mercredi, 22 novembre 2017
 

MADAGASCAR : des prédations à grande échelle du sous-sol

QMM (QIT Madagascar Minerals), détenue à 80 % par Rio Tinto et 20 % par l’Etat, a mis en chantier l’extraction de sables minéralisés près de Fort Dauphin à l’extrémité sud-est de Madagascar. QMM a commencé à explorer la région d’Anosy (pointe Sud-Est) vers la fin des années 80 et prévoit, au cours des 40 années à venir, d’extraire de l’ilménite et du zircon à partir des sables minéraux lourds sur une zone d’environ 6 000 ha le long de la côte.

Le projet Ambatovy (sur la façade est, entre Antananarivo et Toamasina) est le fruit d’un partenariat entre 4 sociétés : Sherritt International Corporation et SNC-Lavalin Incorporated, toutes les deux canadiennes, la Japonaise Sumitomo Corporation et la Sud- Coréenne Korea Resources Corporation. En 2011, la construction était dans sa phase finale, mais a priori le démarrage des activités est pour bientôt puisque le projet vient d’être officiellement autorisé par le « gouvernement de transition ». D’ici 2013-2015, la production annuelle d’Ambatovy s’élèvera à 60 000 tonnes de nickel raffiné, 5 600 tonnes de cobalt raffiné et 210 000 tonnes d’engrais sous forme de sulfate d’ammonium, et cela pendant au moins 29 ans.

Madagascar Oil SA est une société pétrolière malgache spécialisée dans le développement, l’exploration et l’exploitation du pétrole. Elle est la première compagnie pétrolière « on shore » à Madagascar en termes de ressources pétrolières et de superficie. Sur ses concessions d’environ 6 500 km2 se trouvent les immenses gisements de sables bitumineux, évalués à plus de 10 milliards de barils et développables par technologie minière, de Tsimiroro et Bemolanga (découvert vers 1850). La française Total a acquis une participation de 60 % dans le permis de Bemolanga, permis dont elle devient de fait l’exploitante.

Mainland Mining Ltd est une société chinoise arrivée en 2008 qui a obtenu des « permis de recherche » pour extraire de l’ilménite et du zircon sur 26 000 carrés miniers sur près de 400 km de côtes dans le Sud-Est de l’île.

Madagascar Wisco (Wuhan iron and steal corporation), société chinoise, va exploiter dans la pointe ouest un gisement qui durera 30 ans et qui recèle une réserve de fer d’environ 600 à 700 millions de tonnes avec une mise à disposition immédiate de 100 millions de dollars à l’Etat malgache (en fait, le pouvoir putschiste).

La Française Rhodia, membre du groupe belge Solvay et l’Allemande Tantalus Rare Earths AG ont une coopération technique pour développer un procédé d’extraction et de purification des terres rares dans le Nord-Ouest de Madagascar : 17 minéraux dont 14 sont classés stratégiques par l’Union européenne. Ce projet devrait devenir l’un des plus grands gisements de terres rares au monde hors de Chine : ici, la quantité de minerai contenant des oxydes de terres rares est estimée à 130 millions de tonnes.

EITI (Extractive Industries Transparency Initiatives) est une norme internationale qui promeut la transparence des impôts, redevances et taxes que ces compagnies minières ont payé et ce en accord avec les déclarations faites auprès de l’État. Les prédateurs ci-dessus sont censés y adhérer mais certains ont traîné les pieds : en tout cas, on se doute bien qu’il s’agit, pour une part, de pis-aller… La société civile et le mouvement syndical auront certainement leur mot à dire !

Pierre Sidy

 
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