jeudi, 23 novembre 2017
 

Gabon : Répression contre le mouvement étudiant

COMMUNIQUE PRESSE

Depuis le mois de février dernier, les étudiants gabonais revendiquent le paiement de leur bourse et l’annulation des réformes récemment instituées visant à imposer moins de 27 ans pour accéder au Master 2. Voulant éviter que le mouvement ne perturbe la CAN, Ali Bongo a formulé des promesses restées lettre morte jusqu’à ce jour. A cela s’ajoute la situation de nombreux enseignants toujours suspendus de salaire depuis de nombreux mois malgré des recours introduits auprès des juridictions compétentes. Tout cela a provoqué la colère des étudiants de L’université Omar Bongo de Libreville.

En réaction à la colère des étudiants restée pacifique, le gouvernement a fait le choix de la répression, de la menace et des intimidations. A ce jour, plusieurs étudiants sont suspendus de l’université et plusieurs autres sont dans la maison d’arrêt de Libreville.

A cet effet, le mouvement « ça suffit comme ça » tient à rappeler ce qui suit :

- ­‐ Plusieurs villages de notre pays ne disposent toujours pas d’écoles et certains enfants attendent avoir 9 ou 10 ans pour faire parfois 10 km/jour à pieds pour accéder à une école. Quel serait le pourcentage capable d’atteindre le Master 2 à moins de 27 ans ?
- ­‐ La quasi-totalité des enfants de nos dirigeants sont scolarisés dans des pays occidentaux et ont des avantages multiformes au détriment des sacrifiés de la République.
- ­‐ Les étudiants détenus à la maison d’arrêt ont été interpellé alors qu’ils sortaient d’une séance de travail à l’université et l’interpellation s’est faite en plein campus universitaire la veille de la levée injustifiée des franchises universitaires par le recteur de l’université.
- ­‐ Les étudiants suspendus ainsi que tous les détenus sont tous membres d’un groupe ethnique particulièrement réfractaire au régime Ali.

Cet acte du gouvernement confirme le caractère répressif, coercitif, tribaliste et dictatorial d’un pouvoir incapable d’apporter des réponses idoines à son peuple qui sombre sans cesse dans la misère malgré les nombreuses richesses dont dispose le pays. Ces méthodes ne peuvent s’instaurer en mode de règlement de conflits au Gabon. Et dans le même temps, des scandales financiers au sommet de l’Etat ne cessent de se multiplier. Qui devrait donc faire la prison entre celui qui réclame son avoir et celui qui l’a détourné ?

Nous exigeons donc la libération immédiate et sans conditions des étudiants détenus, la réhabilitation des étudiants suspendus ainsi que la restauration de nombreux salaires d’enseignants suspendus depuis bientôt un an. Car, vous ne pouvez empêcher aux citoyens de revendiquer leurs droits. A ce rythme, vous finirez par nous empêcher de pleurer même nos morts qui ne cessent de se multiplier au quotidien du fait de la dégradation de la vie au Gabon.

ALI BONGO et son gouvernement porteront la responsabilité de tout ce qui pourrait arriver dans notre pays et devront rendre compte de leurs actes.

Libreville, 25 mars 2012

 
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