vendredi, 24 novembre 2017
 

Cameroun Douala : Le mouvement de grève se poursuit à la camerounaise des eaux

Près d’une semaine après le début du mouvement de grève à la Cde, le gouvernement reste muet et les agents campent sur leurs positions

Septième jour de grève du personnel de la Camerounaise des eaux (Cde) ce mercredi 09 mai 2012. Au siège de la structure où travaillent Brahim Ramdane le maître des lieux et son équipe, les autres services et départements sont paralysés par ce mouvement. D’ailleurs devant l’annexe à Koumassi on peut apercevoir plusieurs dizaines d’agents grévistes qui campent, certains debout, d’autres assis un peu n’importe comment, d’autres encore discutant sur des sujets divers relatifs au mouvement de grève ou simplement à l’actualité générale. Les pancartes de revendication sont exposées devant l’entrée principale de l’entreprise. Le personnel a poursuivi son mouvement de grève qui a progressivement pris de l’ampleur avec le renfort depuis lundi dans les rangs d’autres mécontents de la maison. A cette liste on signale l’appui du personnel de Japoma dans l’arrondissement de Douala 3e et ceux de Bamenda et Buéa qui ont décidé de faire entendre leurs voix dans les rues de Bonanjo, tous ont donc choisi de converger vers le siège de l’entreprise pour mieux se faire entendre et pourquoi pas comprendre.

Après l’échec des négociations syndicats et ministère du travail en fin avril dernier, le personnel de la Cde a désormais les yeux rivés vers la primature, c’est du moins ce qu’affirme l’un des délégués du personnel Félix Ngoss « nous savons que le chef de l’Etat a libéralisé ce secteur qui est rentable, il faudrait donc que les camerounais vivent décemment du fruit de leurs efforts, alors à ce titre au moment où je vous parle il y a une pétition sous forme de correspondance qui a été adressée au pouvoir et qui sera remise au Premier ministre chef du gouvernement afin que nos problèmes trouvent des solutions adaptées ».

Risque de coupure d’eau sur le territoire

En dépit de la radicalisation de ce mouvement qui présente de plus en plus de risques sur la desserte en eau potable et les services offerts par la Cde, le management de la Camerounaise des eaux reste campé sur ses positions. Voici ce qu’en dit son directeur général « il faut savoir que jusqu’à présent nous nous sommes déjà réunis deux fois de façon directe avec le personnel, et il y a eu une troisième réunion qui s’est tenue il y a un peu plus d’un mois au cours de laquelle un point principal de l’ordre du jour a été traité et qui semblait être la raison fondamentale d’une éventuelle grève, je ne dis pas qu’il y a pas d’autres doléances fondamentales mais maintenant il y a une grève est-ce que c’est avec ça qu’on va résoudre le problème ? Moi je ne pense pas, tant que le dialogue n’est pas renoué la solution est difficilement trouvable » a dit fermement Rahim Ramdane. Le constat est clair, les deux parties se rejettent mutuellement la responsabilité de ce mouvement et attend que l’autre baisse la garde pour un éventuel dialogue.

Une perspective qui ne semble pas envisageable à l’immédiat, pourtant tout le monde connait les risques encourus sur des éventuelles coupures de la fourniture en eau potable, les pouvoirs publics conscients des dégâts qui peuvent en ressortir gardent un mutisme suspect.

Par Dipita Tongo

Source : http://www.journalducameroun.com

 
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