mardi, 21 novembre 2017
 

Djibouti : Guelleh plie devant Halima : la résistance et la solidarité payent !

Ismail Omar Guelleh se comporte comme un preneur d’otage ! Faute de pouvoir interpeller Mohamed Keiro qui a rejoint les rangs du FRUD (Front pour la restauration de l’unité et de la démocratie), les autorités se sont acharnées sur son épouse Halima Bil’a (35 ans), l’ont fait arrêter avec ses quatre enfants le 17 avril à Medeho (Mablas) par les forces de sécurité sur ordre du responsable de la Sécurité de la région Nord de Djibouti. Halima, malade, et ses enfants âgés de un à neuf ans, ont été détenus, d’abord dans l’enceinte d’un camp de police à Djibouti-ville avant d’être transférés, le 5 juin, à la prison de Nagade dont les mauvaises conditions de détention (notamment son hygiène déplorable) sont réputées. Selon l’ORDHD (Observatoire pour le respect des droits humains à Djibouti), « en temps de guerre, ce type de pression sur des populations civiles relève du crime de guerre. Et si Djibouti n’est pas en guerre, les autorités ne peuvent retenir sous les verrous des personnes proches (encore moins des mineurs) d’un suspect sans qu’elles se soient vu signifier les accusations portées contre elles » (22 juillet). L’emprisonnement de Halima était arbitraire : elle n’a été inculpée d’aucune infraction et n’a à aucun moment eu accès à un avocat. Le 2 août, Halima et ses enfants ont été transférés dans un camp de police d’Obock, où les conditions de détention sont moins dures qu’à la prison de Nagade. En fait, le pouvoir était contraint de reculer car, d’un côté, le FRUD grignotait du terrain et, de l’autre, la campagne (impliquant Femmes solidaires, l’AFASPA, ORDHD et Les Nouvelles d’Addis mais aussi l’Organisation mondiale contre la Torture (OMCT) et la Ligue internationale des femmes pour la Paix et la Liberté, Afriques en lutte etc.) pour dénoncer l’emprisonnement arbitraire d’Halima et de ses enfants battait son plein depuis juillet. Le 19 août, Halima et ses enfants étaient libérés. En fait, les soldats de Guelleh ratissent depuis longtemps les régions montagneuses de Margoïta, Mablas, Bouya, (Districts d’Obock et de Tadjourah), zone très stratégique aux confins des trois frontières Erythrée/Ethiopie/Djibouti et abritant des éléments du FRUD : arrestations arbitraires, tortures, exécutions extra-judiciaires et exactions diverses pour terroriser des civils dont le seul tort est d’habiter une région rebelle. Dans le district d’Obock, où la population et des notables ont manifesté avec courage devant le commissariat pour réclamer la libération de civils, l’armée impose, depuis le 12 juillet, le rationnement de denrées de première nécessité (farine, sucre, riz etc.) : l’opération est directement coordonnée par le président de la République, Guelleh, lui-même. On ne lâche pas. La mobilisation a fait reculer le pouvoir dans le « cas Halima » de violation des Droits humains. La mobilisation aura aussi à faire condamner la répression contre les civils, faire libérer les personnes arrêtées arbitrairement, exiger sanctions contre les militaires coupables d’exactions contre des civils… et faire vite que Mohamed Ahmed dit Jabha, militant politique, détenu à la prison de Gabode et torturé, ait accès aux soins et à un procès juste et rapide.

Pierre Sidy

 
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