lundi, 23 octobre 2017
 

Les Africains invités à oeuvrer pour la pacification de la RD Congo

Tambacounda, 4 fév (APS) - Les Africains doivent lutter pour le retour de la paix en République démocratique du Congo (RDC), afin de pouvoir bénéficier des importantes ressources minières que renferme ce pays et qui maintenant profitent principalement aux multinationales, a indiqué Victor Nzuzi, membre du réseau Comité pour l’annulation de la dette du Tiers-monde (CADTM).

‘’Le Congo est un scandale géologique. Je n’ai rien à apprendre aux Maliens et aux Sénégalais, beaucoup de maisons au Sénégal et au Mali ont été construites grâce aux diamants de la RDC’’, a indiqué M. Nzuzi, par ailleurs agriculteur congolais dans une communication, jeudi, lors d’un forum sur l’‘’Impact de l’exploitation minière sur les populations et l’environnement’’.

Organisée à Tambacounda, cette rencontre a enregistré la présence de plus de 500 participants arrivés dans la nuit du mercredi à jeudi, à Tambacounda, en partance pour Dakar où ils devraient prendre part à partir de dimanche à la 11-ème édition du Forum social mondial (FSM).

‘’Nous devons nous battre pour que le Congo ait la paix, pour que ses richesses profitent à l’Afrique’’, a lancé Victor Nzuzi, avant d’ajouter : ‘’ces richesses, hier, servaient aux Sénégalais, aux Maliens, aux Burkinabés, aujourd’hui, elles servent aux multinationales’’.

‘’Il y a eu 4 millions de morts à cause de la Guerre en RD Congo’’, où différentes nationalités sont présentes pour exploiter les richesses de ce pays, a-t-il dit. Sur le territoire congolais, on trouve des rebelles Rwandais, des Ougandais de la LRA, les Soudanais (Mororos) qui viennent avec leurs bêtes prétextant de la recherche de pâturages, pour exploiter les minerais, a-t-il dit.

‘’Pour mieux exploiter les minerais, on viole les femmes, parfois devant leur mari’’, s’est-il indigné, précisant que c’est une méthode utilisée pour atteindre la psychologie des populations. ‘’Même les Casques bleus violent’’, a-t-il soutenu.

‘’Quand les bombes tombaient, le pétrole partait’’, selon Victor Nzuzi, d’après qui, le scénario était le même en Sierra-Léone où ‘’quand les bombes tombaient, les diamants partaient’’. ‘’Et on demandait aux populations de rester !’’.

Tout cela, ‘’parce que les gens ont besoin de téléphones portables et d’ordinateurs’’, a-t-il relevé, notant en passant, que le colton entre dans la fabrication de ces deux types d’appareil et que le cobalt utilisé pour les batteries de téléphone, sont enfouis dans le sous-sol congolais.

Retraçant l’histoire de son pays, Victor Nzuzi, a indiqué que le Congo, du fait de ses richesses minières, n’était pas une colonie, mais un ‘’Etat indépendant’’, chaque puissance coloniale voulant avoir sa part de minerais. ‘’Léopold II a été assez malin pour en faire sa propriété’’, a-t-il noté.

L’uranium ayant servi à la fabrication des bombes larguées sur Hiroshima et Nagasaki, venait du Congo, a-t-il poursuivi, ajoutant qu’en échange de l’exploitation de ce minerai, les Etats-Unis avaient épongé la dette de la Belgique à la fin la deuxième Guerre mondiale.

’’Le 17 janvier 1961, Patrice Lumumba a été assassiné parce qu’il voulait que les minerais du Congo servent aux Congolais’’, a-t-il dit.

Evoquant, par ailleurs, l’impact environnemental de l’exploitation minière en RDC, il a noté que du fait de la radioactivité de certains minerais comme le colton et l’uranium, ‘’il y a des chèvres (qui naissent) avec huit pattes, des enfants nés avec cinq mains’’ dan les zones d’extraction.

‘’Aujourd’hui, a-t-il poursuivi, c’est AREVA qui va exploiter l’uranium au Congo’’, a-t-il annoncé, cachant mal son inquiétude. Il s’agit de cette entreprise française dont Aboubacar Issa, coordonnateur national du Réseau dette et développement (RNDD) du Niger, par ailleurs ingénieur en génie industriel, avait souligné, dans son intervention, les conséquences néfastes de son activité sur les 86.000 habitants des zones d’exploitation de l’uranium dans son pays.

Il a aussi décrit la situation des pêcheurs locaux, du côté de la frontière avec l’Angola, qui voient leurs filets ‘’ramassés’’ par les bateaux chinois, disposant de licences que leur a vendues ce pays voisin.

Pour l’’activiste congolais, il y a une similarité entre la situation de ces pêcheurs et celle des Somaliens et des Sénégalais. Les pêcheurs somaliens sont devenus des pirates parce qu’on leur a pris toutes leurs ressources halieutiques, a-t-il expliqué, ajoutant que des pêcheurs sénégalais se sont reconvertis en ‘’passeurs’’ pour les mêmes raisons.

Victor Nzuzi qui est aussi membre du réseau Afrique-Europe Interact, actif dans l’appui des émigrés expulsés, a, en fin de compte, interpellé ses camarades forumistes sur l’urgence de réfléchir à voir ‘’comment, à partir des forums, faire quelque chose’’.

En marge de la rencontre, il a noté que pour faire face à ce genre de situation, ’’il faudrait qu’un groupe prenne l’initiative pour sensibiliser la population (et qu’)il suffit d’un catalyseur pour que la population se soulève’’.

En plus de cela, ‘’il faudrait, a-t-il ajouté, qu’on arrive à voter pour les meilleurs dirigeants, parce que ceux qui comprennent les programmes des uns et des autres auront fait un travail de sensibilisation auprès des populations’’.

Utilisant une image pour conclure sa présentation, M. Nzuzi avait dit : ‘’Les multinationales, c’est comme un éléphant, si on est uni, on peut le terrasser’’.

Source : http://www.cadtm.org

 
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