mardi, 24 octobre 2017
 

Djibouti : IOG, le viol des femmes et le viol de la démocratie

Ismaël Omar Guelleh cumule à ce jour 17 ans de pouvoir présidentiel qui viennent compléter 22 ans de pouvoir sur les services de police et de sécurité en sa qualité de chef de cabinet du président Hassan Gouled depuis 1977. Malgré une croissance économique de 6% le taux de chômage avoisine les 60% et la population ne bénéficie aucunement des revenus générés par les bases militaires étrangères présentes en nombre sur le territoire. Cela ne l’empêche aucunement de proclamer sa victoire à l’élection présidentielle du 8 avril 2016 avec une abstention réelle très forte et avec un score de 86,68 % qui ne trompe personne.

États-Unis et France n’ont pas souhaité féliciter IOG dès lors que ce dernier a non seulement modifié sa constitution pour pouvoir se présenter une 4e fois mais a aussi rejeté l’offre de l’Union européenne de dépêcher une mission d’experts pour superviser le processus électoral.

Les conclusions préliminaires du 11 avril de la Mission d’observation de l’Union africaine (UA) pointent les irrégularités du processus électoral en particulier l’absence de procès-verbaux par bureau, la centralisation des résultats au ministère de l’intérieur en l’absence de CENI véritable, ce qui n’a pas empêché l’Union Africaine de juger crédible l’élection d’IOG.

L’opposition regroupée dans l’Union pour le Salut National, tout en étant partagée entre partisans ou non du boycott, a présenté un candidat Mr Omar Elmi Khaireh contrairement à ce que des media français ont bien voulu faire accroire. Il est arrivé en deuxième position avec 7,32% des voix en dépit des manipulations du processus électoral.

Pendant ce temps une grève de la faim était observée à Paris pendant plusieurs semaines par dix femmes djiboutiennes en lutte contre l’impunité des viols perpétrés sur des centaines de femmes afar par l’armée gouvernementale. Ces femmes courageuses et déterminées ont révélé à la face du monde le viol comme arme de guerre, un autre visage méprisable du tyran IOG, qui ne doit toutefois pas faire oublier la pratique régulière du viol dans les commissariats des femmes djiboutiennes pauvres et des femmes éthiopiennes et somaliennes qui ont fui la misère dans leur pays d’origine.

Le Parti de gauche soutient la lutte des femmes djiboutiennes contre les violences qui leur sont faites par ce régime honni et exige que le gouvernement français intervienne fermement auprès des autorités djiboutiennes afin qu’elles respectent les conditions d’une vie politique démocratique.

 
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