mardi, 23 mai 2017
 

Voeux aux Gabonais(es)

Gabonaises, Gabonais, Résistants, Résistantes,

L’année 2016 s’achève sur le constat d’une élection présidentielle qui se présentait sous les meilleurs auspices.

En août, grâce à une mobilisation sans pareil du peuple gabonais, qui est venu à la suite d’une stratégie unitaire de l’opposition au régime, nous avons gagné une fois de plus l’élection présidentielle.

C’était sans compter sur la mafia politico-militaire qui est installée dans l’ensemble des institutions de notre République gabonaise et qui a renversé les résultats électoraux aux yeux de toute la communauté internationale, et notamment ceux de la Mission d’observation, qui représentait l’Union européenne dans cette élection. La Mission a d’ailleurs accompli un travail absolument remarquable de précisions sur les mécanismes des tricheries d’État.

Ces pratiques d’un autre âge sont courantes sur le continent africain, et c’est la raison pour laquelle, la démocratie s’y porte mal, pas seulement au Gabon. Pour la première fois dans notre histoire, l’Union européenne est intervenue en soutien de la démocratie sans accepter le coup d’État militaro-électoral gabonais. Mais l’indigne indigné des violences post-électorales doit savoir que le peuple gabonais aura raison de ses méfaits. La mystification ne passe plus. Tout est su concernant le Gabon dans le monde entier.

Le Président élu de la République gabonaise, Jean Ping, tente depuis lors de faire reconnaître sa victoire usurpée, et nous sommes à ses côtés. Le peuple gabonais l’a bien sûr immédiatement porté aux nues et il est évident, pour lui, qu’il est le chef d’État.

Dans le climat de violence extrême déclenché par le régime, des centaines de morts sont à déplorer. Des militants, des responsables, des ami-e-s de la campagne de Jean Ping, ont été massacrés par des milices armées commandés par les proches du clan au pouvoir dès lors que les résultats ont commencé à être connus.

Un dossier a été déposé par les avocats de Jean Ping auprès de la Cour pénale internationale car il ne saurait être question qu’aucune instance judiciaire internationale n’ait pas à juger des meurtres de masse qui ont été commis par le régime illégitime.

La France joue un jeu étrange tentant de minimiser les véritables résultats électoraux pour lui préférer une formule de « dialogue » avec le régime qui tue et massacre sous ses yeux peu attentifs.

Nous saurons rappeler à la France, notamment lors du prochain sommet France-Afrique que nous ne sommes pas d’accord avec elle lorsqu’elle laisse le régime se maintenir au pouvoir après avoir été battu dans les urnes.

Nous sommes revenus avec la France du temps d’avant le discours de la Baule en 1992, et de l’impératif démocratique comme condition du développement défendu alors par le Président Mitterrand. De nos jours, on voit très bien que la mollesse de la position française profite au régime.

Jean Ping a de son côté initié un dialogue authentique et populaire qui associe la population gabonaise, mobilisée dans tout le pays. Il n’y a aucune comparaison avec le « « dialogue » forcé politico-mafieux d’un régime violent. Il souhaite mettre fin au système de népotisme. Il annonce qu’aucun de ses enfants n’aura de postes ou de droits particuliers dans sa succession politique.

Il n’’exercera qu’un seul mandat et souhaite associer les cultures de toutes les provinces du Gabon car trop peu a été fait depuis 50 ans jusqu’à déstructurer les identités du peuple gabonais.

L’avenir est de notre côté, mais le pays s’enfonce de jour en jour sous le poids de la mauvaise gouvernance. Le Gabon est un pays sclérosé par la corruption d’Etat, le non-respect des institutions de droit, et l’accroissement de la misère sociale qui commence désormais à être endémique. Pendant ce temps, un insignifiant groupe d’individus s’enrichit toujours plus et met le pays sous coupe réglé en s’appuyant sur du mercenariat policier et militaire étranger.

Le pays croule sous les mouvements de mécontentement dus à la mauvaise gouvernance. Les fonctionnaires sont désormais payés avec retard, voire pas du tout, tandis que le tissu économique se délite de jour en jour avec le départ d’entreprises, lasses d’être rackettées par le régime en quête de fonds. Nous disons au peuple gabonais que notre lutte ne fait que commencer, et que notre victoire est acquise depuis août 2016, et que, désormais, il nous reste à l’assurer pratiquement en chassant l’occupant illégitime du Palais présidentiel.

Les mobilisations des Gabonais-e-s et de leurs ami-e-s ont été admirables dans le monde entier. Notre mission est de convaincre le plus grand nombre, non pas de diaboliser.

Comme l’a dit le Président Ping lors de ses vœux à la Nation, « au cours de cette année 2017, la résistance à l’obscurantisme et à la dictature doit constituer notre priorité. Comme jamais, l’avenir du Gabon se joue en 2017.

Hommage et respect pour nos héros et héroïnes mort-e-s pour la libération du Gabon, Hommage et respect pour tous les résistants du Gabon, de l’étranger et partout dans le monde,

Vive un Gabon éclairé, respectueux des droits fondamentaux, et du suffrage universel ,

Vive un Gabon de l’éthique en politique,

Vive un Gabon du développement et du bien vivre

Vive un Gabon respecté dans le monde. Vive la fin de la terreur et de l’insécurité pour tous ! Vive un Gabon prospère pour tous et enfin libre ! Vive la République gabonaise,

Très bonne nouvelle année à vous et à vos familles,

Paris le 1er janvier 2017,

Mengue M’Eyaà,
- Journaliste,
- Porte-parole de Jean Ping,
- Conseillère spéciale de Guy Nzouba Ndama,
- Présidente du Mouvement Civique du Gabon,
- Présidente du Mouvement Civique des Femmes

 
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