jeudi, 25 mai 2017
 

Burundi : Prison centrale de Bujumbura : Plaidoyer pour la communauté Zigirîs

Ce jeudi le 18 août 2016 notre confrère qui a requit l’anonymat a pu s’entretenir avec quelques prisonniers de Mpimba. En dehors du mauvais traitement des prisonniers que s’illustre le pouvoir du président Nkurunziza et de son parti le CNDD-FDD, Plus de trois cent personnes sont devenues des malades mentales dans la prison centrale de Mpimba en Mairie de Bujumbura. Elles sont laissées à elles-mêmes sans secours. Elles sont connues sous le sobriquet les ‘Zigirîsi’.

Les Zigirîsi, qui sont-ils ?

Les Zigirîsi est un sobriquet donné aux prisonniers intellectuels de Mpimba en Mairie de Bujumbura, qui ont une certaine formation secondaire et supérieure. Certains sont des anciens officiers de l’armée, détenteurs parfois de grade de général. D’autres ont occupé des postes de haut niveau au niveau de l’administration, comme directeurs généraux, de départements ou directeurs des écoles secondaires, etc. Ce sont des prisonniers de longue date et pensent que les membres de leurs familles sont morts depuis longtemps.

Dans plusieurs cas, les charges qui pèsent sur certains sont des faits de montage grotesques imputables au régime de Bujumbura. Les conditions inhumaines et dégradantes qu’ils subissent dans la prison les ont tous rendus des malades mentaux.

A la prison de Mpimba, les zigirîsi passent tout leur temps à circuler sur le terrain appelé communément "Mahangayiko stadium", ce qui signifie en langue française, le stade des souffrances. Ils passent la nuit dans ce même endroit, parfois même sans manger, ou ne mangent pas pendant la journée. Ayant totalement perdu la notion de temps et d’espace, Ils ne savent plus les horaires des repas de jour ou du soir , ils obéissent uniquement aux sensations de la faim. Quand ils ont faim, ils commencent à transpirer. A un certain moment, ils se déshabillent et marchent tous nus. Les zigirîsi n’ont pas d’habits, n’ont pas où dormir. Ceux qui sont chargés de nourrir les prisonniers vendent leur nourriture dix minutes après avoir servi tout le monde car ils ne viennent pas prendre leur nourriture. Comme ils ont une odeur puante, les autres prisonniers ont tendance de s’éloigner d’eux et à les dédaigner.

Il y a d’autres catégories de prisonniers qui se font des zigirîsi (barizigiza) pour pouvoir voler, mais les distributeurs de la nourriture, de l’eau, de l’huile et du sel connaissent bien les vrais zigirîsi. Parmi les zigirîsi, il y a des hommes et des femmes, on les retrouve dans tous les quartiers de la prison. C’est seulement dans les quartiers d’isolement, des mineurs adultes et d’infirmerie où il n’y a pas de zigirîsi. Ce sont des quartiers VIP (Very Important Persons).

Aucune autorité n’entre à l’intérieur de la prison centrale de Mpimba. Même les militants des droits de l’homme ne peuvent pas s’entretenir avec les Zigirîsi à l’occasion des visites de travail de la prison. "Même quand les activistes des droits de l’homme visitent la prison , ils ne peuvent pas leur parler car ils parlent le français alors que les autres ne connaissent que le Kirundi", ont dit les prisonniers. Les zigirîsi sont seulement connus des prisonniers car aucune autorité de l’administration, même le Directeur de cette prison n’y entre jamais.

Nous lançons un crie d’alarme au gouvernement de facto de Bujumbura pour qu’il agisse rapidement avant qu’il ne soit tard pour sauver les malades mentaux de la prison centrale de Bujumbura connus sous le sobriquet les "zigirîsi". Nous demandons aux organisations de droits de l’homme de convaincre le régime tyrannique de Nkurunziza, pour qu’il puisse accepter des visites régulier des prisons et d’accepter que les malades soient soignés en toute dignité et d’étudier sérieusement toutes les questions des droits de l’homme dans les prisons et de secourir dans l’urgence les « zigirîsi ». Le Ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le SIDA en collaboration avec le Ministère des Droits de la Personne Humaine, des Affaires Sociales et du Genre doivent d’urgence prendre connaissance de l’état de la santé de ces malades mentaux et les faire soigner rapidement.

La prison centrale de Bujumbura enregistre actuellement plus de cinq mille prisonniers, des hommes, des femmes et des enfants, mais normalement, elle ne peut héberger plus de 800 prisonniers. Cette surpopulation carcérale est généralisée dans d’autres localités du pays comme dans les prisons de Rumonge, Gitega …etc

Malheureusement, beaucoup d’entre eux sont des prisonniers politiques et d’opinion. Ils sont victimes des coups montés par le pouvoir de facto en place tant illégal qu’illégitime. Sa préoccupation première n’est pas le traitement humain des prisonniers, mais l’enrichissement illicite et l’entretien d’un climat de terreur dans le pays. Après tout, le Burundi entier est devenu une prison à ciel ouvert.

Source : http://www.cndd-burundi.com

 
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