lundi, 11 décembre 2017
 

Madagascar - Mouvements sociaux : Vers une autre étape

Malgré les tactiques différentes, l’objectif est apparemment le même : améliorer les conditions de travail, remettre de l’ordre dans le milieu et redorer le blason dans chaque corps de métiers ; bref, assainir le monde des fonctionnaires pour un service public sain et à l’abri des tentations de corruption et du clientélisme. C’est ce qui est présenté au public et à l’opinion. Dans le cas où le mouvement ne fait point broncher le régime, les revendications pour sa démission ne sont pas écarter. En tout cas, le mouvement est déclenché, et selon un cadre membre de la Cellule de crise interministérielle des fonctionnaires, une grève générale progressive est en cours pour contraindre le pouvoir à négocier avec l’ensemble des syndicats. Le fer de lance du mouvement est le SEMPAMA qui avait rebaptisé la cour du ministère de l’Éducation nationale, « Place des 90 Ariary ». Ce mardi 3 juillet, alors que les établissements scolaires privés ont mis en garde les autorités contre un autre report des dates des examens officiels, la coalition SEMPAMA avec la cellule de crise des fonctionnaires a baptisé « Rue de la liberté » la portion de rue adjacente à l’hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona et au ministère de l’Éducation nationale. Ce mercredi 4 juillet, le meeting du SEMPAMA sur la « Place des 90 Ariary » a vu le syndicat des employés de la Banque centrale lui manifester sa solidarité syndicale. Les syndicalistes de la Banque centrale y ont été représentés au plus haut niveau car il y avait, outre le Secrétaire général, Aina Razafindrakoto, son président. Le SECES lui aussi a rejoint le SEMPAMA lors de ce meeting.

Guerre de communication

À beaucoup d’égards, les divers mouvements sociaux se consolident et semblent bénéficier d’un nouveau souffle radical sans doute en raison de la contre-offensive des tenants du pouvoir confortés par les responsables d’établissements scolaires privés. Des chefs de région viennent en aide aux directeurs régionaux de l’Éducation nationale pour ramener la situation scolaire à la normale comme dans la région Analanjirofo et la région Haute Matsiatra. Les dissidences encouragées par les autorités ont certainement eu des impacts dans l’opinion des enseignants sur la tenue à observer face à la situation après que les dates des examens aient été reportées d’un mois.

Ainsi, selon les informations depuis la Haute Matsiatra, le chef de Région avait ce mercredi 4 juillet présenté auprès des établissements scolaires, de nouveaux enseignants qui devraient donc assurer les cours au cas où les syndicalistes du SEMPAMA ne rejoignaient pas leur poste. Cette initiative a failli provoquer des heurts car un enseignant de Mathématiques avait été appréhendé puis relâché. En tout cas, c’est la guerre de communication qui règne aujourd’hui à propos des reprises des cours supposées dans les établissements scolaires. De Sambava, Antalaha, Fénérive-Est, Ambatomainty, des informations contradictoires traduisent le bras de fer entre les enseignants du SEMPAMA et les dissidents du SEMPAMA.

Dans tout ceci, les élèves et les parents n’ont pas droit de cité apparemment. Pas plus que les malades car ce mercredi 4 juillet, les médecins fonctionnaires conduits par leur syndicat sont descendus dans la rue tandis que les paramédicaux ont décidé d’observer non seulement la grève diurne mais aussi celle nocturne ; autrement dit, les hôpitaux vont se transformer très rapidement en mouroir si jamais aucune mesure, non pas en faveur des grévistes mais des malades, n’est prise par l’État. Et ce n’est pas la rencontre Marc Ravalomanana – Andry Rajoelina ou l’examen des lois spécifiques au Parlement qui vont résoudre les problèmes des candidats aux examens officiels et des malades.

Source : http://www.madagascar-tribune.com

 
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