vendredi, 20 octobre 2017
 

Arrestation arbitraire au Cameroun : Le REDHAC dénonce

Le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale se dit préoccupé par l’arrestation de 8 défenseurs des droits de l’homme

Dans un communiqué transmis le 10 mars 2011 dernier, le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC), se déclare profondément préoccupé par l’arrestation « arbitraire et les traitements inhumains et dégradants que subissent depuis le 23 février 2011, 8 personnes parmi lesquelles 3 défenseurs des Droits de l’Homme et certains membres des responsables des partis politique par la Direction de la Sécurité du Territoire (DST) ». Le communiqué fait savoir que ces personnes ont été déférées devant le procureur général du tribunal de grande instance du Mfoundi à Yaoundé la capitale politique du Cameroun le 09 mars dernier, lequel tribunal les a renvoyés à nouveau à la Police judiciaire. Selon l’association, il s’agirait de Billy BATIPE, ancien étudiant et membre de l’ADDEC (Association Des Défenses des Droits des Etudiants au Cameroun), Abba Aboubakar, responsable d’un parti politique, Essomba Urbain, Dibonji Bruno, Bouba Michel, Responsable d’un parti politique, Nyamsi Patrick, Olinga Cyprien, ancien étudiant et membre l’ADDEC et Adoueme Aimé. Le communiqué sur les détails de leur arrestation fait savoir qu’ils auraient été arrêtés séparément et se sont retrouvés dans un premier temps à la DST (Direction de la Sécurité Intérieure à Yaoundé), après au commissariat central de Yaoundé Ier. On leur reprocherait « l’appel à la rébellion et atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat ». Du côté de la police judiciaire, on se refuse à tout commentaire, et les causes exactes et officielles de ces arrestations restent encore attendues

Le REDHAC dénonce l’arrestation d’une dizaine de personne au Cameroun

Des revendications en dix points

L’organisation déplore en outre le fait que depuis leurs mises en détentions, ces personnes seraient privées de communications avec qui que ce soit, même des avocats. « Notre conseil n’a pas eu droit au dossier ni à l’identification de ces derniers », fait savoir un responsable de l’association. Le REDHAC dit condamner avec fermeté « cette arrestation arbitraire et le déferrement en catimini de ces leaders associatifs et des partis politiques devant le procureur de la République du tribunal de Grande Instance du Mfoundi de Yaoundé » Elle exprime aussi son inquiétude quant au nom respect des lois de la République qui consistent à garantir à tout citoyen le droit d’être défendu rappelant que la liberté d’expression, la liberté de manifester pacifiquement, d’appartenir à une association ou un parti politique sont des droits inscrits dans le préambule de la constitution camerounaise. Le REDHAC formule ainsi deux types de revendications. Aux autorités camerounaises, il exige de laisser les avocats, parents et organisations de défenseurs et de défense des droits de l’homme de communiquer avec les supposés mis en cause ; libérer sans condition ces personnes au vu des délais de détention préventive dépassés ; sinon leur garantir un procès équitable ; garantir l’intégrité physique et psychologique de tous les défenseurs des droits de l’homme œuvrant au Cameroun ; prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection des défenseurs des droits de l’homme au Cameroun et assurer la sécurité et la protection des défenseurs arrêtés et de ceux qui sont en liberté. Au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, l’association invite à demander aux autorités de la République du Cameroun de garantir la protection des défenseurs des droits de l’homme sur son territoire et de se conformer aux dispositions de la Déclaration des Nations Unies sur les Défenseurs des droits de l’Homme. Enfin à la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, le REDHAC invite à exiger du gouvernement Camerounais le respect de ses engagements concernant la protection des défenseurs des droits de l’homme tel que stipulés dans les Déclarations de Kigali et de Grand Baie, de soutenir le plaidoyer pour la protection des défenseurs des droits humains en exigeant des Etats Africains de s’engager publiquement et fermement à prendre des mesures pour la protection effective des droits de l’homme et enfin de faire respecter les libertés syndicales et le droit d’appartenir à une association, parti ou autre organisation ainsi que le droit d’organiser et/ou de participer aux manifestations pacifiques et publiques.

Idriss Linge

Source : http://journalducameroun.com

 
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