mercredi, 20 septembre 2017
 

8 août 1914 : Décès du leader camerounais Rudolf Douala Manga Bell

English version below

Les Documentaires Afros / "Afro-Documentaries" rendent aujourd’hui hommage à un combattant de la liberté à la fois célèbre et délaissé par l’Histoire traditionnelle.

Né en 1872 à Cameroontown (actuelle Douala,) Rudolf Manga Bell possède une illustre ascendance, puisqu’il est le petit fils de Ndoumbé Lobé (King Bell, 4ème de la dynastie des Bell fondée en 1792). Il effectue ses études à l’école primaire de Douala et intègre par la suite le lycée d’Ulm, en Allemagne, puis emménage à Bonn afin d’y étudier le droit à l’Université. Il rentre au Cameroun en 1896. Un an plus tard, son grand-père meurt, et son père lui succède, devenant ainsi le 5 ème chef supérieur de la dynastie des Bell. Le 2 septembre 1908, son père décède à son tour ; Rudolf devient alors chef du clan à son tour, il est intronisé en 1910 par le chef des Bonaberi (le clan des Bell contenant les Bonapriso, et Bonadoumbé, et Bonamandone). Rudolf Douala Manga Bell était désireux de maintenir la paix et l’unité de son clan, aussi, il s’efforçait d’entretenir des rapports cordiaux avec les peuples voisins. Toutefois, il eût maille à partir avec les autorités allemandes qui, entre autres, l’accusèrent - sans aucune preuve - en 1910, d’avoir participé à un braquage de banque.

L’année 1910 marque par ailleurs un tournant dans les rapports entretenus par Rudolf Douala Manga Bell avec l’Allemagne. En effet, le gouvernement allemand souhaitait expulser les Douala afin de mener à bien un projet d’urbanisation qui prévoyait de dresser une ville habitée par des colons européens, tandis que les populations proches de la rivière Wouri (à savoir les Akwa, Bell, Deido et Bonapriso - les Bonaberi vivant sur la rive opposée du Golfe de Guinée n’étaient donc pas concernés) seraient expulsées vers l’intérieur des terres. Le projet d’urbanisation comprenait également l’établissement d’un "no man’s land" d’une dizaine de kilomètres entre les Douala et la ville coloniale. Rudolf Bell se souleva contre ce projet qu’il jugeait honteusement proche de l’apartheid. En 1911, il écrivit une lettre officielle au Reichstag (le parlement allemand) qui fut totalement ignorée. Une seconde lettre fut envoyée à Theodor Seitz (gouverneur allemand du Cameroun). Ce dernier, en réaction, démit Rudolf Bell de ses fonctions auprès des autorités allemandes, car celui-ci évoquait une rupture de l’accord de 1884 entre l’Allemagne et les Douala, qui prévoyait que les terres devaient être cultivées et devaient appartenir exclusivement aux natifs du Cameroun.

En 1914, la tension est à son paroxysme entre les Allemands et les Doula ; Rudolf Bell n’ayant eu de cesse de s’insurger et de mener des actions publiques de résistance envers ces expropriations, l’affaire finit par prendre des proportions importantes en Allemagne. Début août 1914, Rudolf Bell prend contact avec des chefs de l’intérieur du pays parmi lesquels on peut citer ceux de Yaoundé, Banyo, Ngaoundéré, Bali, Baham ou Dschang. Alors informée de cette tentative de ralliement, l’Allemagne - en la personne de son secrétaire d’État aux colonies, M. Solf - arrête Rudolf Manga Bell au motif de "haute trahison". Il est pendu le 8 août 1914.

August 8, 1914 : Death of the Cameroonian freedom fighter Rudolf Duala Manga Bell.

The "Afro-Documentaries" page pays tribute to an african freedom fighter today.

Born in 1872 in Cameroontown (current Douala) Rudolf Manga Bell has an illustrious pedigree, being the son of small Ndoumbé Lobe (King Bell, 4th Dynasty Bell founded in 1792). He completed his studies in primary school Douala and integrates thereafter the school of Ulm, Germany, and moved to Bonn to study law at the University. He returned to Cameroon in 1896. A year later, his grandfather died and his father succeeded him, becoming the top of the 5th Dynasty Bell chief. September 2, 1908, his father died in his turn, Rudolf became chief of the clan in turn, he was inducted in 1910 by Chief Bonaberi (the clan of Bell containing Bonapriso, Bonadoumbé and Bonamandone). Rudolf Douala Manga Bell was eager to maintain peace and unity of the clan, as he tried to maintain cordial relations with neighboring countries. However, he had trouble with the German authorities, among others, the accused - without proof - in 1910 for participating in a bank robbery.

The year 1910 also marked a turning point in relations by Rudolf Douala Manga Bell with Germany. Indeed, the German government wanted to deport Duala to carry out an urbanization project that planned to develop a city inhabited by European settlers, while the relatives of the Wouri River populations (ie Akwa, Bell, Deido and Bonapriso - the Bonaberi living on the opposite shore of the Gulf of Guinea were therefore not concerned) would be deported to the interior of the country. The urbanization project also included the establishment of a "no man’s land" of about ten kilometers from the Duala and the colonial city. Rudolf Bell railed against the project he thought shamefully close to apartheid. In 1911, he wrote an official letter to the Reichstag (German parliament), which was totally ignored. A second letter was sent to Theodor Seitz (German governor of Cameroon). The latter, in response,resigned Rudolf Bell from office to the German authorities, because he evoked a breach of the agreement of 1884 between Germany and Douala, which provided that the land should be cultivated and should belong exclusively to native Cameroon.

In 1914, the tension was at its peak between the two countries ; Rudolf Bell having been continuously publicly express its disapproval of these expropriations, the case ended up taking proportions in Germany. In early August, Rudolf Bell made contact with leaders of the country of which are those of Yaounde, Banyo, Ngaoundere, Bali, Baham or Dschang. While aware of the attempted rally, Germany - in the person of Secretary of State for the Colonies, Mr. Solf, arrested Rudolf Manga Bell on the grounds of "high treason". He was hanged August 8, 1914.

Source : https://www.facebook.com/DocsAfros/posts

 
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