lundi, 11 décembre 2017
 

TCHAD, rencontre avec Céline Narmadji porte parole de la coalition « Trop c’est trop »

Article de Danielle Simonnet, Coordinatrice du parti de Gauche et de Pierre Boutry, responsable de la commission Afrique du Parti de Gauche.

Nous avons rencontré ce mardi 27 septembre Céline Narmadji, grande militante des droits de l’homme au Tchad et porte-parole de la coalition « Trop c’est trop » par le truchement d’Amnesty International qui l’accompagne en France.

Condamnée en avril dernier à quatre mois de prison avec sursis pour « incitation à un rassemblement non armé, troubles à l’ordre public et désobéissance à un ordre légitime », l’opposante a fait appel de sa condamnation et affiche plus que jamais son intention de faire tomber le président tchadien Idriss Déby qu’elle qualifie à juste titre de « dictateur ». Céline a été détenue trois semaines parmi les détenues de droit commun dans la sinistre prison d’Amsinéné où la survie dépend uniquement des secours apportés de l’extérieur. La protestation des mouvements de la société civile « Trop c’est trop » « Iyina-on est fatigué » « ça suffit » a continué contre le coup d’Etat électoral de Déby mais aussi contre la vie chère, les détournements au profit de son clan, le non-paiement des salaires des fonctionnaires et maintenant la suppression de leurs primes et celle des bourses des étudiants. Face à une opposition politique qu’elle juge compromise, inefficace et en grande partie corrompue, Céline Narmadji nous a raconté la mise en mouvement de la société civile, un récit d’une révolution citoyenne en marche.

Pour contrer la contestation citoyenne, Déby n’a eu de cesse que d’aggraver une répression sévère en n’hésitant pas également à susciter la création d’une société civile factice avec deux réseaux à sa main.

Céline a la ferme volonté de poursuivre la recherche de la vérité sur le sort d’une centaine de militaires tchadiens « disparus » pour avoir « mal » voté lors de la récente élection présidentielle ; en cela elle s’inscrit dans une longue série de luttes menées en utilisant les radios communautaires comme FM Libertés ou Jah FM pour toucher les populations rurales soumises aux manœuvres destructrices du régime. On peut citer la lutte paysanne des chefs de village contre l’implantation de mosquées dans les villages animistes et chrétiens du sud qui a mis un coup d’arrêt à cette tentative de déstabilisation menée par des non-tchadiens et avec des financements étrangers. On peut ensuite citer les luttes populaires contre les oppositions artificiellement créées par le régime entre éleveurs et agriculteurs qui conduit ces derniers à empoisonner leurs champs afin de ne pas laisser des troupeaux incontrôlés les envahir en avant-garde de mouvements de populations.

Céline nous a décrit enfin les voyages qu’elle est amenée à faire pour faire rédiger des cahiers de doléances aux villageois isolés afin qu’ils expriment leurs exigences en termes de biens communs à mettre en place (routes, forages hydrauliques, écoles etc…) aux politiques venus faire des promesses électorales et comment ils obtiennent ainsi des réalisations concrètes. Quelle belle démonstration politique si riche d’enseignements. Soutenons à travers cette femme forte et courageuse la résistance du peuple tchadien face au régime de Déby. Le Parti de gauche salue cette révolution citoyenne qui est en marche au Tchad et finira par triompher !

Source : http://afpafricaine.org

 
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