dimanche, 24 mars 2019
 

Djibouti : Le calvaire de la population d’As-Eyla et de sa région GOBAAD

Communiqué de presse des chefs coutumiers et de notables de la région de Dikhil pour dénoncer la malgouvernance et la discrimination de leur région et lance un appel à la communauté internationale.

La population rurale de GOBAAD en générale et celle d’As-Eyla en particulier se retrouve condamnée à une vie précaire voire la famine. Et cela du fait d’un chômage chronique qui avoisine les 90% dans la région qui a une population très dense estimée environ plus de 50.000,

Cette population survivait grâce à son cheptel, qui se décime d’année en année du fait de sécheresses récurrentes, mais aussi et également d’une agriculture artisanale et saisonnière et de la vente des charbons dont les produits étaient écoulés à Djibouti moyennant des revenus très modestes qui leur permettaient de subsister tant bien que mal.

Il y a également les problèmes d’approvisionnement en eau potable que les femmes doivent aller chercher jusqu’à 5 Km de leurs villages et qui, lorsqu’elles sont enceintes provoquent des fausses couches. En outre, compte tenu qu’il n’y a pas d’électricité, la ville d’As-Eyla est plongée dans l’obscurité, à partir du crépuscule..

Il n’y a par ailleurs aucune ambulance à la disposition de la population d’As-Eyla et de sa région. Le Dispensaire dont le personnel est insuffisant voire symbolique pour toute cette population est également dépourvu de médicaments aussi bien pour soigner les maladies que pour effectuer des soins d’urgence ou de première nécessité.

En ce qui concerne l’aide alimentaire octroyée par le Programme Alimentaire Mondiale (PAM). une bonne partie de la population nomade de GOBAAD ne bénéficie pas du tout des dotations alimentaires depuis plusieurs années : ces secteurs sont entre autres DAGALE, AFAHTOU, GALAATO LE ELA, KADA DALA, soit 4 secteurs sur 8 points de distribution, sous prétexte que cette population se trouve hors de l’emplacement de vote. Pourtant, certains habitent à moins de 100 m d’un bureau de vote. Alors, pourquoi ces pauvres gens sont exclus de l’aide humanitaire ?

Actuellement l’agriculture saisonnière devient difficilement productive et n’est guère rentable, ne rapportant presque rien. Quant à la vente du charbon et d’autres tentatives commerciales : elles ont tous été interdites par les autorités politiques du pays qui entendent par cette oppression évidente affamer la population pour les soumettre à leurs desiderata en vu de les exploiter davantage.

As-Eyla et sa région serait ainsi délibérément mis sous embargo qui leur est particulièrement destiné. Aujourd’hui dans la région de GOBAAD, les enfants souffrent de malnutrition et les femmes comme les hommes sont sous-alimentés ; ce qui fait que les maladies de toutes sortes prolifèrent entraînant beaucoup de perte de vie considérée par la majeure partie de la population à forte densité rurale comme une fatalité et non comme une conséquence d’une politique sournoise de privation orchestrée par un régime clanique.

Toute la population dénonce et condamne cette politique de terre brûlée que le régime leur fait subir.

Comment se fait-il que les « élus » politiques de la région qui sont censés représenter ne bronchent-ils pas face à ce constat ou l’acceptent-ils en étant complices pour sauvegarder leur pouvoir politique personnel ?

En conséquence, la population d’As-Eyla et sa région GOBAAD lance un SOS à la communauté internationale par la biais de leurs chancelleries à Djibouti afin de leur venir en aide et si possible leur accorder une aide d’urgence notamment sur le plan de l’alimentation, des soins, de l’éducation et des infrastructures de base qui lui font défaut à cause de cette exclusion dont elle fait l’objet au sein de la nation Djiboutienne.

source : http://www.ardhd.org

 
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