jeudi, 15 novembre 2018
 

"A propos des souffrances des populations clandestines à Djibouti"

Coup de gueule de l’équipe LTL contre l’oublie de la LDDH à propos des souffrances des populations clandestines à Djibouti

Nul n’éprouve la joie de quitter sa patrie, quand les guerres et la misère font rages. Tous les êtres qui ont fui leur pays par contrainte, doivent trouver protection et sécurité. Fermer les yeux, c’est contribuer à leurs souffrances.

L’équipe LTL

Depuis plusieurs années, les guerres civiles et la pauvreté ont poussé des milliers des femmes et d’enfants Ethiopiens et Somaliens sur le chemin de l’exil à Djibouti.

Une aubaine pour la petite bourgeoisie sans mérite, qui du coup, exploite ce filant qui tombe à pic pour le bien être des épouses, partisanes du moindre petit effort.

Pourtant, l’article 4 de la Déclaration des Droits de l’Homme est bien clair : "Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude. L’esclavage et la traite des esclaves sont interdites sous toutes leurs formes". Mais à Djibouti, les lois et les régles n’ont aucun sens.

Au 21ème siècle, existe à Djibouti, des milliers des femmes et jeunes filles qui sont tenues en situation d’esclavage domestique et de servitude. Cet esclavage moderne, touche principalement des jeunes femmes et des jeunes garçons qui sont souvent exposés à des conditions et amplitude de travail inhumaines.

Ces victimes viennent en général des pays limitrophes, en espérant trouver une vie meilleure à Djibouti. Il est très difficile d’estimer le nombre de ces victimes même si cette pratique esclavagiste se déroule au grand jour dans la majorité des foyers des nababs, dont certains en possèdent même entre 2 et 3 « bonnes » comme on les appelle.

Par exemple pour une femme de ménage, avec les pénibilités qu’elle subit au quotidien dans ses tâches ménagères, notamment quand elle fait une lessive à la main pour un foyer de 5 personnes au minimum, elle travaille sans répit 7 jours/7, de 5h30 du matin jusqu’à 21h le soir, parfois plus, pour un salaire moyen d’environ 40 euros mensuel. Souvent héberger par leurs bourreaux, ces esclaves dorment à même le sol sous la véranda et n’ont droit à aucun confort, comme avoir à la ventilation en période de forte chaleur.

Pour les hommes et jeunes garçons, ils sont très souvent employés comme gardiens des villas de la petite bourgeoisie bédouine. Souvent traités comme des chiens de garde, ils doivent veiller nuit et jour à la sécurité de la maison. Ils travaillent 7jr/7, 24h/24h, sans droit à des vacances pour un revenu de 40 euros mensuel. Ils n’ont ni le droit d’entrer dans la maison, ni à l’intimité et doivent attendre que tout le monde mange pour se satisfaire du reste.

Il s’agit là d’une population très vulnérable et clandestine, ignorant souvent les droits fondamentaux garantis dans notre pays et par les traités universels. Ces personnes sont des proies faciles à exploiter par leurs bourreaux sans scrupules et surtout par le SDS qui les fait travaillé à son compte. Ils n’ont droit ni à la protection sociale ni à la retraite et ne sont pas déclarés. Dans ces crimes, visiblement les défenseurs de droits humains n’en ont cure.

Existe-il à Djibouti une lutte à 2 vitesses pour la justice défendue par la LDDH ? Celle des certains et celle qui donne lieu à un silence assourdissant de son défenseur sur le cas des milliers des femmes et jeunes filles clandestines en situation d’esclavage domestique et en servitude ?

C’est vraiment à ne rien comprendre. Malgré que nous reconnaissons le travail incontestable que fournit chaque jour la LDDH à Djibouti sur la question des droits, l’équipe LTL regrette que cette lutte pour la justice soit uniquement axée sur le domaine politique et de la défense des partis de l’UAD, comme souvent évoqué dans les communiqué de l’organisation, qui risque de rendre tendancieux son engagement, plutôt que d’appliquer toute la dimension dans sa lutte pour la justice comme stipuler dans son statut.

N’y a t-il pas d’autres souffrances humaines commises à Djibouti, principalement sur les clandestins ? Celles que tout le monde cachent, parce que nous y trouvons notre compte ? Pour exemple sur le travail des enfants de la rue. Sur celle des adultes employés sans être déclarés et souvent pas payés ? Sur la traite de jeunes filles contraintes de se prostituer ? Sur ces femmes, esclaves domestiques en servitude, sans droits ni protection ? Sur le droit des citoyens homosexuels, une question que l’équipe a interpellé la LDDH, il y a plus de 2 mois, mais toujours aucune réponse ? Sur le sort des clandestins exploités par la Force Nationale de Police, comme laveurs de voitures dans les brigades, ou comme gardiens chez les officiers ? Sur les viols des jeunes filles clandestines dans les commissariats de police ?

Mais après tout, ce ne sont que des clandestins. Leur sort n’aura aucune retombée médiatique.

L’équipe LTL

Source : http://la.tribune.libre.de.djibouti...

 
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