalambalamanga » a déposé une plainte au parquet auprès du procureur de la République du tribunal de première instance de Mahajanga, le 18 septembre dernier, suite à des faits réalisés par des militaires français sur des marins pêcheurs malgaches. « Non-assistance à des pêcheurs en danger, coups et blessures volontaires, violence et voies de fait, tortures et meurtres avec préméditation », tels ont été les motifs de la plainte déposée par l’association. Selon les informations reçues de l’association, ces militaires français, responsables de la garde de l’île Juan de Nova, ont jeté en plein mer, les GPS, les nourritures et même les moteurs des boutres de ces pêcheurs, alors qu’ils étaient à un peu plus de 75 km des côtes de Maintirano ou encore à plus de 100km de la plage d’Ambalambalamanga. Plusieurs d’entre ces pêcheurs ont par la suite péri en mer.

Faut-il rappeler que ce n’est pas la première fois que des militaires français interpellent ainsi des pêcheurs malgaches qui s’approchent de Juan de Nova. Les premiers cas de brutalités de la marine française face à des pêcheurs malgaches remontent au 29 mars 2014 et ne cessent depuis. Le 25 février 2017 dernier, le patrouilleur de la marine française « Le Malin » se trouvait à proximité de Juan de Nova. Selon sa situation géographique, cette île qui fait partie des iles éparses située dans le Canal du Mozambique à environ 150 km des côtes Ouest de Madagascar devrait appartenir à la Grande île. Pour le moment, Juan de Nova est l’une des îles éparses gérée aujourd’hui par l’administration des TAAF (Terres australes et antarctiques françaises).

Selon un article de presse français, lors de cette patrouille, 9 pirogues et près de 90 kg d’holothuries ou concombre de mer ainsi qu’une grande quantité de matériel de pêche ont fait l’objet d’une saisie par le directeur de la mer Sud océan Indien après consultation du parquet de Saint-Denis et confirmation par le juge des libertés et de la détention. A se demander comment se fait-il que le parquet de Saint-Denis soit compétent en la matière. Le fait est que les « négociations » sont encore en cours entre la Grande île et la France, et que d’autre part, les pêcheurs se trouvaient dans les eaux territoriales malgaches. Aussi, les militaires français, investis de quelques missions que ce soit ne devaient point agir de la sorte.

En ce qui concerne les îles éparses dont Juan de Nova, les échos de l’intervention du président de la République malgache à la tribune des Nations Unies qui devait se tenir hier sont très attendus, si pour sa part, le président français Macron a passé le sujet sous silence. Après un tel « incident », l’opinion se demande alors sur la position que va adopter le gouvernement malgache face à la situation.

Source : http://www.madagascar-tribune.com

 
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