jeudi, 23 novembre 2017
 

CORNE DE L’AFRIQUE : La sécheresse en bref

NAIROBI - La Corne de l’Afrique fait face actuellement à ce qui est considéré comme la pire sécheresse depuis 60 ans et on estime que 12,4 millions de personnes ont besoin de nourriture de toute urgence.

Voici quelques faits et chiffres sur la crise alimentaire en cours :

Quand faut-il utiliser le mot "F" ? Quoique certains media aient décrit les crises alimentaires du Kenya et de l’Ouganda comme des famines, les Nations Unies disent que seules, cinq régions du sud de la Somalie [ http://www.irinnews.org/fr/ReportFr... ] ont atteint ce niveau. L’ONU utilise un système connu sous le nom de Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) [ http://www.ipcinfo.org/attachments/... ] , qui est un outil standardisé.

L’IPC utilise cinq phases pour classer les différents niveaux d’insécurité alimentaire :

* Niveau un - situation de sécurité alimentaire générale ;

* Niveau deux - situation d’insécurité alimentaire modérée/limitée ;

* Niveau trois - crise alimentaire aiguë et crise des moyens de subsistance ;

* Niveau quatre - situation d’urgence humanitaire : insuffisance grave de l’accès à l’alimentation, morts provoquées par la faim, malnutrition et épuisement irréversible des ressources animales ;

* Niveau cinq - famine ou catastrophe humanitaire : absence totale d’accès à l’alimentation, famine généralisée, mort et déplacement.

Selon le Programme alimentaire mondial de l’ONU (PAM), le Kenya est confronté à une urgence humanitaire mais n’est pas dans une phase de famine. Certaines parties du nord et nord-est de l’Ouganda [ http://reliefweb.int/sites/reliefwe... ] sont en phase deux. Une grande partie du sud de l’Ethiopie[ http://reliefweb.int/sites/reliefwe... ] est dans la phase d’urgence, tandis que les régions du centre et du nord du pays sont réparties entre les phase deux et trois.

Rétrospective - La Corne de l’Afrique a connu 42 sécheresses [ http://www.globalhumanitarianassist... ] depuis 1980, ce qui a affecté 109 millions de personnes ; cette expérience de la sécheresse a concerné 47 millions de personnes rien que dans la dernière décennie. La famine la plus célèbre a eu lieu en Ethiopie en 1984 : selon certaines estimations, le bilan aurait pu être d’un million de morts.

Une étonnante fertilité - La région somalienne de Basse-Shabelle, l’une des régions frappées par la famine, était traditionnellement le grenier du pays, sa principale zone de production de maïs. Dans le passé le pays produisait suffisamment de céréales pour satisfaire les besoins essentiels du marché. Cependant la combinaison des conflits, qui ont provoqué le déplacement de nombreux paysans et commerçants, et du manque de pluies dans les dernières années a fait chuter la production de façon dramatique. Ainsi, en 2010, malgré les bonnes pluies de la saison Gu (d’avril à juin), les céréales locales n’ont fourni que 40 pour cent [ http://www.fsnau.org/downloads/Soma... ] des besoins de la consommation nationale.

Charité bien ordonnée commence par soi-même - La majeure partie des 2,4 millions de dollars requis pour nourrir les victimes de la crise alimentaire doit venir des pays riches, mais les populations locales et la diaspora participent également. En une seule semaine, l’initiative Les Kenyans pour le Kenya a déjà réussi à obtenir des particuliers plus de 1,3 million de dollars, en utilisant des services de transfert d’argent [ http://www.irinnews.org/fr/ReportFr... ] et en acceptant des donations allant jusqu’à un minimum de 0,10 dollar. Le premier envoi de nourriture est parti de la capitale Nairobi, le 31 juillet.

Selon les rapports des médias, les envois de fonds en provenance de la diaspora vers les zones du sud du pays les plus durement touchées ont augmenté de 10 pour cent.

Nourrir les malnutris - Quand l’aide finit par les atteindre, beaucoup d’adultes et d’enfants ont besoin d’une alimentation thérapeutique pour retrouver leurs forces et reprendre un poids normal. Parmi les produits utilisés par le PAM [ http://fr.wfp.org/photos/gallery/le... ] pour améliorer les apports nutritionnels des victimes de la sécheresse, on trouve :

* Les denrées fortifiées : Des mélanges de céréales, de soja, de légumineuses, enrichis en vitamines et en minéraux. Ceux-ci sont en général mélangés à l’eau et cuits comme de la bouillie et fournissent environ 380 kilocalories pour 100 grammes. La denrée fortifiée la plus couramment utilisée est le mélange maïs-soja.

* Les aliments prêts à la consommation : Selon le PAM, ils sont mieux adaptés que les denrées fortifiées aux besoins nutritionnels des enfants jeunes et souffrant de malnutrition modérée. Utilisés principalement au cours des opérations d’aide d’urgence et destinés à être mangés en petites quantités comme complément d’un régime normal, les aliments prêts à la consommation comme le Plumpy’doz [ http://www.irinnews.org/report.aspx... ] contiennent du beurre de cacahuète, de la graisse végétale, du lait écrémé en poudre, du lactosérum et du sucre ; 100 grammes de ces aliments fournissent plus de 500 kilocalories.

* Les biscuits à haute teneur énergétique : Ces biscuits à base de blé, qui fournissent 450 kilocalories pour 100 grammes sont fortifiés avec des vitamines et des minéraux et sont généralement utilisés au tout début d’un programme alimentaire d’urgence, quand les moyens de faire la cuisine ne sont pas encore disponibles pour la plupart des gens.

* Sprinkles (poudre de micronutriments) : C’est une poudre sans saveur qui contient l’apport journalier recommandé de 16 vitamines et minéraux pour une personne. Elle peut être saupoudrée sur la nourriture préparée à la maison, après cuisson.

* Les barres alimentaires enrichies : A base de farine de blé cuite, de graisse végétale, de sucre, de protéine de soja concentrée et d’extrait de malt, ces barres sont utilisées dans les opérations de secours post catastrophes, quand la nourriture ne peut pas être distribuée ou préparée localement. Elles peuvent être consommées en barres, directement du paquet, ou écrasées dans de l’eau et mangées comme de la bouillie ; elles contiennent 250 kilocalories et 8,1 grammes de protéines par barre de 56 grammes.

Source : http://www.irinnews.org

 
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