mercredi, 18 septembre 2019
 

Laurent Fabius prépare-t-il de futures « excellentes relations » entre « son » président et celui du Gabon ?

En pleine campagne présidentielle de François Hollande, les déclarations de Laurent Fabius au Gabon sèment des doutes sur la volonté du Parti socialiste de rompre avec le soutien français aux dictatures africaines. Ce parti et son candidat doivent clarifier leur position à ce sujet.

L’ancien Premier ministre français Laurent Fabius, en visite à Libreville, a estimé hier que les relations entre la France et le Gabon étaient « excellentes » et souhaité « qu’elles se développent dans le futur ». Il a également été reçu par le dictateur gabonais Ali Bongo, fils du despote Omar Bongo, imposé au pouvoir en 2009 par le biais d’un coup d’État électoral.

Ce soutien explicite à la dictature d’une figure de poids du Parti socialiste intervient quelques jours seulement après que le député européen Kader Arif ait réagi à la réception, à l’Elysée, par le président Sarkozy, du président congolais Sassou Nguesso. Le responsable des questions de coopération auprès du candidat François Hollande avait ainsi évoqué l’affaire des Biens mal acquis, dans laquelle le clan Bongo est lui aussi fortement impliqué. Or le fils d’Omar Bongo n’est certainement pas plus fréquentable que Denis Sassou Nguesso. Il fait partie intégrante de cette « Françafrique » à laquelle le candidat Hollande a promis de s’attaquer ; sans pour autant détailler les mesures à entreprendre, concernant, notamment, le soutien aux dictateurs africains, les bases militaires françaises, le franc CFA ou les entreprises qui exploitent les ressources de l’Afrique.

Si Laurent Fabius n’est pas officiellement dans l’organigramme de campagne du candidat socialiste, il a néanmoins été missionné pour préparer le programme des « cent jours » de gouvernement de François Hollande. Doit-on s’attendre à ce que François Hollande, tout comme Nicolas Sarkozy en 2007, accueille le Président du Gabon parmi les premiers chefs d’État reçus à l’Elysée et qu’il lui réserve une visite à Libreville dans les premiers mois de son mandat ?

Cet épisode rappelle les propos élogieux tenus en novembre dernier par Ségolène Royal à Ouagadougou à l’égard du despote burkinabè Blaise Compaoré.

A quelques semaines de l’élection présidentielle, où chaque déclaration compte, l’association Survie interpelle le Parti socialiste et son candidat François Hollande sur l’interprétation qui doit être faite des propos de Laurent Fabius et demande, s’ils n’en sont pas solidaires, une condamnation de ces propos et de cette visite à Libreville.

Contact presse :

Stéphanie Dubois de Prisque

Chargée de communication

stephanie.duboisdeprisque@survie.org

01 44 61 03 25

 
A propos de Afriques en Lutte

Afriques en lutte est un collectif de militant(e)s anticapitalistes membres ou non de plusieurs organisations politiques. Ce site présente les articles parus dans le bulletin (envoi gratuit sur simple demande) ou d’autres publications amies. Notre objectif est de diffuser, à partir d’un point de vue militant, un maximum d’informations (politiques, économiques, sociales et culturelles) sur le continent africain et sa diaspora.

Si les articles présents sur ce site reflètent une démarche volontairement ouverte et pluraliste, leurs contenus n’engagent, bien évidemment, que leurs auteur-e-s. Tous les commentaires sont bienvenus. La rédaction se réserve toutefois le droit de les modérer : les propos injurieux, racistes, sexistes, homophobes, diffamatoires, à caractère pornographique, pédophile, ou contenant des incitations à la haine ne seront pas publiés.

Pour nous contacter : afriquesenlutte@gmail.com

Fils de nouvelles RSS
Thèmes