mercredi, 17 octobre 2018
 

Madagascar : Déclaration syndicale

Déclaration conjointe de la Conférence des travailleurs de Madagascar (CTM) et de l’Alliance des syndicats des agents de l’État (ASAEM) à l’occasion du 1er mai 2012

« DES EMPLOIS DÉTRUITS, DES TRAVAILLEURS EN DÉSARROI, QUELLES SOLUTIONS... »

Les communiqués, déclarations et rapports des différentes sphères de la vie nationale : politiques, secteur privé, sociétés civiles et des partenaires techniques et financiers de Madagascar constatent la situation catastrophique de l’économie malgache, et la gabegie dans la gouvernance du pays. Ce ne sont pas les travailleurs ni leurs syndicats qui en contredisent car leur vécu quotidiens ne cessent de se dégrader.

Durant ces années de crise politique, beaucoup de choses ont certes changé, mais hélas en mal. En effet, outre les statistiques publiées dans les différents rapports et analyses des institutions nationales et organismes internationaux, force est de remarquer que.

- La volonté des dirigeants politiques de faire de Madagascar un pays ouvrier et soumis à la disposition des grandes puissances internationales, se cristallise au fil des mois ;

- Les riches deviennent de plus en plus riches, la classe moyenne tend à disparaître et les pauvres s’enfoncent de plus en plus dans les abysses de la pauvreté ;

- La corruption atteint toutes les sphères de la nation et constitue un blocage pour la relance économique.

- Les trafics en tous genres gagnent du terrain, en particulier le trafic de personnes sous forme de travail déguisé à l’extérieur ;

- Les valeurs morales malgaches ne servent que d’alibis et s’étiolent petit à petit ;

- L’emploi et la relance économique ne figurent pas parmi les préoccupations majeures des gouvernants ;

- La dégradation du pouvoir d’achat des travailleurs sa répercutent sur la consommation et constituent un coup d’arrêt de la productivité aussi bien urbaine que rurale, ce phénomène explique aussi la croissance de l’abandon scolaire au niveau des ménages ;

- Le pillage des richesses nationales – renouvelables et non renouvelables – se fait au grand jour en toute impunité ;

- La dégradation de l’environnement se fait à grand pas ;

- Les droits fondamentaux – notamment ceux au travail dont le droit d’association, la liberté syndicale et le droit à la négociation collective – continuent d’être menacés et bafoués ;

- La liberté d’expression et d’opinion – condition indispensable d’un progrès soutenu – demeure constamment toujours menacée ;

- Le travail décent auquel aspirent les travailleurs devient une utopie, les besoins fondamentaux ne sont pas satisfaits ;

- Les structures de dialogue social s’enlisent compte tenu de l’attitude dédaigneuse des représentants gouvernementaux ;

- L’état de santé de la population devient de plus en pus alarmant : le nombre de gens qui meurent chaque jour augmente ;

- L’insécurité se généralise au détriment de la population et de son développement

Il n’est pas ainsi surprenant de voir se manifester les sentiments de frustrations des différentes catégories de travailleurs aussi bien dans le domaine public que du privé : militaires, magistrats, enseignants, universitaires, médecins, forestiers, transporteurs, travailleurs du secteur privé…

Les réponses apportées par les gouvernants jusqu’ici sont tout à fait inappropriées et ne résolvent aucun problème.

PAR CONSÉQUENT, NOUS LANÇONS L’APPEL SUIVANT :

- Arrêtez la tuerie déguisée ;

- Focalisons-nous à la recherche de solutions des problèmes communs par le biais d’un dialogue constructif et élargi ;

- Agissons ensemble rapidement.

Pour la CTM ,

RANDRIANASOLO José

Pour l’A.S.A.E.M.,

RAMAMONJISOA Florentin, BEANJARA Paul

 
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