mardi, 18 décembre 2018
 

Guinée équatoriale : Des opposants en exil appellent à la démission du président Obiang

Conférence de presse de la CORED

Hier mardi, c’est à Paris, dans les locaux de la Chambre de Commerce et d’Industrie, que s’est tenue la première Conférence de presse de la Coalition d’Opposition pour la Restauration d’un État démocratique (CORED), un mouvement créé en septembre 2013 et constitué de 13 formations d’opposition. La Conférence de presse a été animée par Benjamin Bibas, journaliste spécialiste de l’Afrique centrale.

Face à la presse et au public, parmi les orateurs, des opposants politiques venus de France, d’Espagne, du Royaume-Uni et d’Allemagne, sous la présidence de Raimundo Ela Nsang (MRD), secrétaire exécutif de la CORED. Ce dernier a demandé l’aide de la Communauté internationale afin de contraindre à la démission Teodoro Obiang Nguema, au pouvoir depuis 34 ans : « Nous appelons à la démission d’Obiang pour permettre la mise en place d’un processus de transition à l’issue duquel seront organisées des élections démocratiques, libres et transparentes... Nous ne croyons plus aux élections organisées par Obiang », a-t-il déclaré, rappelant que Teodoro Obiang Nguema, arrivé au pouvoir par un coup d’État en 1979, a été élu pour la quatrième fois en 2009 avec 95,37% des suffrages grâce, selon lui, à « des intimidations et à des pressions sur les autres partis politiques ».

Raimundo Ela Nsang a déclaré que la CORED avait dans son programme 5 objectifs : une réforme des institutions, une politique économique plus juste et plus diversifiée, une politique environnementale de développement durable, un programme social et une restauration de l’image internationale de la Guinée équatoriale.

« Il y a actuellement une crise politique qui pourraient dégénérer. Nous sommes là pour l’éviter et permettre à Obiang de quitter dignement le pouvoir sans plus de violences. Nous sommes là pour éviter le chaos ! Nous ne demandons pas un départ brutal. Nous souhaitons une rencontre entre le pouvoir et l’opposition pour fixer les délais de mise en place d’un gouvernement de transition et les contours d’un départ négocié dans le respect du président Toodoro Obiang Nguema et de sa famille. Nous connaissons l’état réel de la Guinée Equatoriale. Le président ne contrôle plus le pays. Il y a un vide politique. L’armée est en train de s’entretuer et il a dit lui-même dans un discours que le pays devenait incontrôlable donc il doit discuter avec l’opposition pour parvenir à un changement sans troubles », a expliqué le Secrétaire général de la CORED.

« La population est derrière nous », a renchéri Salomon Abeso Esono (1), exilé au Royaume-Uni. « Nous pourrions faire manifester le peuple, le faire sortir dans la rue, provoquer une révolte comme en Égypte, mais nous ne le voulons pas. Nous préférons qu’Obiang démissionne et que la transition soit pacifique ».

« Une fois qu’Obiang aura démissionné, nous réunirons les six peuples de Guinée pour conclure un pacte de « convivencia » (vivre-ensemble) basé sur le respect et le dialogue permanent. L’objectif est de concilier enfin l’État et la Société. Nous travaillerons alors à une constitution démocratique, puis nous organiserons des élections libres.

Nous n’exproprierons personne, aucune entreprise. Nous voulons un partenariat gagnant-gagnant avec les compagnies pétrolières. Il faudra débattre des modalités avec le peuple et les compagnies sans exproprier personne », a expliqué Francisco Ela Abeme (CNPG), avocat aux Canaries, exilé politique depuis 42 ans.

Les représentants de la CORED ont également dénoncé le détournement des revenus pétroliers de la Guinée équatoriale (3e pays producteur d’Afrique subsaharienne) par le président Obiang et sa famille : « Obiang a réussi un miracle politique : dans un pays de moins de 30. 000 km2 et moins d’un million d’habitants où le pétrole coule à flots, le peuple vit dans la misère », a ironisé Francisco Ela Abeme.

« Les populations de Guinée équatoriale manquent de tout, il n’y a pas de liberté, pas d’électricité, pas d’école. . . » , a déclaré Carlos Abaga Ayingono (ANRD), assurant que le président possède « des centaines de millions de dollars sur des comptes au Brésil, au Surinam ou en Malaisie ».

« Nous offrons à Obiang la possibilité d’une sortie digne s’il démissionne. Nous lui proposons de s’arrêter là, de quitter le pouvoir avec la vie sauve pour lui et sa famille et avec tout son patrimoine bien acquis. Nous continuerons avec le peuple et sans lui. C’est une opportunité pour lui… », a ajouté Francisco Ela Abeme. Quand le journaliste de Panafrica leur demande s’ils sont en contact avec l’opposition présente dans le pays, Salomon Abeso Esono répond : « L’opposition n’existe pas en Guinée équatoriale ». « Depuis 20 ans, il n’y a aucune avancée démocratique en Guinée équatoriale, il n’y a aucun espoir pour le peuple d’avoir un changement politique venant de l’intérieur du pays », a ajouté M. Ela Nsang.

(1) Son nom suivi de (CI) avait faire croire qu’il représentait le parti « Candidature indépendante » de Gabriel Nse Obiang Obono, ce que ce dernier a démenti. Il fallait en effet comprendre qu’il n’est affilié à aucune formation politique et qu’il a rejoint la CORED en candidat indépendant (CI ).

Source : http://www.france-guineeequatoriale.org

 
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