jeudi, 23 novembre 2017
 

Djibouti : La répression, les arrestations et les détentions arbitraires ne sont pas des solutions politiques …

Article 10 : Toute personne privée de sa liberté est traitée avec humanité et avec le respect de la dignité inhérente à la personne humaine. (Pacte de 1966 sur les Droits civils et politiques)

Article 6 : Tout individu a droit à la liberté et à la sécurité de sa personne. Nul ne peut être privé de sa liberté sauf pour des motifs et dans des conditions préalablement déterminées par la loi ; en particulier nul ne peut être arrêté ou détenu arbitrairement. (Charte africaine des droits de l’homme et des peuples)

Article 10 : La personne humaine est sacrée. L’État a l’obligation de la respecter et de la protéger. Tous les êtres humains sont égaux devant la loi. Tout individu a droit à la vie, à la liberté, à la sécurité et à l’intégrité de sa personne (…). (Constitution djiboutienne)

1. Des multiples arrestations ont été procédées par la police le 1er mai

Le jeudi 1er mai 2014 en marge de la fête du travail la police a effectué des arrestations sur le lieu des manifestations au centre ville et ailleurs dans la capitale. Aussitôt, tous ont été placés en détention au centre de transit de Nagad. Toutefois, si toutes les femmes ont été relaxées en début de soirée ce 1er mai. Les hommes sont restés en détention à Nagad jusqu’à ce samedi 3 mai 2014 vers 16h30. Parmi les hommes arrêtés ce 1er mai se trouvaient :

•Kadar Abdi Ibrahim, professeur à l’Université, candidat à députation sur la liste USN et membre dirigeant de l’USN,

•Maydane Okieh, journaliste à la Voix de Djibouti,

•Farah Ofleh, professeur des collèges et cadre de l’USN,

•Yacin Moussa Ahmed dit Garaudy, Abdi Doubad Darar, Idriss Barreh Abdillahi et Mohamed Farah Bouh dit sahal, tous militants de l’USN,

2. Des nombreuses arrestations le vendredi 2 mai 2014

La police avait garé des camions à la sortie de certaines mosquées. C’est ainsi qu’à la mosquée Rahma de Gachamaleh on embarquait les femmes, les hommes et les jeunes sans distinction. Environ plus de 70 personnes seraient arrêtées qui ont été aussitôt placés en détention à Nagad, centre de transit pour les étrangers en situation irrégulière. Parmi les personnes arrêtées le vendredi 2 mai se trouvaient :

•Saada Ahmed Houssein, professeur de sciences physiques, proviseur-ajointe au Lycée de Djibouti mise à l’écart depuis fevrier2013, cadre de l’USN et candidate à la députation sur la liste USN,

•Saada Abdi, épouse de cheikh Abdourahman Barkat God qui est détenu depuis plus de 14 mois à la prison centrale de Gabode

3. Centre de transit de Nagad

Nous avons appris que tous ont été relâchés ce samedi vers 16h30. Des militants, des simples citoyens, des mères de famille, des étudiants sans engagement politique ont été arrêtés le vendredi 2 mai. Ni avocat, ni médecin, ni familles n’ont pu entrer en contact avec eux. Ils étaient tous détenus dans des conditions inhumaines et humiliantes dans des cellules où la chaleur en ce début de la saison chaude met à rude épreuve le corps humain. D’ailleurs, pour dénoncer ces conditions de détention exécrable et leurs arrestations illégales tous les hommes avaient entamé une grève de la faim depuis vendredi soir.

Quel est le statut juridique du Centre de transit de Nagad qui n’est ni un commissariat de police ni une brigade de gendarmerie ? D’ailleurs, la détention des citoyens djiboutiens dans ce centre devenu un « déversoir » pose un réel problème juridique. Pour rappel, la vocation de ce centre était un centre de transit pour les étrangers en situation irrégulière.

Comme il est dit dans le préambule de la déclaration des droits de l’Homme, il est essentiel que les droits de l’homme soient protégés par un régime de droit pour que l’homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression.

L’ODDH appelle une fois encore au pouvoir public :

•A se conformer aux dispositions constitutionnelles relatives à la protection des citoyens, au respect des libertés fondamentales, à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, au Pacte international relatif aux droits civils et politiques ainsi qu’à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

•A la libération sans conditions de tous les prisonniers politiques, à la cessation des poursuites et des harcèlements aux sympathisants, aux militants de l’opposition mais aussi aux associations et aux citoyens considérés à tort ou à raison comme proche de l’opposition,

•A l’ouverture d’un dialogue politique respectueux et équitable pour sortir de la crise sans précédent.

•A la mise en place des reformes démocratiques pour poser les jalons d’un véritable Etat de droit.

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Agir pour la démocratie, la dignité et la justice.

Le Président de l’ODDH

Farah Abdillahi Miguil

 
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