vendredi, 20 octobre 2017
 

Cameroun : Alternance politique : Le Manidem propose une transition de trois ans

Le programme politique, économique, culturel et social du Manidem propose une période de transition politique qui devra permettra à notre pays de se doter d’institutions fiables avant l’organisation d’élections crédibles. « Pour marquer notre attachement à la voie démocratique de prise de pouvoir, nous avons désigné notre candidat à l’élection présidentielle, le camarade Ekane, annoncé que nous participerons aux élections législatives et municipales et avons invité les Camerounais à s’inscrire en masse sur les listes électorales. Dans le même temps, nous avons élaboré notre programme politique, économique, culturel et social de changement baptisé TRANSIPEC ». Tels sont des extraits du propos liminaire du président du Manidem, prononcé ce mercredi 26 juillet 2011 au cours de la conférence de presse que ce parti politique a donné en son siège à Douala. Manifestement, Abanda Kpama soutient que son parti est résolument déterminé à affronter tous les combats politiques à venir et, de ce fait, revendique sa présence effective dans le microcosme politique camerounais. Mais face au désespoir dans lequel sont plongés les Camerounais, notamment notre jeunesse, on pense au Manidem qu’il y a fort à craindre que les prochaines échéances électorales donnent lieu à une implosion populaire susceptible de plonger le pays dans le chaos.

Propositions

A en croire le bureau politique du Manidem, le peuple camerounais est dépité par trente années d’un régime qui n’aura rien fait pour améliorer ses conditions de vie. « Le chômage a complètement sapé le moral de notre jeunesse(…) Qui peut nier la pauvreté et la misère qui sévissent dans nos villes et campagnes, les infrastructures sanitaires n’ont pas suivi la poussée démographique. Le choléra continu à décimer les populations sur l’ensemble du territoire. Le choléra est la conséquence directe du non accès à l’eau potable. Les prix des denrées de première nécessité ont été multipliés par trois, voire quatre dans les marchés. », Affirme-t-on au Manidem avant de conclure que « l’écrasante majorité de notre peuple, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, souhaite la fin du régime Rdpc. »

Pour Abanda Kpama, cette volonté de changement s’exprime à travers le désintérêt des Camerounais par rapport aux inscriptions sur les listes électorales. Un message que les cadres du Manidem ont très vite décrypté pour conclure que « ce n’est point l’organisation hâtive d’une élection dans un pays où les risques de dérapage se profilent à l’horizon qui est la solution à nos problème ». Ce d’autant plus qu’Elecam qui affiche encore des tares structurelles ne présente pas des assurances quant à l’organisation sereine du vote des compatriotes de l’étranger.

C’est donc toutes ces menaces à la paix et à la cohésion sociale qui ont sous-tendu l’élaboration d’un programme politique, économique, culturel et social. Pour le président du Manidem, « l’idée fondamentale du TRANSIPEC c’est l’institution, de manière consensuelle, d’une période de transition politique. » Ce qui devrait permettre à notre pays de sortir de la longue crise politique et sociale dans laquelle il est plongé depuis plusieurs décennies. Pour ce faire, le président Paul Biya est invité à « engager rapidement une concertation nationale en vue de trouver une solution consensuelle pour l’organisation de la prochaine élection présidentielle, et la gestion de la période de transition. »

Pour le Manidem, cette transition devra déboucher sur « la mise sur pied d’un gouvernement consensuel de transition démocratique, le lancement d’un large débat autour des institutions, la convocation par le gouvernement de transition des états généraux de la nation(EGN) pour l’élaboration d’une nouvelle constitution, d’un code électoral et d’un pacte social ; l’adoption par référendum des institutions issues des EGN, la mise en route d’un train de mesures économiques et sociales de redressement, la convocation des élections générales . » Toutes choses qui devraient, selon Abanda Kpama, « permettre de donner de la légitimité à nos institutions, de la crédibilité à nos élections, de la motivation et de l’espoir à nos populations, ressources psychologiques nécessaires pour accomplir les efforts et sacrifices indispensables à la construction d’un pays dont l’ambition devrait être de devenir le phare de l’Afrique »

Ive TSOPGUE

Source : http://www.camnews24.net

1 commentaire
  • L’idée du TRANSIPEC proposée par le MANIDEM est bien belle, mais elle n’est bien qu’une belle idée politique. Quelle peut être bien, par exemple, sa portée réelle face au régime néo-colonial le mieux assis du pré-carré de l’Afrique francophile ? C’est à croire que les révolutionnaires du MANIDEM n’ont pas procédé à une analyse profonde du néo-colonialisme, de ce cancer qui tue le Kamerun depuis 1957 avec la complicité d’une classe dirigeante qui n’a aucune affinité avec le patriotisme le plus élémentaire.

    Avant de se lancer à proposer à la nation kamerunaise son TRANSIPEC, il eut peut-être mieux valu d’abord, au MANIDEM, de rassembler dans un vaste front nationaliste et révolutionnaire, au terme d’un travail de fond de longue haleine pouvant durer des années et des années, des dizaines et des dizaines de milliers de kamerunais aux quatre coins du pays ; en somme, d’être partie prenante d’une opposition si bien implantée et si forte qu’elle serait en mesure non pas seulement de proposer mais, mieux, d’imposer, au régime du président-fainéant Paul Biya, une véritable transition politique telle que le TRANSIPEC l’esquisse.

 
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