lundi, 11 décembre 2017
 

Cameroun - Etudiants interpellés : Le verdict attendu le 17 juillet

Alors que le ministère public a exigé une condamnation pouvant aller jusqu’à six mois, les avocats de la défense se plaignent des violences qu’ils ont subi

Les quatre étudiants arrêtés il y a quelques jours alors qu’ils manifestaient pour la démission du recteur de l’Université de Yaoundé II, condamné pour des fautes de gestion budgétaire, attendent aujourd’hui le verdict de leur procès dans une ambiance complexe. L’affaire s’est trouvée mal embarquée lorsque la volonté de leur avocat d’obtenir une liberté provisoire en vue de laisser les étudiants passer leurs examens a été rejetée par le tribunal « La demande de mise en liberté que nous avons introduite tout à l’heure a été rejetée purement et simplement sans aucune raison. Ils sont complètement déprimés. Il y en a deux qui ont subi des violences physiques (…). Il y en a deux qui composent demain. Malgré notre insistance, le commissaire n’a pas voulu leur permettre de pouvoir composer (…). Ils vont rater leur examen » a fait savoir maitre Hyppolite Meli, intervenant sur les ondes de la Radio France International, le 02 juin dernier. L’accusation loin du débat politique, exige la condamnation des jeunes prévenus. « La manifestation est illégale, ils s’exposent à des peines selon la réglementation en vigueur allant de 15 jours à 6 mois d’emprisonnement et une amende de 5000 à 100 000Fcfa. Comme pièce à conviction, nous avons le procès-verbal d’enquête diligenté par le commissariat de sécurité publique de Soa et les scellés constitués de tracts distribués appelant à la manif. S’appuyant sur la loi de 90 fixant régime des réunions et manifestation publique en son article 6, le procureur prie le tribunal de déclarer les prévenus coupables », a fait savoir le procureur de l’affaire.

© www.redko.be/avocat2.jpg Les quatre étudiants arrêtés il y a quelques jours à l’université de Soa attendent le verdict Les quatre étudiants, dont Hervé Nzouabet, président de l’Association pour la défense des droits des étudiants du Cameroun (Addec), et Denis Atangana, président d’un mouvement dénommé « Sauvons l’Université de Yaoundé II », ont tous plaidé pour la non culpabilité, refusant de faire toute autre déclaration pendant le procès. M. Atangana avait été arrêté sur le campus de l’université de Yaoundé II tôt le 29 juin, jour où le collectif dont il est le président, était convenu d’organiser une marche pacifique contre la "mauvaise gestion" de cette institution. Les trois autres étudiants, venus de l’université de Ngoa Ekele au centre-ville de Yaoundé pour soutenir le collectif, avaient été arrêtés quelques heures après. L’accusation semble avoir aujourd’hui requalifié les faits. Les étudiants avaient été inculpés pour incitation à la révolte (pour, dit-on, avoir participé à une manifestation non autorisée) et atteinte à la sûreté de l’Etat. Aujourd’hui, il ne leur serait reproché que l’organisation illégale de manifestation. Mais la défense estime qu’il n’y a pas de preuves pour soutenir l’accusation. « Pour qu’une infraction soit complète, il faudrait qu’à l’élément intentionnelle, que s’ajoute l’élément matériel, or de toute évidence, même s’il y avait volonté de manifester, celle-ci n’a pas eu lieu puisqu’ils ont été arrêtés avant d’y arriver », explique l’avocat des étudiants. Selon d’autres observateurs, il existe « une loi spéciale », selon laquelle tout projet de manifestation au sein du campus doit être porté à l’attention du recteur, ce qui avait été fait selon les étudiants aujourd’hui arrêtés. La tâche pour la juge en charge de l’affaire est désormais complexe. Au centre des enjeux, coexistent la volonté de ne pas provoquer un remous chez les étudiants, et de l’autre il y a aussi que le recteur à l’origine de l’affaire a été démis de ses fonctions, quelques semaines après avoir été condamné pour des fautes de gestion budgétaire.

Par Idriss Linge

Source : http://www.journalducameroun.com

 
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