vendredi, 24 novembre 2017
 

Cameroun : Déclarations du Comité Directeur de l’UPC des 11 et 12 octobre 2014

DECLARATION SUR LA SITUATION NATIONALE DE L’ECOLE

Le Comité Directeur (CD) de l’UPC réuni en session ordinaire les 11 et 12 octobre 2014 a examiné la situation de l’école dans le contexte de la rentrée scolaire.

Considérant, en cette rentrée scolaire et une fois de plus, l’état physique déplorable des infrastructures scolaires dans le pays : édifices délabrés, enceintes envahies par les herbes et les mares d’eau, classes sans tables-bancs et les élèves assis par terre, etc. Considérant qu’il manque toujours une convention collective des enseignants de l’enseignement privé, et que cela est préjudiciable à leur statut (salaires, conditions de travail, rythmes et cadence, profils de carrière, etc.). Considérant le dysfonctionnement des APEE transformées en officines pour rançonner les parents d’élèves sans qu’ils puissent avoir des moyens de recours.

Le Comité Directeur de l’UPC

EXHORTE l’administration des établissements scolaires et les pouvoirs publics à travailler ensemble et efficacement afin d’offrir aux élèves et aux enseignants un cadre favorable aux études, en veillant sur la salubrité des établissements et en respectant les quotas prescrits par les ministères de tutelle (enseignement de base et enseignement secondaire).

RECOMMANDE au Premier ministre d’exiger la célérité dans les travaux de la commission préparatoire de la convention collective de l’enseignement privé et de prescrire un délai aux employeurs de ce secteur pour la mise en application de ladite convention.

INVITE les ministres des enseignements de base et secondaire à régler une fois pour toutes le problème des manuels scolaires sous les aspects suivants :
-  Le changement continuel des manuels scolaires d’une année à l’autre : cette pratique doit cesser car elle oblige les familles, déjà en difficulté, à acheter tous les ans de nouveaux manuels ou, au pire, à laisser leurs enfants aller à l’école sans livres et à rendre encore plus difficile la tâche des enseignants ;
-  Les spécimens des manuels retenus : il faut prescrire aux éditeurs de mettre à la disposition gratuite des enseignants des supports didactiques pour un enseignement de qualité.

CONDAMNE

-  La pratique qui oblige tous les parents à verser les frais d’APEE, qui n’est qu’une association et en tant que telle ne peut attendre de financement que de ses membres déclarés ; ce que ne sont pas à priori tous les parents d’élèves ;
-  La gestion non concertée des fonds des APEE ;
-  l’incompréhensible laxisme dans l’application de l’arrêté n°178/A/501 du 21 juillet 2014 interdisant la vente des tenues et autres manuels au sein des établissements scolaires.
-  la sélection par l’argent qui fait de l’enseignement non pas un moyen d’épanouissement des citoyens pour leur permettre de contribuer efficacement au développement de leur pays, mais plutôt un instrument de sélection sociale.

Déclaration à propos des séjours du chef de l’Etat à l’étranger

Le Comité Directeur de l’UPC réuni en session ordinaire les 11 et 12 octobre 2014 s’est arrêté sur l’information relative aux séjours du chef de l’Etat à l’étranger.

Considérant que les séjours répétés et coûteux à l’étranger du Président Paul Biya engendrent de plus en plus les mêmes questions chez l’homme de la rue, dans ce genre-ci : « Où est le Président ? », « Se repose-t-il en son voyage à l’étranger ou serait-il malade ? », « Combien de personnes a-t-il en sa compagnie ? », « Combien cela coûte-il à l’Etat ? ».

Considérant que ces interrogations légitimes des populations se transforment en inquiétudes et en autant de germes de menaces contre la paix sociale si d’Etoudi l’on ne sait répondre que par le silence ou par des propos qui relèvent des flatteries de la faune des carriéristes versés dans le culte de la personnalité du chef de l’Etat même si l’image du Kamerun doit en pâtir à l’étranger.

Considérant que les autorités du Kamerun, et en premier le chef de l’Etat Paul Biya, doivent s’appliquer à être irréprochables au sujet du gaspillage et de la dilapidation de la richesse publique, surtout en ce moment où les populations connaissent de nombreuses difficultés économiques, notamment à la suite des augmentations des prix des carburants et dans le contexte des rentrées scolaires.

Considérant que l’article 66 de la Constitution a pris soin de veiller à l’enrichissement illicite procédant du mauvais usage des biens publics aux plus hauts niveaux de l’Etat.

Le Comité Directeur de l’UPC

FELICITE le Collectif des Organisations Démocratiques et Patriotiques de la Diaspora Camerounaise (CODE) des initiatives qu’il a prises en de nombreuses fois pour alerter sur les dépenses qui ont déjà fait scandale à l’occasion des séjours du chef de l’Etat en Europe.

SALUE et SOUTIENT l’attitude récente du Père Ludovic Lado, attitude citoyenne et courageuse (il n’y a pas lieu de crier au scandale quand un homme de Dieu, assumant son rôle de berger pour la sauvegarde des brebis dont il a la charge, dit tout haut ce que de nombreux Kamerunais pensent tout bas).

ENCOURAGE les populations et les médias à emboîter le pas au prélat courageux en exigeant des comptes sur les dépenses de prestige et d’apparat de nos autorités.

ENCOURAGE les populations à signer la pétition initiée par le Père Ludovic Lado.

Le Comité Directeur de l’UPC

INVITE le chef de l’Etat à veiller à ce que ses séjours à l’étranger soient sous le sceau de la transparence et de la rigueur de gestion dictée par les temps que nous vivons.

INVITE les dirigeants kamerunais à se conformer à l’article 66 de la Constitution qui leur enjoint de « faire une déclaration de leurs biens et avoirs au début et à la fin de leur mandat ou de leur fonction. »

REPRESSION CONTRE LES ASSOCIATIONS ESTUDIANTINES DES UNIVERSITES PUBLIQUES

Le Comité Directeur (CD) de l’UPC réuni en session ordinaire les 11 et 12 octobre 2014 s’est arrêté sur les derniers événements survenus dans les universités publiques, notamment la répression contre des étudiants de l’université de Yaoundé I.

Considérant que pour avoir usé de leurs droits d’association, de manifestation et d’expression reconnus par la Constitution et les franchises universitaires, en dénonçant les faits suivants :
-  L’immixtion des autorités universitaires dans la désignation des dirigeants de leur association,
-  l’arnaque de la perception des frais illicites de la carte d’étudiant et de la carte d’assurance,

Deux étudiants : BATOUM BA NYOBE THIERRY de l’école normale supérieure et TCHALEU DEMANGA BARTHELEMY de l’école nationale supérieure polytechnique, respectivement Président et Secrétaire général de l’ADDEC, ont été suspendus des universités pour une période de deux ans.

Considérant qu’après cela, il y a eu les arrestations et les détentions au commissariat du 5ème arrondissement de Yaoundé Ngoa Ekellé de NANA CLOVIS pour avoir distribuer des tracts de protestation contre les suspensions ci-citées, et de TCHALEU DEMANGA BARTHELEMY dont le seul tort est d’être venu s’enquérir des faits reprochés à son camarade.

Le Comité Directeur de l’UPC

PROTESTE contre le musellement des associations d’étudiants, comme ce fut le cas déjà à l’université de Buéa et comme c’est le cas aujourd’hui à l’université de Yaoundé I.

DENONCE les décisions n°181405641/MINESUP/SG/DAJ du 25 août 2014 et n° 18140597/MINESUP/SG/DAJ du 03 septembre 2014 sanctionnant des événements prétendument survenus au cours de l’année académique 2013-2014.

Le Comité Directeur de l’UPC

EXIGE l’abrogation des arrêtés ministériels de suspension précédemment cités.

INVITE les autorités universitaires à examiner l’objet des récriminations des étudiants sur lesquelles se fondent l’action de l’ADDEC, en y apportant des solutions définitives, au lieu de la répression contre ces jeunes.

A PROPOS DE L’INSECURITE AU KAMERUN ET DANS LA SOUS-REGION DU GOLFE DE GUINEE

Le Comité Directeur (CD) de l’UPC réuni en session ordinaire les 11 et 12 octobre 2014 a discuté de nombreux sujets d’actualité parmi lesquels figure celui de l’insécurité dans la sous-région du Golfe de Guinée.

Considérant
-  Qu’avant l’insécurité dans le septentrion kamerunais attribuée à Boko Haram, il y avait déjà de nombreux éléments de déstabilisation dans la sous-région : trafic maffieux, de narcotrafiquants, de carburants, d’automobiles et divers engins roulants, de pièces détachées, d’armes, et même du trafic de personnes (femmes et enfants surtout) entre le Kamerun, le Nigéria, le Tchad, etc. ;
-  Que dans le Grand-Nord Kamerun, à côté des conflits récurrents à cause de la terre entre Kotoko et Arabes Choas, une frange de la bourgeoisie tchadienne manifeste une boulimie foncière et immobilière, engendrant ainsi une spéculation foncière dont sont victimes les pauvres populations locales ;
-  Que la pauvreté généralisée accentuée par l’enclavement de la région rend les populations vulnérables ;
-  Que l’absence de démocratie et les violations constantes des droits humains et des libertés publiques pèsent sur des individus, des organisations de la société civile et des partis politiques.

Le Comité Directeur

DENONCE l’incapacité des autorités nationales et locales à résoudre les problèmes sociaux, économiques et politiques qui en fragilisant des populations sont les premières causes d’instabilité dans les pays de la sous-région.

DECLARE infondés et par conséquent nuls les propos du chef de l’Etat Paul Biya qui assimile Boko Haram à la lutte armée de libération nationale menée par l’UPC jusqu’en 1970, ainsi qu’aux mouvements populaires de la fin des années 1980 qui ont pourtant permis d’obtenir les lois de décembre 1990 sur le multipartisme et la liberté d’association.

INVITE les dirigeants et les organisations de la sous-région à envisager pour le règlement des conflits des solutions globales plutôt que locales, afin d’agir avec efficacité dans un secteur où les mêmes populations, les mêmes familles vivent de part et d’autre des frontières dont la porosité semble irrémédiable.

ENCORE DES SINISTRES SUITE AUX INONDATIONS DANS L’EXTREME NORD : LE GOUVERNEMENT RDPC NE TIENT PAS SES PROMESSES !

Le Comité Directeur (CD) de l’UPC réuni en session ordinaire les 11 et 12 octobre 2014 a discuté de nombreux sujets d’actualité parmi lesquels figure celui des inondations dans les régions septentrionales du pays.

Le CD relève avec gravité, que le vendredi 19 septembre 2014, ce qui servait de digue a cédé sous la pression de l’eau au niveau de la localité de BEGUE-PALAN près de MAGA dans la région de l’Extrême Nord, laissant un millier de Kamerunais sans abris et faisant des dégâts importants dans l’atmosphère générale d’insécurité, des épidémies et de dénuement des populations.

L’on se souvient qu’en 2012 déjà, les eaux du Logone, sorties de leur lit, avaient dévasté le même secteur dans des circonstances dramatiques et le gouvernement avait pris des engagements fermes pour éviter à l’avenir ces catastrophes à répétition.

En effet, M. Biya lui-même, chef de l’exécutif en visite dans le septentrion le 20 septembre 2012, avait promis la construction imminente d’une digue de 300 km et assuré la mise à contribution du génie militaire.

Il a fallu attendre le 9 septembre 2013 pour que l’accord financier soit bouclé. A cette occasion, M. Nganou Djoumessi pour le MINEPAT (Ministère de l’économie de la planification et de l’aménagement du territoire) et le directeur des opérations de la Banque mondiale avaient signé pour un montant de 54 milliards de Francs CFA, l’intervention qualifiée d’urgente. Le cadre de coopération du génie militaire avait été défini et les objectifs fixés. Il s’agissait de :

a) construire la digue-route de 330 km ;

b) réfectionner les barrages de retenue de LAGDO et de MAGA et renforcer les informations météorologiques pour maîtriser les données climatiques.

Quelle surprise donc de voir cette année, en septembre 2014, l’officier colonel de service tenter de rassurer l’opinion, devant un dispositif de fortune renforcé par la pose de 100 sacs de sable confectionnés à la hâte avec l’appui des populations visiblement inquiètes !

Face au déferlement bien connu des eaux du Logone en saison des pluies, cet ouvrage improvisé devait céder laissant le spectacle affligeant du 19 septembre 2014.

Le CD de l’UPC

EXPRIME son indignation profonde devant l’attitude désinvolte et irresponsable du gouvernement face à ce problème récurrent qui affecte douloureusement de nombreuses familles.

SALUE le courage des populations riveraines dans leurs efforts pour limiter les dégâts devant cette catastrophe bien au-dessus de leurs modestes moyens, sans oublier les militaires en faction.

ASSURE les familles éprouvées de la sympathie et du soutien des upécistes de toutes les régions du pays.

DENONCE l’incapacité du pouvoir RDPC à respecter ses engagements, surtout quand ce sont les populations qui sont directement concernées. « Santé pour tous en l’an 2000 », « Ecole primaire gratuite », restent autant de slogans semblables à cette digue-route toujours attendue.

EXIGE la construction urgente (avant la prochaine saison des pluies) de cet ouvrage vital pour la région. Selon le MINEPAT, les travaux ne commenceraient qu’en janvier 2015 ; ce qui ne rassure personne.

Le CD de l’UPC

DEMANDE à toutes les forces vives du pays, de mettre une pression solidaire et multiforme sur le gouvernement, afin que l’ouvrage voie enfin le jour.

ATTIRE l’attention des Kamerunais sur le fait désormais évident que seul un gouvernement responsable, soucieux du bien-être des populations, sous le contrôle vigilant d’un parlement véritablement élu par le peuple, est en mesure de mettre en œuvre un programme pluriannuel d’aménagement équilibré de notre territoire.

 
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