samedi, 14 décembre 2019
 

RDC : Un premier journaliste condamné arbitrairement depuis l’arrivée au pouvoir du président Félix Tshisekedi

RSF dénonce la condamnation à douze mois d’emprisonnement d’un journaliste d’une télévision locale congolaise et demande sa libération immédiate. Les méthodes iniques utilisées pour faire taire les professionnels de l’information en RDC ne peuvent plus être tolérées par la nouvelle administration.

Le journaliste de Radio Télé Sarah, Steeve Mwanyo Iwewe a été condamné le 1er mars à une peine de douze mois de prison et au paiement de 200 dollars de dommages et intérêts pour « outrage à l’autorité » à l’égard du gouverneur de la province de l’Equateur, Bobo Boloko Bolumbu. La décision du tribunal intervient moins de trois jours seulement après son arrestation, le 27 février 2019, alors qu’il couvrait une manifestation d’agents de la Coordination provinciale de l’Environnement réclamant des fonds de fonctionnement. Selon les informations recueillies par RSF, le gouverneur a demandé au journaliste d’interrompre son reportage. Face au refus de ce dernier qui a fait valoir son droit de filmer, le gouverneur a donné l’ordre aux policiers présents de l’arrêter. Le journaliste a ensuite été transféré au parquet de Mbandanka pour “jugement en flagrance”.

“Arrestation arbitraire, jugement expéditif, condamnation lourde et complètement disproportionnée, ces méthodes iniques doivent cesser en RDC, déclare Arnaud Froger, Responsable du Bureau Afrique de RSF. Elles sont par ailleurs en totale contradiction avec les déclarations du nouveau président qui avait dit lors de son investiture, le 24 janvier dernier, vouloir faire des médias le véritable quatrième pouvoir du pays. Ce journaliste doit être libéré sans délai.“

Le reporter pourrait être la victime collatérale d’une rivalité politique à l’approche des élections de gouverneurs du 26 mars prochain. L’ancien gouverneur de la région et actuel propriétaire de Radio Télé Sarah, Jean-Claude Baende, est en effet le principal rival et favori dans la course au poste contre l’actuel gouverneur, M. Boloko Bolumbu. Joint par RSF, un collaborateur de ce dernier assure que le journaliste a traité le gouverneur de “voleur” lors de la manifestation du 27 février et que son média tient régulièrement “des propos injurieux à l’égard des notables de la province”.

Trésor Nsaebeinga, Yannick Vital Mbombo et Jean-Claude Mafundisho, trois autres journalistes de la même chaîne de télé sont en fuite et vivent actuellement dans la clandestinité. Selon un communiqué publié par Journaliste En Danger (JED), organisation partenaire de RSF, un mandat d’arrêt a été lancé contre eux à la demande du gouverneur Boloko Bolombu pour des charges similaires.

 
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