mardi, 17 octobre 2017
 

RDC : L’ASADHO appelle à de nouvelles sanctions ciblées contre les acteurs politiques de tous bords

L’Association Africaine de défense des Droits de l’Homme, ASADHO en sigle, est très inquiète des obstacles que certains acteurs politiques mettent en œuvre pour torpiller le processus démocratique et électoral en République Démocratique du Congo.

En effet, depuis janvier 2015, la Majorité présidentielle ne cesse de multiplier des manœuvres dilatoires pour retarder l’organisation de l’élection présidentielle qui était prévue par la Constitution en décembre 2016 et par l’Accord politique du 31 décembre 2016 avant la fin de l’année 2017, et prolonger indûment le mandat du Président Joseph KABILA. Ces manœuvres dilatoires sont allées jusqu’à la répression violente des manifestants pacifiques qui réclamaient la convocation du corps électoral conformément à l’article 73 de la Constitution, en Septembre 2016, et le départ du Président Joseph KABILA à la fin de son mandat, en décembre 2016. Plusieurs manifestants ont été tués à Kinshasa, Lubumbashi, Goma, Bukavu….

Après la fin du mandat du Président Joseph KABILA, le 19 décembre 2016, l’implication de la CENCO a permis d’atténuer les tensions et d’obtenir la signature d’un accord politique qui prolonge le mandat des institutions publiques( Président de la République, Parlement et Assemblées provinciales) pour une année et prévoit l’organisation des élections présidentielle, législatives nationales et provinciales avant la fin de l’année 2017.

Pour faciliter la mise en œuvre dudit Accord politique, les délégués aux négociations directes conduites par la CENCO ont convenu d’adopter un arrangement particulier (modalités de mise en œuvre de l’accord politique).

Malgré les efforts déployés par la CENCO, la classe politique (Majorité Présidentielle et opposition) a multiplié les intrigues pour ne pas signer l’arrangement particulier, ce qui a conduit la CENCO à renoncer aux bons offices et à rendre son rapport au Président Joseph KABILA. Contre toute attente, et alors que l’arrangement particulier n’était pas encore signé, le Président Joseph KABILA a nommé Monsieur Bruno TSHIBALA, en violation de l’Accord politique et de la Résolution 23 48 du Conseil de Sécurité.

Pour mettre le comble aux manœuvres dilatoires, le 27 avril 2017, un arrangement particulier modifié et différent de celui négocié à la CENCO a été signé par la Majorité Présidentielle et une partie de l’opposition sous la direction de Messieurs Aubin MINAKU et KENGO WA DONDO, respectivement Président de l’Assemblée Nationale et Président du Senat. Ce qui ne met pas fin à la crise politique.

L’ASADHO constate que tous les moyens notamment la corruption, le débauchage politique, l’opacité, ont été utilisés par la classe politique pour perturber le processus démocratique et électoral. Elle reste disposée à fournir une liste des personnalités de la Majorité Présidentielle et de l’opposition politique qui sont à la base de ce blocage pour qu’ils soient sanctionnés.

Face à ce qui précède, l’ASADHO recommande :

Au Conseil de Sécurité : de faire pression sur la classe politique congolaise pour qu’elle mette en œuvre l’Accord politique et l’arrangement particulier tels que négociés devant la CENCO ; d’imposer le respect de la Résolution 2348 par tous les moyens conformément à la Charte des Nations Unies. et, de prendre des sanctions ciblées contre les acteurs politiques qui ont modifié et signé l’arrangement particulier sans le consensus de tous les délégués aux négociations de la CENCO.

A l’Union Européenne : de prendre de sanctions ciblées contre les acteurs politiques qui obstruent la mise en œuvre de l’Accord politique et l’Arrangement particulier conformément aux conclusions du Conseil de l’UE rendues publiques au mois de mars 2017.

 
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