vendredi, 24 novembre 2017
 

Cameroun : JM Bikoko et ses camarades devant le tribunal

Ils doivent passer dès ce matin devant le tribunal de grande instance de Yaoundé centre administratif. Ils sont accusés d’organisation de manifestation illégale et d’incitation à la révolte. La Nouvelle Expression a appris que samedi 13 novembre 2010, Jean-Marc Bikoko, président de la Centrale syndicale du secteur public (Csp) ainsi que ses autres camarades que sont Mbassi Théodore, Phouet Foé Maurice, Nla Eric, Ze Joseph, Senling, interpellés par la police le 11 novembre alors qu’ils tentaient de tenir un sit-in devant les services du Premier ministère, ont été libérés. Mais ils sont accusés d’organisation de manifestation illégale et d’incitation à la révolte. Ils sont dont cité à comparaître devant le tribunal de grande instance de Yaoundé centre administratif pour répondre des faits qui leurs sont reprochés. A la veille de leur mise en liberté provisoire, un front de formations politiques et d’associations rassemblées au sein de la Convergence des forces démocratiques et progressistes (Cfdp) a écrit au Premier ministre camerounais, Philémon Yang, pour exiger qu’il fasse libérer sans condition ces syndicalistes.

Les signataires de la correspondance, Pierre Abanda Kpama du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem), Robert Simo du Parti social démocrate, Dr Samuel Mack-Kit de l’Union des populations du Cameroun, Kwetôh Nzouabet de l’Association de défense des droits estudiantins du Cameroun, ont rappelé au Pm que les syndicalistes ont été arrêtés pour avoir mobilisé leurs camarades devant les service du premier ministère en vue de remettre au maître des lieux « un mémorandum relatif à la révision des conditions de vie des travailleurs au Cameroun, notamment la condition salarial des travailleurs, l’âge d’admission à la retraite… » Pour les membres de la Convergence des forces démocratiques et progressistes l’arrestation de ces manifestants et leur inculpation par la suite constitue une violation flagrante du statut des syndicats à revendiquer leurs droits reconnus d’ailleurs par le constitution du Cameroun et particulièrement la Déclaration universelle des droits de l’Homme des Nations unies qui stipule que « toute personne a le droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de son travail et à la protection contre le chômage… Toute personne a le droit de fonder avec d’autres des syndicats et de s’affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts ». La Convergence rappelle par conséquent au premier ministre qu’il est « comptable de la vie et de l’intégrité physique de monsieur Jean-Marc Bikoko et de tous les leaders syndicaux arrêtés ».

La manifestation au cours de laquelle ces syndicalistes avaient été interpellés était interdite par les autorités administratives. Mais les syndicalistes ont estimé qu’il était de leurs droits de crier leur misère et surtout de remettre le mémorandum contenant leurs revendications au chef du gouvernement, bien qu’il soit en train de présider le conseil national de la décentralisation. Ce procès qui intéresse tous les personnels du secteur public est de nature à drainer beaucoup de foule.

David Nouwou

Source : http://www.lanouvelleexpression.info

 
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