lundi, 26 août 2019
 

Gabon : Déclaration de l’opposition

Coalition des Partis Politiques pour l’Alternance (CPPA)

CDJ, MORENA, MORENA UNIONISTE, PGP, UNION NATIONALE, URDP

DECLARATION DU 27 AVRIL 2012

Chers compatriotes,

Conformément aux dispositions constitutionnelles, le Premier Ministre Raymond NDONG SIMA s’est livré le 12 avril dernier à l’exercice de présentation de son discours de politique générale.

Comme attendu, sa prestation n’a surpris personne, tellement les promesses faites sont non seulement aux antipodes des capacités financières réelles de notre pays, mais elles étaient en plus truffées de contradictions et d’affirmations propres à infantiliser le peuple gabonais.

Quel crédit accorder à un Premier Ministre qui avoue lui-même ne pas connaitre le plan stratégique du Gabon dit émergent qui devrait être sa feuille de route et qui semblait pourtant être appliqué par le gouvernement précédent dont il a été membre, surtout quand il reconnait que la Loi de finances votée n’est pas en cohérence avec ce fameux plan stratégique ?

La déclaration du premier ministre avait tout l’air d’une plaidoirie sans conviction.

En ce qui nous concerne, l’échec du cabinet NDONG SIMA est prévisible, car le véritable Gouvernement de la République, celui qui tient les cordons de la bourse se trouve malheureusement ailleurs : c’est à la Présidence de la République, par le biais de ses multiples agences qui ne sont responsables ni devant le Parlement, ni devant la Cour des Comptes. De plus, ces agences empiètent sur les champs des compétences des départements ministériels et fonctionnent dans l’opacité la plus totale.

Ali BONGO confirme ainsi de manière flagrante la nature autocratique de son régime après avoir trituré la Constitution. Si la Constitution de certains Etats tels que les Etats-Unis d’Amérique permet au Président de la République en tant que chef de gouvernement de gérer au quotidien le pays, il reste néanmoins responsable devant la Chambre des Représentants et le Sénat. Il n’en est pas de même au Gabon.

On peut s’interroger en effet sur la capacité d’un gouvernement, privé de tous ses moyens, à mettre en œuvre un programme politique et de surcroît concrétiser les nombreuses promesses faites par Ali BONGO alors qu’elles n’ont jamais pu être réalisées plus de deux ans après son hold-up électoral, malgré les sommes colossales puisées dans les caisses de l’Etat à l’exemple de l’Agence nationale des grands travaux qui reçoit depuis 2011 une subvention annuelle de 30 milliards de francs Cfa, sans aucune affectation, auxquels il faut ajouter 2 milliards au titre de sa rémunération. Que dire alors des 12.000 milliards de francs Cfa chimériques annoncés par Ali BONGO sur une durée de cinq ans ?

En effet, le budget d’investissement de l’Etat en 2012 est de 699.370.998.346 FCFA dont 667,458 milliards pour le développement et 61,912 milliards pour l’équipement. Investir 12000 milliards en cinq ans signifie investir 2400 milliards par an rien que pour l’investissement. Cela implique, par exemple, que les 699 milliards d’investissement prévus en 2012, amèneraient l’Etat à recourir, une fois de plus, à un emprunt de 1700 milliards environ ; et cet exercice devrait être renouvelé pendant cinq ans. Quelle institution financière serait disposée à prêter une telle somme au Gabon en l’état actuel de son endettement ? Tout ceci ne fait pas sérieux.

Les annonces de Monsieur NDONG SIMA ne resteront que de simples incantations quand on réfléchit sur les nombreux projets annoncés :

- La réduction du train de vie de l’Etat est en contradiction avec les coûts de location d’avions pour les voyages présidentiels et les multiples achats de véhicules de haute gamme pour la Présidence et l’Administration à des prix exorbitants ;

- La lutte contre la pauvreté ne fait apparaître aucune solution ;

- La réduction du coût de la vie est en contradiction avec le panier de la ménagère qui revient de plus en plus chèr ;

- La journée citoyenne, déjà morte de sa belle mort ;

- Les 5.000 logements par an annoncés depuis 2010, restent aujourd’hui de la pure propagande ;

- Le CHL reste toujours un véritable mouroir malgré les annonces de sa modernisation ;

- L’amélioration du réseau d’alimentation et de distribution d’eau et d’électricité reste un casse tête gabonais ;

- L’aéroport international d’Andeme n’est toujours pas visible ainsi que la nouvelle prison centrale moderne d’Ayeme ;

- Les échangeurs annoncés à grand fracas ne sont rien d’autres que des passerelles inachevées ;

- Les Universités et les grandes écoles dont les pierres ont été posées dans les villes de Port-Gentil, Oyem, Mouila et Booué demeurent toujours de grands terrains vagues ;

Cette liste, bien sûr, n’est pas exhaustive.

Par ailleurs, il aurait été opportun que le Premier Ministre dît quelque chose sur l’insécurité qui inquiète de plus en plus les gabonais et les mesures qu’il entend prendre pour enrayer les pratiques criminelles, les mutilations et ablations d’organes à des fins fétichistes. Il en est de même des problèmes qui minent le bon fonctionnement de nos Universités confrontées à des grèves récurrentes toujours mâtées dans la brutalité.

La CPPA condamne avec véhémence ces méthodes d’un autre âge et exige qu’une enquête indépendante soit diligentée afin que les responsables des brutalités contre les étudiants soient sévèrement sanctionnés conformément aux lois en vigueur dans notre pays. Cette situation ne saurait perdurer.

Dans le même ordre d’idées, nous exigeons que le Pouvoir respecte les franchises universitaires qui sont inviolables dans le monde entier, et que les forces de sécurité quittent, sans délai, le campus et ses abords immédiats.

Au motif que Libreville devait avoir un visage avenant pendant la CAN organisée dernièrement dans notre pays, d’innombrables citoyens ont vu leurs biens démolis au mépris des dispositions légales et règlementaires en la matière. De nombreuses familles gabonaises sont aujourd’hui dans la rue par la brutalité du régime dit émergent, créant ainsi une nouvelle catégorie de gabonais sans domicile fixe et sans revenus.

Par ailleurs, que constate- t- on aujourd’hui ? Libreville croule sous le poids des immondices que la SOVOG peine à évacuer alors que l’Etat gabonais lui alloue chaque année la somme de 4,567 milliards pour la collecte des ordures à Libreville et Owendo ainsi qu’une inscription budgétaire de l’ordre de 1,5 milliard pour le Centre de traitement des ordures qui n’a toujours pas vu le jour au terme d’un contrat léonin que l’Etat a du mal à remettre en cause aujourd’hui malgré les nombreuses défaillances observées.

Cette situation qui perdure, ne peut qu’engendrer des épidémies auxquelles nos hôpitaux déjà délabrés ont du mal à faire face.

La SOVOG, tout comme la SEEG en ce qui concerne les coupures de la fourniture d’eau et d’électricité, rejettent la responsabilité sur l’Etat qui ne respecterait pas ses obligations contractuelles. Ceci expliquant cela, on comprend mieux la faiblesse de l’Etat à exiger un service de qualité à ces entreprises. Jusqu’à quand les gabonais vont-ils subir les conséquences de l’incurie du Pouvoir dit émergent ?

Enfin, au sujet de la transparence électorale, le Premier Ministre n’a pris aucun engagement, alors que celle-ci reste au centre des préoccupations de la classe politique au Gabon. C’est ici pour nous l’occasion de dénoncer avec force, la déclaration de M. SARKOZY, qui, recevant le nouveau Président du Sénégal MACKY SALL n’a eu aucun scrupule à comparer la transition politique de 2009 au Gabon à celle qui vient de se dérouler démocratiquement au Sénégal.

la CPPA rappelle que la Société Civile, les Partis politiques de l’Opposition doivent prendre part à toutes les étapes de la mise en place de la biométrie, pour faire échec à ce qui se trame au Ministère de l’Intérieur.

Je vous remercie.

CDJ, Secrétaire Général Jules Aristide BOURDES OGOULIGUENDE

MORENA, Le Président Luc BENGONO NSI

MORENA UNIONISTE, le Président Victor Alain EYA MVEY

PGP, le Secrétaire Général Auguste NGUEMBHYT

UNION NATIONALE, le Président Zacharie MYBOTO

URDP, le Président Jean Marcel MALOLAS

 
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