mardi, 12 novembre 2019
 

Cameroun - Législatives et Municipales : Des partis politiques en croisade contre le RDPC

Le Manidem et l’Ums promettent de battre campagne contre le « parti du flambeau ».

Si depuis le retour au multipartisme au Cameroun, les partis politiques de l’opposition ont toujours eu pour ennemi commun aux différentes consultations électorales le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), leur incapacité à unir leurs forces dans le cadre d’une alliance pour fragiliser cet ennemi reste leur plus grande faiblesse.

A un mois des législatives et municipales du 30 septembre prochain, l’on n’est pas encore à étudier la possibilité de quelque alliance mais, sur les 29 partis politiques qui seront alignés pour l’élection des députés à l’Assemblée nationale, et les 32 pour celle des conseillers municipaux, deux ont au moins déjà promis de mener la vie dure au parti de Paul Biya sur le terrain : le Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem) et l’Union des mouvements socialistes (Ums). Ils promettent, tous les deux, de battre campagne à partir du 15 septembre prochain sur toute l’étendue du territoire contre cette formation politique.

C’est dire que, en lieu et place de la conquête de l’électorat, ces deux partis optent pour des tirs groupés contre le « parti du flambeau ». Dans un communiqué le 30 août dernier, le bureau politique du Manidem fait une sortie musclée dans laquelle il indique : « Des activistes identifiés à la solde du Rdpc et de l’administration ont emporté nuitamment la banderole annonçant la participation du Manidem aux élections (...) Ladite banderole barrait la route entre deux poteaux électriques devant le siège de notre parti au quartier Bonadibong à Akwa avec l’inscription : « Le Manidem est en campagne : Tout sauf le Rdpc ».

L’initiative « Tout sauf le Rdpc » avait été lancée le 20 août dernier. La disparition de cette banderole est considérée par les dirigeants du Manidem comme « une ultime provocation ; une déclaration de guerre du Rdpc ». Et, à en croire Fils Valentin Dynamo et Charles Mforgang, respectivement Président de campagne et Secrétaire national à la communication du Manidem, « ce crime ne restera pas impuni ». Premièrement, le Manidem annonce qu’une action judiciaire est ouverte contre « tous ceux qui ont osé participer au vol ou à la destruction de nos banderoles ». Deuxièmement, « en guise de représailles », précise le bureau politique du parti d’Abanda Kpama, « le Manidem déclare à son tour la guerre contre toutes les affiches du Rdpc. Nous détruirons systématiquement toutes les affiches de ce parti que nous retrouverons sur notre chemin sur toute l’étendue du territoire ».

L’autre ennemi déclaré avant le début de la compétition, l’Ums, est visiblement à prendre au sérieux. La colère, de son Président devant les juges de la Cour suprême lors du contentieux pré-électoral il y a quelques jours, semblait être un indicateur de son ressentiment envers le Rdpc et Elections Cameroon (Elecam). Pour l’élection des députés, « nous n’irons pas pour être élus mais pour sensibiliser nos électeurs sur l’injustice qui a prévalu sur les dispositions de deux poids deux mesures dont nous avons été victime », a indiqué Pierre Kwemo au sortir de l’audience. Pour Pierre Kwemo, Elecam et le parti de Paul sont d’intelligence. Il est à noter que l’ensemble des dossiers déposés auprès d’Elecam par l’Ums pour les législatives avaient été rejetés. Les recours introduits auprès de la Cour suprême avaient été jugés irrecevables. Aux municipales par contre, le parti conduit des listes dans le Haut-Nkam (Ouest).

JEAN DE DIEU BIDIAS

Source : http://www.cameroon-info.net/

 
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