lundi, 25 septembre 2017
 

Cameroun : promulgation de la loi liberticide dite de lutte contre le terrorisme

Paul Biya promulgue la loi liberticide dite de lutte contre le terrorisme dans l’indifférence des fêtes de fin d’année Malgré les vives récriminations des partis de l’opposition et de l’ensemble de la société civile, le projet de texte liberticide portant répression des actes de terrorisme au Cameroun, a été promulgué Mardi 23 Décembre 2014 par le Président à vie Paul BIYA . Plus dure sera la suite....

Au moins les Camerounaises et les Camerounais auront été suffisamment avertis !

Création du Mouvement pour une alternance au Cameroun (MAC) Le parlement camerounais, très largement dominé par le RDPC (parti-État au pouvoir) et qui n’est pas à une ignominie près, a procédé jeudi 04 décembre à l’adoption d’une nouvelle loi dite antiterroriste. Ce texte aurait pu être heureusement accueilli, au moment où notre pays voit ses frontières être quotidiennement violés par des criminels de toutes sortes. Certains sont regroupés sous les drapeaux fallacieux de la religion dévoyée, et conjuguent obscurantisme avec crimes crapuleux. D’autres, rebelles aux revendications obscures, ont choisi la voie des armes, pour se faire entendre dans leur propre pays. Cependant, l’histoire ayant fait de nous leurs voisins, leurs actions violentes débordent chez nous, semant mort et désolation. Suivant la voie tracée par d’autres pays confrontés à la menace terroriste multiforme, le Cameroun était donc légitime à renforcer sa législation, contre ceux qui sapent son intégrité territoriale, massacrent et pillent ses citoyens, frappent indifféremment le soldat et le civil, la veuve et l’orphelin.

Cependant, la loi N°962/PPJL/AN portant répression des actes de terrorisme va au-delà de la légitime répression du terrorisme, et brime l’exercice des libertés fondamentales individuelles et collectives, qu’elle punit de la peine de mort, au même titre que le dépôt des bombes ou le détournement des avions.

Il s’agit d’une loi liberticide puisque qu’elle punit « de la peine de mort, celui qui, à titre personnel, en complicité ou en coaction, commet tout acte ou menace d’acte susceptible de causer la mort, de mettre en danger l’intégrité physique, d’occasionner des dommages corporels ou matériels, des dommages aux ressources naturelles, à l’environnement ou au patrimoine culturel dans l’intention :

a) d’intimider la population, de provoquer une situation de terreur ou de contraindre la victime, le gouvernement et/ou une organisation nationale ou internationale, à accomplir ou à s’abstenir d’accomplir un acte quelconque ou à adopter ou à renoncer à une position particulière ou à agir selon certains principes ;

b) de perturber le fonctionnement normal des services publics, la prestation des services essentiels aux populations ou de créer une situation de crise au sein des populations ;

c) de créer une insurrection générale dans le pays » (article 2 du projet de loi)

Elle fait ainsi potentiellement des plus de 22 millions d’âmes de notre pays, des terroristes potentiels.

On a vite compris que ce ne sont pas les Boko Haram ou les rebelles centrafricains qui sont véritablement visés, mais le peuple camerounais dans son ensemble, qui se voit privé de tout droit à manifester, même pacifiquement, pour protester contre les décisions qui ne l’arrangeraient pas.

On a vite compris, que cette loi vise réellement à régler le problème de la succession de Paul Biya, dont le long et ruineux règne s’approche irrésistiblement de sa fin, en imposant au peuple un homme qu’il n’aura pas choisi, et en lui interdisant d’avance, sous peine de mort, de manifester sa désapprobation.

Heureusement, le Cameroun tout entier n’a pas sombré dans le sommeil léthargique auquel le régime liberticide de Paul Biya tente depuis 32 de le contraindre, en lui administrant massivement ses soporifiques déguisés en lois opportunistes et menaces diverses. Des leaders de l’opposition, ceux du MRC, du CPP, du MANIDEM, de l’UDC et de l’UPC ont vaillamment soulevé le drapeau de l’union sacrée face à cette dernière imposture de Paul Biya et sa clique. Avec courage, ils ont décidé de lever devant leur face le miroir de la vérité et de l’intérêt du peuple, pour qu’ils puissent y voir les traits hideux de leur dernière saillie liberticide. Ces représentants du peuple montrent l’unique voie à suivre aujourd’hui. Ils déblaient le noble chemin de la démocratie jadis tracé par nos valeureux ancêtres, les Um Nyobé, Ernest Oundié, Felix Rolland Moumié, Ossendé Afana, et d’autres, qui ont offert leur sang pour fertiliser le champ de la liberté et de la dignité du peuple camerounais.

Nous tous qui avons le Cameroun comme seul bien commun, comme seul projet à réaliser pour notre propre bonheur et celui des générations futures, devons-nous faire front commun avec eux, pour faire barrage au dangereux projet des vrais ennemis du peuple, qui agissent sous le masque de la sécurité nationale.

L’union sacrée contre cette loi liberticide n’est plus seulement le combat pour la préservation du peu de liberté acquis de haute lutte et au prix du sang depuis notre indépendance. C’est un appel de l’histoire, le moment d’un changement radical. Les ennemis de la nation, regroupés sous la bannière enflammée du RDPC savent que leurs beaux jours sont désormais derrière eux. Ces apôtres de l’imposture voyant la tromperie sapée dans ses fondements, l’édifice de l’immobilisme et de la régression qu’ils ont patiemment élevé penchant sur ses ruines, prêts à l’ensevelir sous ses décombres, tentent un dernier effort pour en réparer les brèches et perpétuer leur domination. Mais leur projet est d’avance voué à l’échec, et c’est notre action collective contre eux qui sera couronnée de succès.

Dans ce contexte historique, nous avons mis sur pied le Mouvement pour L’Alternance au Cameroun (MAC). Mouvement citoyen, le MAC rassemble des Camerounais volontaires, qui observent les progrès du monde qui n’épargnent pas l’Afrique et sont soucieux du devenir de notre pays. Ils ont les yeux et le cœur braqués sur le retour de celui-ci à sa place dans le concert des nations civilisées.

Le MAC est une plate-forme qui se donne pour mission de définir les voies et moyens de nature à inverser le rapport de force pour une alternance politique pacifique dans quatre ans au plus tard. Le MAC est déterminé à mettre sur pied toutes les stratégies politiques, les actions et moyens de nature à faire de lui une force de soutien politique déterminante pour le changement entre 2016 et 2018.

Comme on l’a vu ailleurs, notamment avec la révolution pacifique qui a mis fin à 27 ans de dictature au Burkina Faso, il n’y a qu’une telle dynamique pour provoquer effectivement une alternance politique dans notre cher et beau pays. La jeunesse camerounaise, désorientée par des décennies de navigation politique à vue, a besoin d’une telle force de rassemblement, pour reprendre son destin en main. Les leaders politiques qui feront confiance au MAC sont assurés d’avance d’un soutien massif de la jeunesse camerounaise éprise de changement et de nouveaux repères pour envisager sereinement son avenir.

Ensemble, nous y arriverons. Que notre action soit maintenant couronnée de succès.

Par Joël Didier ENGO

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/joel...

 
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