jeudi, 23 novembre 2017
 

Déclaration finale de la Conférence de l’opposition plurielle tchadienne

Suite à la réunion de concertation de cadres de l’opposition tchadienne du 22 janvier 2011 et à la mise sur pied du Groupe Provisoire de Contact de l’Opposition tchadienne (GPCOT) chargé de l’organisation d’une rencontre ouverte à toute l’opposition tchadienne, il s’est tenu du 12 au 13 mars 2011 à Paris, la Conférence de l’opposition plurielle tchadienne

Elle a vu une participation massive et remarquablement diversifiée de cadres issus de la Société civile, des partis politiques, des mouvements politico-militaires ainsi que de personnes ressources.

Un discours d’introduction général a été délivré par le colonel Adoum Yacoub Kougou

Des responsables et membres de l’opposition ont intervenu depuis leurs pays de résidence, par Visio (général Mahamat NOURI ALLATCHI, Dr Ali GADAYE, M. Tom ERDIMI, M. Mahamat EGREYE)..,

Des représentants des forces démocratiques africaines, arabes et françaises y ont délivré des messages de solidarité à la lutte du peuple tchadien pour la démocratie dans leur pays (RCA, Cameroun, Libye, Comité de Soutien à Ibni Oumar Mahamat Saleh, Confédération étudiante de France, Association Survie).

La Conférence a rendu un hommage solennel à la mémoire de tous les martyrs des guerres et de la répression du régime en place au Tchad : combattants, sous officiers et officiers de la résistance nationale, militants des organisations des droits de l’homme, chefs de partis et de mouvements, cadres morts en exil.

Le GPCOT, dont la mission s’achevait normalement à l’ouverture des travaux, et dont le travail a été apprécié par l’assemblée a été reconduit par les participants pour diriger la Conférence jusqu’à son terme, mais en renforçant son effectif.

Les principaux thèmes débattus ont fait l’objet d’exposés introductifs de haute qualité (la situation politique générale ; les échecs des différents accords de paix ; la situation des Droits de l’homme).

Un bilan sans complaisance de la Résistance armée, sur les plans politique, économique et militaire a été fait. A l’issu des différents exposés, trois (3) commissions : *politique générale, *la lutte du peuple tchadien, *la communication ont été formées afin de faire des recommandations et propositions sur la relance de la lutte.

RESOLUTIONS DE LA CONFERENCE

Sur le plan international et compte tenu de l’actualité, la Conférence :

*Condamne fermement le soutien militaire du régime Déby Itno à son parrain Kadhafi dans les tentatives de liquidation du soulèvement populaire en Libye, ainsi que l’occupation de la région de Birao en RCA par les troupes débystes, en soutien à la dictature du général Bozizé ;

Sur le plan intérieur, la Conférence :

*Exprime sa préoccupation quant au sort du Colonel Adouma HASSABALLAH, Président de l’UFCD et 1er vice-président de l’UFR (détenu en Ethiopie depuis décembre 2010), des officiers et cadres emprisonnés au Tchad, dont la libération globale avait pourtant été annoncée, notamment, le colonel Mahamat Hamouda, ainsi que les cadres et officiers détenus arbitrairement au Soudan, dont M. Hassan Hemchi Tchawlaye et le colonel Mansour Youssouf Adam ;

* condamné le holdup de la récente élection législative au détriment de l’opposition démocratique.

* dénoncé les nouvelles manipulations de l’élection présidentielle d’avril prochain.

* exprimé sa solidarité avec les forces démocratiques de l’intérieur qui ont mis a nu les fraudes électorales.

*Exprime son indignation quant à la complaisance inadmissible de l’Union européenne à travers la mission d’observation des élections.

*condamne le blocage de l’alternance démocratique du essentiellement à la confiscation de l’État par le parti au pouvoir, d’une part et, de la faiblesse de l’opposition légalisée et les incohérences des mouvements politico-militaires, d’autre part ;

* dénonce les violations systématiques des droits de l’homme par le régime en place

*dénonce la dilapidation des revenus pétroliers par le clan au pouvoir au détriment de la masse des citoyens qui croupissent dans la misère,

*Rappelle que : - L’échec des multiples accords de paix, et de réconciliation est du aux violations successives et à la manque de volonté réelle du pouvoir en place,

- La destruction des tissus sociaux et nationaux, est la conséquence de la politique de manipulation des facteurs ethniques, communautaires et confessionnels par le pouvoir.

- Le drame de la jeunesse, victime du chômage et de la marginalisation est le résultat de l’absence d’une politique de développement responsable qui prend en compte cette force vive de la nation.

Face à ce constat les conférenciers ont réaffirmé la nécessité de relancer la lutte sous toutes ses formes pour un changement démocratique au Tchad, en tirant leçon des erreurs du passé.

I La lutte politico-militaire :

Tout en réaffirmant le droit des citoyens de résister à l’oppression et à la répression du pouvoir, selon le principe de la légitime défense reconnu par l’ONU et la Constitution de la République du Tchad, la Conférence a fait un bilan sans complaisance de l’échec de l’opposition politico-militaires et a lancé un appel aux directions des mouvements concernés, pour qu’ils assimilent les enseignements des ces déboires, créent une véritable organisation unifiée, avec une direction nationale unique et définissent un véritable plan de réconciliation nationale sur la base d’un programme politique répondant aux aspirations des masses populaires.

II La lutte des forces démocratiques légalisées :

La Conférence a salué le patriotisme et l’esprit de sacrifice des militants des droits de l’homme, des syndicalistes, des mouvements étudiants et des partis politiques qui luttent, à mains nues, contre la machine répressive d’un pouvoir qui ne connait aucune limite et ne respecte aucune règle.

Elle a dénoncé les faux-opposants manipulés sinon créés de toutes pièces par le pouvoir afin de légitimer les holdups électoraux.

Tout en ne se faisant aucune illusion sur une acceptation de l’alternance démocratique par le clan débyste, la Conférence soutient les efforts de partis politiques qui tentent de mettre à nu les fraudes électorales. Elle appelle en particulier les forces démocratiques de l’intérieur et de l’extérieur à soutenir les campagnes de dénonciation et de boycott des manipulations électorales par les partis de l’intérieur.

III. La nouvelle dynamique démocratique :

La situation au Tchad n’est pas identique à celle de la Tunisie, de l’Égypte et de la Libye. Cependant les soulèvements populaires historiques dans ces pays sont la preuve qu’aucune dictature ne peut se maintenir indéfiniment par la force et la corruption, ce qui constitue un grand réconfort moral pour tous les peuples africains et arabes.

La conférence a estimé qu’il faut INVENTER UNE NOUVELLE DYNAMIQUE DÉMOCRATIQUE entre les forces démocratiques légalisées, l’opposition extérieure et l’opposition politico-militaire, la Société Civile et favoriser des actions coordonnées et créer une large convergence de toutes les forces éprises de démocratie et de paix pour l’instauration d’un État de droit.

Pour atteindre ces objectifs, il a été mis en place : Un Organe de Coordination : le Conseil National pour le Changement et la Démocratie (CNCD),

La mission du CNCD est de :

*Rassembler les forces vives pour le changement pacifique, *Coordonner l’action diplomatique et médiatique, *Promouvoir la réconciliation nationale, la justice et le progrès, *Sensibiliser les forces de défense et de sécurité aux valeurs républicaines.

La conférence a procédé à l’élection des membres du CNCD, tout en recommandant l’association des autres cadres et sensibilités qui absents pour diverses, soient admis au CNCD soit en tant que Conseillers et Chargés de mission, soit dans des comités techniques, ou les branches géographiques du CNCD.

La composition actuelle du CNCD est la suivante :

- 1. Coordinatrice : Mme Annette LAOKOLÉ Yoram
- 2. 1er Coordinateur adjoint : Acheikh IBN-OUMAR
- 3. 2ème Coordinateur adjoint : Paul BÉHASSEM
- 4. Délégué aux Relations extérieures : Houlé DJONKAMLA
- 5. Délégué adjoint aux Relations extérieures : Abdelkérim YACOUB
- 6. Délégué à la communication : Mahamat ASSILECK HALATA
- 7. Délégué adjoint à la Communication : Mohamed Kebir
- 8. Trésorier : Jean PRIOU
- 9. Trésorier adjoint : Clément DJEBOM
- 10. Délégué à la Sensibilisation : Alio ABDOULAYE
- 11. Délégué adjoint à la Sensibilisation : Mode ASMENGAR
- 12. 1er Rapporteur : Ley NGARDIGAL
- 13. 2ème Rapporteur : Abakar ASSILECK HALATA

Conseillers (liste provisoire)

- Dr Abdelaziz KODOK
- Mahadi ALI
- Abdallah MOUSSA
- Albadour ACYL AHMAT
- Brahim HISSEINE
- Abdelmanane KHATAB
- Mahamat CHOUA

Fait à Paris le 15 mars 2011

Pour la Conférence de l’Opposition Plurielle Tchadienne

Le GPCOT

 
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