lundi, 11 décembre 2017
 

Un deuxième journaliste arrêté dans l’affaire de la défection d’un officier de l’armée en RDC

Pierre Sosthène Kambidi, journaliste et rédacteur en chef à la Radio Télévision Chrétienne (RTC), une station confessionnelle émettant à Kananga, Chef-lieu de la province du Kasai Occidental (centre de la RDC), a été interpellé, mardi 28 août 2012, aux environs de 10 heures locales par un groupe d’hommes présentés comme des éléments de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR) roulant à bord d’une jeep aux vitres fumées. Le journaliste aurait été conduit dans les locaux de ce service de sécurité où aucun contact n’a pu être établi pour connaître le motif de cette arrestation.

Contacté par JED, Monsieur Charles Boniface Bayakwabo, Directeur de la RTC, a confirmé l’arrestation de Kambidi ainsi que les menaces qui pèsent également sur Patrick Bianyaka, journaliste de la même station. « C’est depuis bientôt deux semaines que mes deux collaborateurs sont inquiétés au téléphone, et Sosthène vient d’être arrêté sans raison valable. », a-t-il dit.

Selon des informations parvenues à JED, Pierre Sosthène Kambidi et Patrick Bianyaka, tous deux journalistes de la Radio Télévision Chrétienne (RTC), recevaient, depuis vendredi 17 août 2012, des messages de menaces de mort proférées au téléphone à partir du numéro 082 425 91 77. Il leur était reproché d’avoir diffusé une information relative à la création, au Kasaï, d’un mouvement armé, avec à sa tête le colonel John Tshibangu.

Dans son journal parlé en français diffusé le jeudi 16 août 2012 à 13h, RTC avait diffusé un extrait d’une interview accordée par le colonel John Tshibangu à la Radio Okapi et au cours de laquelle il avait annoncé la création d’un mouvement armé dénommé « Mouvement pour la revendication de la vérité des urnes ».

Au cours du journal incriminé, la parole était donnée à M. Valentin Mubake, cadre de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS, parti d’opposition), qui, réagissant à la défection de cet ancien colonel des Forces armées de la RDC (FARDC), avait déclaré : « C’est le début de la fin du régime illégal du président Kabila ».

Dans les messages tombés dans les appareils des journalistes, il leur était demandé clairement de préparer leurs cercueils.

JED exprime sa profonde inquiétude sur la sécurité physique de ces deux journalistes et exige la libération immédiate de Sosthène Kambidi au cas où son arrestation était liée à son travail de journaliste.

JED rappelle que Kambidi est le deuxième journaliste arrêté dans cette affaire après Fortunat Kasongo de la Radio Télévision Autonome du Sud Kasaï (RTAS), arrêté depuis le mardi 14 Aout 2012, à Miabi dans le Kasai Oriental par les mêmes services de sécurité et transféré, depuis, à Kinshasa.

 
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