vendredi, 20 octobre 2017
 

Madagascar : Conflits ouverts dans les universités

Ce 29 juin 2012, le Conseil national du syndicat des enseignants chercheurs de l’enseignement supérieur (Seces) a décidé l’arrêt immédiat de toutes les activités pédagogiques au titre de l’année universitaire 2011-2012. Il a aussi décidé de ne pas participer à la session du baccalauréat 2012. Tout cela parce que les responsables au pouvoir ont manifesté une indifférence totale face à leurs devoirs de résolution de la crise universitaire actuelle. Pour que ces résolutions soient révisées, le Seces exige d’une part, l’exécution rapide et définitive des trois décrets 2009-1214/1215/1216 du 6 octobre 2009, notamment, l’indemnité de recherche et d’investigation et le basculement de l’ancienne à la nouvelle grille indiciaire, et d’autre part, la démission des responsables incompétents, notamment du ministre des Finances et du Budget.

Si la présidence de l’université d’Antananarivo a aussitôt ce lundi 2 juillet précisé que le SECES ne rassemble qu’une partie des enseignants à l’université afin de rassurer et réduire l’impact de cette décision dans l’opinion, les réunions en assemblée générale des différentes sections du Seces auront du pain sur la planche à partir de ce jour car elles devront se pencher sur la mise en œuvre de leurs résolutions. La section Seces Antananarivo aura en effet à gérer des situations qui sont tout simplement compliquées. Les enseignants de la faculté de Droit, d’Économie, de Gestion et de Sociologie (DEGS), la faculté de Médecine et l’École normale supérieure de l’université d’Antananarivo ne sont pas, semble-t-il, convaincus de la légitimité des revendications et de la stratégie adoptée par le Seces. Apparemment, pour ces facultés, les résultats des examens ont déjà été publiés. Par contre, dans les facultés des Lettres, des Sciences, l’École Agronomique et l’École Polytechnique, certains départements n’ont pas encore achevé les cours si d’autres attendent les examens ou les résultats des examens. L’université de Barikadimy – Toamasina connaît une situation identique. À l’université d’Ambondrona – Mahajanga, les enseignants membres du Seces sont minoritaires.

L’autre grand problème réside dans le fait du manque de budget de fonctionnement. Les enseignants qui envisagent d’assurer les cours et les examens le feront-ils gratuitement et sans les fournitures et appuis techniques nécessaires, interroge un membre du Seces qui déclare que les droits d’inscription des étudiants ne peuvent assurer à la rigueur que deux mois de fonctionnement de l’université, pas plus.

En tout cas, si on devait croire les quelques informations qui ont filtré de ce conseil national, les sections Seces des universités d’Antsiranana, de Toliara et de Fianarantsoa sont prêtes à en découdre et comptent mettre les résolutions en œuvre dans leur intégralité. Ils vont plancher dessus dans quelques jours sur la manière de faire pour démettre le ministre des Finances et du Budget et obliger le pouvoir à concrétiser ce qui a été signé et promis. En attendant, le pouvoir doit résoudre ce problème de boycott des examens du Baccalauréat 2012 par le Seces car à l’allure où évolue la situation, on ne peut écarter l’idée que d’autres associations de professeurs de nos universités ne viennent appuyer les résolutions de ce syndicat.

Source : Madagascar-Tribune.com

 
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