jeudi, 23 novembre 2017
 

31 octobre 2014, Paris, inauguration d’une stèle en souvenir du génocide des Tutsis du Rwanda

Paris est la 6ème ville de France qui installe un monument en mémoire du génocide des Tutsi du Rwanda.

La cérémonie commence par un poème de Gaël Faye. Après un premier discours de la maire du 20e, Frédérique Calandra, très émue, l’intervention de Marcel Kabanda, président d’Ibuka France, précise que le conseil de Paris a voté pour à l’unanimité et que la discussion continue pour un lieu public.

Dans son témoignage de rescapé, Alain Ngirinshuti, vice-président d’Ibuka France, raconte qu’il a été sauvé avec 300 enfants par un français qui a pu le faire parce qu’il était français. Il insiste sur le fait "qu’arrêter le génocide, c’était possible" pour les politiciens et militaires français. Puis, c’est au tout de l’ambassadeur du Rwanda en France, Jacques Kabale de prendre la parole pour fixer diplomatiquement l’enjeu, après les difficultés d’Avril 2014. Rien n’est encore ici exprimé clairement mais tout le monde a en tête le silence et le déni de l’Elysée ou, entre autres, la polémique autour des propos d’Hubert Védrine.

« Des obstacles, qui n’en sont pas, et la raison d’Etat, qui n’en est pas une », voilà l’indication que donne la maire de Paris sur les raisons qui ont provoqué le retard dans l’arrivée du monument. Aujourd’hui le langage est diplomatique, codé, et, il n’y a là personne qui ne comprenne pas les sous-entendus. Anne Hidalgo est maintenant "engagée pour un lieu de mémoire". Elle souhaite "regarder la vérité en face", et, "transmettre les questionnements et les éléments de réponses que nous avons". Elle parle de mémoire, transmission et éducation, ce qui évoque la campagne des jeunes et du mouvement EGAM pour la "vérité maintenant".

La stèle est découverte après les discours. Il est écrit : "En 1994, au Rwanda, plusieurs centaines de milliers de Tutsi ont été victimes d’un génocide. Cette stèle est dédiée à leur mémoire".

Dans quelle mesure Anne Hidalgo adresse-t-elle un message à l’exécutif français qui est allé en 2014 très loin dans le mépris de la réalité historique ? La mairie de Paris est sensible pour des raisons historiques, pour des questions de sensibilité de personnalités, aux idées des nombreuses associations, dont certaines ont de bonnes relations avec les élu-e-s. Les références au génocide juif sont nombreuses. Le détournement de la raison d’Etat pour protéger des complices de génocide, la politique de l’autruche, et la soumission à l’impunité et aux impératifs de l’armée française, n’est pas acceptable pour tout le monde. Il est finalement très simple d’être franc et honnête face au mensonge.

De nombreuses associations déposent également des gerbes. Une chorale de femmes rescapées chante. L’inauguration de la stèle est d’abord un moment de recueillement pour tout le monde et un moment de soulagement et de satisfaction historique pour les rescapés, même si ce n’est qu’une étape.

Source : http://regismarzin.blogspot.fr

 
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