lundi, 11 décembre 2017
 

Cameroun : Appel à la libération d’étudiants arrêtés

Une association demande au président de la république de relâcher l’étudiant Denis Atangana et d’autres, qui sont aujourd’hui détenus dans un endroit inconnu

Dans une lettre adressée au président de la république, l’intellectuel Shanda Tonme, demande la libération des trois étudiants arrêtés vendredi 29 juin 2012 dernier, alors qu’ils étaient venus en soutien à un de leur camarade, arrêté quelques jours plus tôt. Depuis quelques jours, un étudiant qui a voulu répondre à votre appel, partager vos préoccupations, relever le défi lancé à la jeunesse, est porté disparu, probablement maintenu en détention par les forces de l’ordre, dans un lieu secret en violation des lois et des procédures établies, fait savoir le président de la commission indépendante contre la corruption et les discriminations (Comicodi). Il y a de cela quelques jours, le contrôle supérieur de l’Etat, a rendu public, les conclusions d’une mission de vérification des comptes qui a mis gravement en cause, monsieur le recteur de l’université de Yaoundé II parmi tant d’autres personnalités. Réagissant à cette situation jugée infamante pour la crédibilité de l’institution dans laquelle il a choisi de se former aux métiers du droit, l’étudiant Denis Atangana a pris la tête d’un comité constitué de plusieurs camarades, pour demander la démission du recteur. Cette audace lui vaut aujourd’hui de subir, on ne sait trop où et dans quelles conditions, la torture. Il a disparu de la circulation. C’est très grave, poursuit l’intellectuel dans sa lettre.

Aucune communication n’ayant été faite sur le sujet par les officiels, il reste difficile de savoir quel a été le motif de l’arrestation, ni si les étudiants ainsi arrêtés ont été libérés entre temps. Selon des informations qui se recoupent, Zouabet Hervé, Njonkou Soulemanou et Tchaleu Barthélémy, se sont rendus dans le campus de l’université de SOA, pour s’enquérir du sort de leur camarade, Denis Atangana, étudiant en 2ème année de droit, qui avait été arrêté le matin de ce jour. Cet incident survient alors qu’un décret du président de la république a limogé le Recteur Jean Tabi Manga de l’université de Soa, lieu d’arrestation des étudiants. Pour le Comicodi, ils sont victimes d’une arrestation abusive. Dans sa lettre, la commission « rappelle que Denis Atangana n’a commis aucun acte illégal ni outrageant, et que son crime c’est d’avoir pris la tête d’un mouvement d’étudiants baptisé “sauvons notre université”, dont le but était d’obtenir la démission du recteur de l’université de Yaoundé II, monsieur Jean Tabi Manga, mis en cause pour des fautes graves de gestion par les conclusions d’une mission du contrôle de l’Etat » et « rappelle également, que les responsables de l’Addec n’ont posé aucun acte illégal, et que leur seul crime c’est d’avoir pris l’initiative courageuse de se rendre dans le campus, pour exprimer publiquement leur solidarité avec leur camarade, et interroger les autorités universitaires sur sa situation ». Une position difficile à suivre, car même si le recteur Jean Tabi Manga avait été condamné à payer 61,6 millions de FCFA (93.908 euros) pour des "fautes de gestion" établies par le Contrôle supérieur de l’Etat (Consupé), un ministère en charge du contrôle de la gestion des fonds publics, le livre blanc de l’enseignement supérieurs encadre les conditions des manifestations estudiantines. De nombreux étudiants sont souvent arrêtés dans le cadre de ce genre de manifestations.

Idriss Linge

Source : http://journalducameroun.com

 
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