lundi, 23 octobre 2017
 

Cameroun. Mariane Ekanè : « Je serais peut-être le 2è Paul Eric Kinguè »

Mariane Ekanè est de ces femmes charismatiques qui ne reculent devant rien... Mais alors rien du tout. Et tenez-vous tranquille, « ce n’est pas parce que je suis la sœur de Anicet. J’ai été plus active pendant ces sept dernières années. Le malheur des Camerounais flétrit mon bonheur », jure celle qui dit avoir été militante de base dans le Manidem depuis dix ans.

Tête de liste du Manidem aux législatives dans le Moungo-Sud, celle qui, après avoir vécu pendant plus de 20 ans en France est revenue au bercail pour « faire la politique autrement » n’est pas un bleu. La fille de Frédéric Ekanè Mbongo veut suivre les traces de son géniteur. Dont l’histoire retiendra qu’en 1960, sous la bannière de l’Union des populations du Cameroun (Upc), il affronta Makotta Ngalle, un candidat de l’Union camerounaise (Uc), parti au pouvoir de l’époque, dans la circonscription du Moungo sud. La suite on la connait.

53 années sont passées. Celle qui, lors de la campagne pour les élections couplées du 30 septembre 2013 a fait du porte à porte son crédo, essayant de convaincre les populations sur l’urgence d’un changement, ambitionne d’améliorer les conditions de vie de ces hommes et femmes qui vivent du travail de la terre. « Elle a un bon projet de société. C’est pour cela que les populations du Moungo-sud la portent dans leur cœur », confie une vendeuse de légumes au marché des fruits de Njombé. Pour qui la petite sœur d’Anicet Ekanè est une « dure à cuire, une femme de poigne ».

Tenace, Mariane Ekanè n’a peur de rien. « Je serais peut-être le 2è Eric Kinguè qu’on mettra en prison. Je n’ai pas peur des menaces. Si mon sang se verse, d’autres personnes viendront », dit-elle. Changer la vie des paysans et de tous ces jeunes qui travaillent dans des conditions misérabilistes dans les bananeraies à Njombé, Penja et Mbanga est une obsession pour celle qui se prévaut d’être née dans la politique en 1960. A l’entendre, le Cameroun est le pays de toutes les injustices. « Il est inadmissible que ces hommes qui travaillent dans les plantations de banane, d’huile de palme et de fruits divers aient des salaires misérables. Il suffit de les attraper avec un doigt de banane pour que ces paysans se retrouvent en prison », décrie cette diplômée en sciences politiques de l’Université de Lille II en France.

Source : http://cameroonvoice.com

 
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