lundi, 25 septembre 2017
 

Gabon : L’Onep et les syndicats alliés menacent de paralyser le pays

L’ORGANISATION nationale des employés du pétrole (Onep) et certains syndicats des secteurs public et privé, ont brandit la menace d’une grève générale illimitée, dans les tout prochains jours, à travers tout le pays, à la faveur d’une assemblée générale mémorable, organisé vendredi 14 novembre, à Port-Gentil, capitale économique du Gabon.

Dans un esprit unitaire, les délégués syndicaux venus de Libreville, Moanda, Ndjolé, Gamba, Port-Gentil et d’ailleurs, ont sommé le gouvernement d’arrêter immédiatement des prélèvements illégaux à tous les agents publics et privés, de l’Assurance maladie obligatoire, autrement appelée, la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS).

Dans le cas où lesdits prélèvements seraient toujours visibles dans les bulletins de cette fin du mois de décembre, l’Onep a menacé de fermer les vannes, les barges et les puits de pétrole. Une paralysie qui pourrait se généraliser dans tous les secteurs d’activités. Pour marquer leur désappointement face au mépris du pouvoir établi, incapable de répondre aux attentes des travailleurs, l’Onep et ses alliés sont résolus à déposer un préavis de grève, ce début de semaine, sur la table du gouvernement.

Au nombre des structures syndicales présentes à cette importante réunion publique de prise de décision, aux côtés de l’Onep, il y avait, entre autres, l’Intersyndicale des régies financières (Douanes, impôts et le Trésor public), le Mouvement syndical des agents de l’administration publique (Mosaap), la Convention nationale des syndicats du secteur éducation (Conasysed), l’Association contre le risque médical au Gabon, le Syndicat national des établissements des crédits (Synec), le Syndicat national des industries extractives (Synatiex) d’Eramet, le Syndicat « Solidarité » des mairies du Gabon et le Syndicat national des personnels du secteur d’eau et d’électricité du Gabon (Synapeg).

ARNAQUE

Pour le secrétaire général de l’Onep, Paul Aimé Bagafou, la CNAMGS est gangrenée une arnaque, une extorsion et un vol qui ne dit pas son nom. C’est dans cette optique que les partenaires sociaux ont exigé la dissolution de cette assurance et la redéfinition de sa mise en œuvre. Car, « si la CNAMGS est faite pour nous, sa mise en œuvre doit être redéfinie avec nous. Sinon, elle est faite contre nous. Nous ne sommes pas là pour laisser les prédateurs nous tondre le poil sur le dos parce que nous ne sommes pas des moutons », s’est insurgé M. Bagafou. Avant d’exiger avec ses pairs, le remboursement des sommes frauduleusement prélevées aux contribuables gabonais, l’organisation d’une concertation avec représentants des travailleurs, les employeurs et l’administration, pour la mise en place des nouvelles modalités de prélèvements de la CNAMGS.

Il s’agira notamment aux différentes parties de s’accorder sur l’assiette et le plafond des cotisations. Cela, sous regard d’un organe indépendant, chargé de contrôler l’utilisation des ressources de l’CNAMGS. Lequel organe aura également en son sein toutes les parties. Autres préalables : la tenue d’un audit de l’CNAMGS. Pour le délégué de la Conasysed, Marcel Libama, l’heure n’est plus aux négociations inutiles. Le gouvernement étant usant d’intimidations et de menaces, « nous sommes venus dire à l’Onep que nous sommes avec lui et que nous attendons seulement que la chanson soit entonnée, nous prendrons en chœur, le refrain », a déclaré le leader syndical.

Avant d’ajouter que, « l’heure a sonné pour dire non à ces sorciers perfides, pour affirmer notre identité, pour dire aux uns et aux autres que le travail est une valeur et que les licenciements que nous entendons ici et là, ne se justifient pas. Nous sommes venus vous dire que nous soutenons tous les gabonais qui se battent à l’heure actuelle pour la liberté ».

COURROUX

A l’instar du Pape Jean Paul II qui, en 1982, à Libreville, avait dit : « Eglise du Gabon, lève-toi et marche », Marcel Libama et Pierre Mintsa, au nom du Mosaap, ont invité les travailleurs du Gabon à se lever comme un seul homme, pour revendiquer et défendre leurs droits. Occasion pour M. Mintsa, d’exhorter les travailleurs du secteur public de la capitale économique, à se mettre au pas du Mosaap, en fermant dès ce lundi 17 novembre, tous les services publics.

Pour ces leaders en courroux, le moment est venu pour que le travailleur gabonais se mette debout sans avoir peur. Une résolution partagée, tour à tour, par Philomène Avomo, déléguée du Synapeg, David Ndong Ondo, représentant de l’Intersyndicale des régies financières, la présidente de l’Association contre le risque médical au Gabon, Aminata Ondo, le délégué du Synec, Wylliam Prosper N’nah, Serge Moussounda, représentant Synatiex d’Eramet et par le président du Syndicat « Solidarité » de la mairie de Port-Gentil, Jean Jacques Ogoula.

Les autres revendications, non moins importantes des syndicats, la mise en place d’un chronogramme de mise à niveau des plateaux techniques dans l’ensemble des structures sanitaires du pays. Sans omettre l’audit de la Caisse nationale de la sécurité sociale (CNSS), le prélèvement des fonds de souveraineté des hautes autorités du pays, en tête desquelles sa petite majesté, Ali Bongo Ondimba.

Lesquels fonds doivent être reversés à la nouvelle CNAMGS. Sans omettre le problème de la main d’œuvre étrangère qui règne illégalement dans les entreprises du pays, notamment dans les secteurs pétroliers et du bois. Les syndicats ont exigé, sans être xénophobe, la « gabonisation » des emplois et la réhabilitation des compatriotes qui ont été abusivement licenciés depuis 2013 pour cause de grève.

A noter que, l’AG de Port-Gentil a frôlé le pire, avec l’arrestation par les policiers en alerte, quelques heures avant l’événement, de Lambert Mbolo Oye, secrétaire national des organes statutaires de base et du recouvrement de l’Onep. Il a fallut l’intervention du gouverneur de la province de l’Ogooué-Maritime, Martin Boguikouma, pour sauver les meubles.

Le directoire de l’Onep, assisté de leur avocat, avait déjà saisi le procureur de la République près du tribunal de première instance de Port-Gentil, pour lui aviser des conséquences qu’une telle bavure pouvait engendrer au terme de l’assemblée générale. Une réunion qui a mise en alerte toute la ville, après le déploiement des contingents policiers, gendarmes, militaires et services spéciaux venus spécialement de Libreville.

 
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