mardi, 24 octobre 2017
 

Burundi : Répression contre des manifestants

Le gouvernement réagit durement face à une vague de contestation

Le gouvernement burundais réprime des activistes, des journalistes et des manifestants à la suite de protestations provoquées par la décision du Président Pierre Nkurunziza de se présenter pour un troisième mandat.

L’annonce le 25 avril par le parti au pouvoir, le Conseil national pour la défense de la démocratie - Forces pour la défense de la démocratie (CNDD-FDD), désignant Nkurunziza comme son candidat aux élections du mois de juin, a déclenché des manifestations de grande ampleur dans la capitale, Bujumbura, les 26 et 27 avril.

« Les autorités burundaises devraient respecter le droit des personnes à manifester pacifiquement », a déclaré Daniel Bekele, directeur de la division Afrique à Human Rights Watch. « La police du Burundi devrait recevoir des instructions strictes d’éviter tout recours à une force excessive. »

Une forte présence policière a empêché de nombreux manifestants de parvenir au centre-ville, mais de multiples affrontements ont éclaté entre la police et les manifestants dans les quartiers et banlieues. La police a utilisé des gaz lacrymogènes, des canons à eau et des balles réelles, selon des témoignages de journalistes burundais et internationaux et de défenseurs des droits humains recueillis par Human Rights Watch. Certains manifestants ont lancé des pierres sur la police et ont brûlé des pneus dans les rues. Des journalistes burundais et d’autres sources locales ont indiqué qu’au moins deux personnes ont été abattues et d’autres blessées au cours des affrontements.

Le 27 avril, la police a arrêté un éminent défenseur des droits humains, Pierre Claver Mbonimpa, qui s’était rendu pour une interview à la Maison de la Presse, lieu de rencontre des médias locaux. Des policiers ont rudoyé Mbonimpa, qui est âgé de 66 ans, et lui ont donné des coups de pied, ont expliqué à Human Rights Watch des journalistes présents sur les lieux. Mbonimpa, président de l’Association pour la protection des droits humains et des personnes détenues (APRODH), critique ouvertement les abus commis par le gouvernement, y compris lors des récents événements.

« Les autorités burundaises devraient immédiatement libérer Mbonimpa et lui permettre de poursuivre son travail sur les droits humains », a insisté Daniel Bekele.

Le 26 avril, le gouvernement a interdit les reportages en direct à partir des lieux des manifestations par trois stations de radio très écoutées – Radio publique africaine (RPA), Radio Isanganiro et Radio Bonesha FM, a suspendu leurs diffusions en dehors de la capitale et a coupé leurs lignes téléphoniques fixes, ont indiqué des journalistes à Human Rights Watch. Dans l’après-midi du 27 avril, le gouvernement a complètement suspendu les émissions de RPA, y compris dans la capitale, et fermé la Maison de la Presse.

« Ces stations de radio au Burundi font leur travail en couvrant les actualités », a conclu Daniel Bekele . « Les restrictions imposées par le gouvernement aux communications non seulement violent la liberté fondamentale des médias mais privent également de nombreux Burundais de leur droit à l’information sur des événements qui les affectent directement. »

 
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