mardi, 11 décembre 2018
 

Congo Brazzaville : Les législatives de la honte ont pondu des fraudes et des troubles graves

Les différents couacs qui ont été constatés dans certaines localités sur toute l’étendue du territoire national pendant le déroulement du premier tour des élections législatives du 15 juillet 2012, n’étonnent pas beaucoup d’observateurs aguerris qui avaient déjà prophétisé cela. Avant leur organisation, nombreux sont nos compatriotes qui parlaient des législatives en trompe l’œil.

Aujourd’hui, le plus grand inconnu de ces élections législatives est le taux de participation qui, selon plusieurs sources concordantes, ne devrait pas dépasser le seuil de 30 %. Ce qui prouve à suffisance que ces législatives ont été largement boudées par les Congolais qui croient que la députation est devenu une source d’enrichissement pour beaucoup de politiciens aventuriers et véreux. Le deuxième tour de ces élections est prévu, le 29 juillet 2012.

De nombreux Congolais qui ne sont plus dupes, avaient la certitude que pendant les élections législatives du 15 juillet 2012, la corruption, l’achat des consciences, l’importation des électeurs, les tricheries et les fraudes allaient être au rendez-vous, avec le soutien de tous les truands qui veulent devenir, coûte que coûte, des députés à tous les prix, même du sang. Tous ces jusqu’auboutismes de tous les bords font semblant d’ignorer que ces pratiques infâmes et ignominieuses violent les textes fondamentaux régissant la République du Congo, et particulièrement la Constitution du 20 janvier 2002. Ont-ils donc tort tous ceux qui, à quelques semaines de la tenue des législatives du 15 juillet 2012, se posaient la question de savoir si la signature le 28 juin 2012 à Brazzaville, du fameux code de bonne conduite par quelques dirigeants politiques qui étaient impliqués dans les législatives de juillet 2012, n’étaient pas un simple divertissement ?

Si réellement l’objectif de la signature de ce fameux code de bonne conduite était d’inciter le pouvoir et son Parti congolais du travail (PCT) ou les leaders des partis affiliés à la mouvance présidentielle à garantir la tenue des élections justes, libres, transparents et sans heurts, le pari, comme on le voit, n’a pas été tenu puisque dans beaucoup de localités les législatives ont été troublées. N’en déplaise à tous les marchands d’illusion et les prestidigitateurs qui crient à hue et à dia qu’elles se sont déroulées normalement.

A Vindza, un district relevant du département du Pool, les législatives n’ont pas eu lieu à cause des mouvements de contestations ayant éclaté là-bas avant leur tenue. Le chef de district serait, dit-on, à l’origine de ces contestations puisqu’il voulait à tout prix favoriser les candidats du PCT et des partis appartenant à la majorité présidentielle, après avoir nommé dans les différents bureaux de vote des personnes facilement manipulables.

Le cas de Gamboma ne peut aussi être occulté parce qu’à ce niveau les manifestations de rue ont été plus violentes. D’après des témoins ayant requis l’anonymat, on aurait même saccagé le domicile du maire de cette communauté urbaine qui a été sauvé de justesse à la vindicte populaire. On aurait aussi enregistré des cas de contestations des populations à Kéllé dans le département de la Sangha.

A Pointe-Noire, dans certaines circonscriptions, les électeurs n’ont pas pu voter. C’est le cas à Loandjili et à Mpaka où les bureaux n’ayant pas fonctionné le 15 juillet 2012, ont été obligés d’ouvrir leurs portes le mardi 17 juillet 2012. A qui donc profite cette façon de faire idiote et odieuse qui n’honore guère notre pays ? On ne peut pas recommander, à un pouvoir comme celui de Brazzaville, la tenue des élections législatives transparentes, équitables, justes, sans lui imposer, comme sous d’autres cieux, certaines choses.

Qu’avaient-ils fait ces initiateurs de ce fameux code de bonne conduite, ces donneurs de leçons de morale, ces prétendus pontifes de la démocratie pluraliste, quand des braves leaders politiques étaient en train de dénoncer urbi et orbi tous les jours les gonflements de listes électorales, tout en exigeant entre autres la mise en place d’une commission électorale véritablement indépendante et paritaire, l’adoption d’une loi électorale impartiale garantissant la transparence de toutes les opérations pré-électorales et électorales, la liberté des mouvements et la sécurité de tous les candidats, la définition consensuelle d’un corps électoral fiable au moyen d’un recensement administratif spécial, organisé d’accord parties, la proclamation des résultats sur site et leur publication à fur et à mesure sur Internet, circonscription par circonscription ? Au regard de tous ces inconvénients, tout le monde était d’avance persuadé que la stricte application par les signataires, des engagements pris, n’allait pas se matérialiser sur le terrain le jour des élections, comme on le voit aujourd’hui.

Toutes les officines des partis politiques, particulièrement ceux de la majorité présidentielle, avaient déjà inventé, avant les élections, des stratégies ignobles, ainsi que des manœuvres de corruption, de manipulations, de fraudes, de tricheries, d’achat des consciences, de détournements des deniers publics à des fins électorales, d’exportation des électeurs d’une circonscription à une autre, etc. Et les irréfragables preuves sont là aujourd’hui, têtues, comme les faits.

Dans cette optique, M. Mathias DZON, le leader de l’Union patriotique pour le renouveau national (UPRN) et président de l’ARD et M. Clément MIERASSA, le président du Parti social démocrate congolais (PSDC), n’avaient-ils pas, à maintes reprises, prévenu les autorités congolaises que les élections du 15 juillet 2012, allaient être pires que les législatives de 2007 et les présidentielles de 2009 ? Mais qui les avaient écoutés ? Voilà pourquoi, ils plaidaient pour un vrai dialogue politique entre le pouvoir et l’opposition afin de mettre en place des conditions déterminantes pour l’organisation d’élections libres, transparentes, justes et équitables.

Il s’agissait, selon les leaders de l’opposition congolaise, entre autres de l’adoption d’une loi électorale impartiale susceptible de garantir la transparence de toutes les opérations pré-électorales ; la liberté de mouvement et la sécurité de tous les candidats ; la mise en place d’une commission électorale véritablement indépendante et paritaire ; la définition consensuelle d’un corps électoral fiable au moyen d’un recensement administratif spécial organisé d’accord parties ; la réalisation d’un découpage électoral assis sur des standards internationaux , mais aussi la proclamation des résultats sur site et leur publication à fur et à mesure sur Internet, circonscription par circonscription.

Les faits étant têtus, la frange de l’opposition congolaise ayant pris part à la concertation d’Ewo ne donnent-ils pas maintenant raison aux leaders des formations politiques réunis au sein du FPOC qui avaient relevé que cette rencontre n’était que de la mascarade du fait de n’avoir abordé les questions de fond concernant les élections législatives du 15 juillet 2012 prochain ? La preuve, sa déclaration publiée le 2 juin 2012 à Brazzaville, par le Conseil des vice-présidents et signée par son permanent, M. Pascal GAMASSA, l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) avait souligné que "les lois et les textes réglementaires pris par le gouvernement, en application des conclusions arrêtées à Ewo, étaient loin de l’esprit d’Ewo, qui, lui-même, est en deçà des standards internationaux africains en matière d’élections".

L’abstention record de plus de 70 %, vient, une fois de plus d’infliger un camouflet au régime tyrannique et despotique du Congo Brazzaville. Ceci témoigne indéniablement, de la part de nos compatriotes, d’une prise de conscience de la profonde crise socio-politico-économique dans laquelle se trouve plongée notre pays et surtout d’une contestation des velléités de confiscation du pouvoir par M. SASSOU NGUESSO.

Ainsi, le peuple Congolais vient d’exprimer de manière claire et démocratique un cinglant désaveu, sinon un rejet sans appel du pouvoir clanique et courtisan de M. SASSOU NGUESSO. Maintenant, il doit tirer les conséquences de ce nouveau fiasco populaire.

A bon entendeur salut. Pourvu qu’à l’issue de toutes ces chamailleries politiciennes que la paix, la sécurité des citoyens, leur libre circulation et leurs biens soient préservés. Et que les perdants et les gagnants fassent tous la paix des braves pour le plus grand intérêt de notre cher pays.

Par Térence LOMBISSA (Talassa)

Source : http://www.mampouya.com/

1 commentaire
  • tres bien presente,ce texte retient l``attention de tout le monde parceque ecrit par un honne qui suit l``actualite de brazzaville .en effet je vous voudrais corriger une erreure et faire un ajout sur la situation de gamboma que j``ai vecu de mes propres yeux.
    1 ;Kelle n``est pas dans le departement sangha mais plutot dans ls cuvette ouest.

    2-la situation de gamboma ,c``est vraiment une honte pour le parti au pouvoir,il ètait desavoue par les populations de gamboma qui ont accepte Mathias NDZON sans conditions,il sied de signaler que NDZON a battu campagne sans argent,sans,tee short sans baton ni tambour cependant dans le camp oppose tout etais la ;argent velo moteur comme a pedale .malgre tout ca il etais batu severement avec un pourcentage de 83pourcent.de toute facon ce match etait previsible et en faveur de NDZON .imagine une fois lors d``un concert musical organise par le pct le musicien demande au publique qui allons nous voter le dimanche ,il repond NDZON Mathias.donc le pct ne pouvait gagnet

 
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