vendredi, 22 septembre 2017
 

Le Procureur de la Nouvelle République virtuelle du Congo

Si l’on en croit par la constitution d’octobre 2015, "Tout citoyen a le droit d’exprimer et de diffuser librement son opinion par la parole, l’écrit, l’image ou par tout autre moyen de communication..."

C’est ce que Charles Zacharie Bowao a fait en s’exprimant sur les ondes de Rfi. Puisque la liberté de l’information et de la communication est garantie, parce que dit-on, la censure est prohibée, pourquoi cette poussée d’adrénaline du Procureur de la République, Oko-Ngakala ?

Seul le Procureur d’une République virtuelle ou d’un État gadget peut se permettre de déférer en justice un citoyen qui de surcroit, est un leader d’opinion mais censure dans les médias publics, pour avoir simplement dénoncer la diversion du pouvoir pour régler la question de la défaite électorale de Sassou Nguesso dès le premier tour à l’élection présidentielle de mars 2016.

Seul un Procureur de la République d’un État gadget peut se permettre de laisser s’exprimer un député, chef de parti politique entretenant des milices privées et prononçant des fatwas sur les populations civiles en utilisant les ondes de la télévision nationale pour le faire, allant jusqu’à les mettre en application des le 4 Avril 2016, sans être inquiété et se pavaner dans les rues de la ville sans que la Justice l’interpelle.

Seul un Procureur de la République d’un État gadget peut détourner son regard, fermer les yeux et boucher ses oreilles pour ne pas se saisir d’une affaire de pillage et de détournement des ressources du pétrole et les planquer dans les paradis fiscaux.

Une affaire "affaire de Panama Papers" qui éclabousse les plus hautes autorités du Congo Brazzaville citées dans cette affaire rocambolesque sans que la Justice congolaise se saisisse de cette affaire et n’ouvre ne ce n’est ce que pour la forme et le "fun" une information judiciaire au nom de ce sacro-saint Principe qu’il aime à répéter que "tous les hommes sont égaux et nul n’est au dessus de la loi ?".

Seul un Procureur de la République d’un État gadget peut se permettre de boucher ses oreilles pour ne pas entendre les bombardements et les grondements des obus, des orgues de Staline dans les quartiers sud de Brazzaville et au large dans le département du Pool, faisant au passage de nombreuses victimes civiles, sans que la fameuse présomption d’innocence ne freine l’épopée punitive des hommes en arme affiliés aux milices du pouvoir.

Seul un Procureur de la République d’un État gadget peut lire le droit en biais sans définir le cadre juridique du Chef d’accusation qui conduit à l’ouverture d’une procédure judiciaire à l’encontre de la personne de Charles Zacharie Bowao.

S’agit-il de propos diffamants à l’endroit des institutions de la République ou d’une offense à Chef d’Etat qui doit conduire a sa condamnation ? Seul un Procureur de la République d’un État gadget peut avoir une lecture à géométrie variable du droit et qui dit le droit au grés des humeurs et des injonctions venant droit du Palais de la Présidence de la République, oubliant au passage que la loi consacre la séparation de son pouvoir vis à vis des deux autres pouvoirs exécutif et législatif ?

Incitation a la haine, a la violence ? Appel a l’insurrection ? Rien de tout cela n’a été proféré par le Professeur Charles Zacharie Bowao sur les antennes de Rfi. Pour avoir dénoncer les manipulations du régime à la suite des élections perdues dès le premier tour par Sassou Nguesso, le professeur Charles Zacharie Bowao a droit à une sortie de piste judiciaire du Procureur de la République.

Admettons que le Procureur de la République soit dans un pays normal et pas virtuel ni gadget, peut-il ignorer que le Congo Brazzaville sort d’une période électorale avec à la clé un contentieux électoral où le candidat Sassou Nguesso a été battu de fait dès le premier tour et dont les résultats proclamés par les appendices du pouvoir lui donnant vainqueur a près de 60% des suffrages est considéré comme un hold-up et un viol doublé d’un vol de la victoire des candidats de la majorité républicaine que sont Jean Marie Michel Mokoko et Guy Brice Parfait Kolelas.

N’est ce pas une diversion de la part de ce pouvoir que de botter en touche en allant bombarder les pauvres populations civiles du Pool plutôt que de dire la vérité à la terre entière que Sassou Nguesso a perdu les élections dès le premier tour et que ceux qui ont été qualifiés pour continuer la compétition au deuxième tour sont Kolelas et Mokoko.

N’est ce pas de la diversion que de prononcer le nom du vainqueur Sassou Nguesso et ne pas rendre public tous les résultats, procès-verbaux à l’appui pour montrer en toute transparence qui des neuf candidats a recueilli le maximum de suffrages afin d’être déclaré vainqueur ?

Le pouvoir peut divertir les gens, traquer le Révérend Pasteur Ntumi, massacrer les Congolais, écrouer et intimider les militants et cadres de l’opposition de la majorité républicaine et inventer des boucs émissaires pour justifier ce hold-up électoral, il ne pourra pas enlever de la conscience collective, que Sassou Nguesso a perdu les élections.

Même l’emprisonnement programmé du Professeur Charles Zacharie Bowao n’y fera rien. L’encerclement des domiciles de Jean Marie Michel Mokoko et de André Okombi Salissa n’y fera rien. La privation de liberté de Claudine Munari, Guy Brice Parfait Kolelas et Pascal Tsaty-Mabiala n’y feront rien pour changer la conviction de la majorité républicaine, véritable vainqueur de cette élection. "La plume qui prévient vaut mieux que le canon qui détruit". Arrêter le coordonnateur de la plateforme Frocad-Idc, Charles Zacharie Bowao revient à ouvrir une prison à ciel ouvert. Il sera impossible d’embrigader les idées et d’embastiller les convictions. La vérité implacable est celle de la défaite sans appel du candidat Sassou Nguesso à l’élection présidentielle du 20 mars 2016. Tout le reste n’est que diversion. Et, personne ne se détournera de cette vérité et du débat pour suivre le Procureur de la République dans sa logique qui ressemble beaucoup plus a une fuite en avant qu’a une volonté de voir la vérité et la réalité en face.

Dans cette grande farce de la République que nous donne en spectacle le pouvoir sortant, en agitant l’épouvantail de l’arrestation du Professeur Charles Zacharie Bowao, le peuple ne va pas les suivre. On peut tout prendre sauf me priver de ma liberté d’expression.

Il est des signes qui ne trompent pas. Et le pouvoir en est conscient. Il sait lui même qui sont les vainqueurs de cette élection et Charles Zacharie Bowao dans sa posture de coordonnateur de la plateforme Frocad-Idc est en droit de le rappeler et de le marteler à l’opinion nationale et internationale. On lui cherche les poux dans sa touffe de cheveux grisonnants tout simplement pour être resté constant et confiant de la stratégie validée par les cinq candidats à l’élection présidentielle que sont Claudine Munari, André Okombi Salissa, Pascal Tsaty-Mabiala, Guy Brice Parfait Kolelas et Jean Marie Michel Mokoko.

A bon entendeur salut !

Source : http://www.mampouya.com

 
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