jeudi, 21 mars 2019
 

Djibouti : Le dictateur Guelleh s’offre un « nouvel » avion avec les deniers publics

Comme nous l’écrivions hier dans nos Infos express, au cœur du problème du dictateur Guelleh avec le FMI, se trouve notamment le financement du « nouvel » avion dit présidentiel. Nous mettons « nouvel » entre guillemets car il ne s’agit pas d’un appareil flambant neuf mais d’un aéronef vieux de presque 25 ans. C’est un boeing 767-216 ER qui compte 181 places et dispose d’une autonomie de 12000 km. C’est un très long courrier construit pour couvrir de très longues distances sans escale. Selon le compte rendu de la mission du FMI qui a séjourné à Djibouti du 10 au 24 octobre 2011, cet appareil a été acheté pour la première fois à Boeing par LAN Chile en 1986. Il a, depuis lors, changé de propriétaire 7 fois. Parmi ses anciens propriétaires, figure la présidence de la République du Cameroun tenue d’une main de fer depuis des années par un certain Paul Biya. C’est à bord de cet avion baptisé Albatros par le régime camerounais que Paul Biya a frôlé l’accident en avril 2004, événement qui s’est traduit par une enquête et une opération dite anti-corruption baptisée Épervier au Cameroun. Ce sont notamment des malversations dans le budget de la maintenance d’Albatros qui ont entraîné l’accident manqué.

Le dictateur Biya s’en étant débarrassé, c’est son homologue Guelleh qui a fini par hériter d’Albatros. Le dictateur djiboutien a montré au monde cet appareil en décembre 2010 lors de son voyage officiel au Japon. Comment l’a-t-il payé ? Avec quel argent public ? En tout cas, ce n’est pas la revente du vieillissant boeing 727-191 dit présidentiel qui lui a permis de faire cette acquisition aussi inopportune que sur-dimensionnée.

Inopportune, car Djibouti est un pays pauvre, situation que du reste Guelleh exploite à fond pour tendre la main au monde entier et détourner dons et prêts. Le FMI est bien placé pour le savoir : c’est sous l’appellation de « Facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance (FRPC) » qu’il a accordé le financement en question le 18 septembre 2008, appellation changée en « Facilité élargie de crédit (FEC) » dans le courant de 2010. Et s’il y avait preuve de bonne gestion chez Guelleh, une facilité supplémentaire de 7,5 millions de dollars au titre de la sécheresse serait débloquée. L’on ne se demandera jamais assez comment le chef d’un État dont la population a très majoritairement faim et soif, sans compter les autres problèmes (santé, éducation, emploi, etc.), peut oser s’offrir un avion VIP pour son confort personnel et familial. Le dictateur Guelleh ne voit-il pas, par exemple, que son ami Meles Zenawi d’Éthiopie se déplace en avion de ligne lors de ses visites d’État ?

Acquisition inopportune mais aussi sur-dimensionnée car le 767-216 ER est bien plus couteux que le précédent à la fois en termes d’achat, d’entretien et d’utilisation. L’appareil est d’ailleurs opéré, aux frais de l’État djiboutien, par la société de services aéronautiques Aeronexus Technical basée à Johannesburg en Afrique du Sud.

Alors, se sachant en faute et craignant le regard de l’institution sur ses pratiques de prédation plus que condamnables, Guelleh ne trouve pas mieux que la rétention d’information, ce qui ne fait qu’aggraver l’incompréhension et la colère du FMI.

Le peuple djiboutien mérite mieux que ce dictato-prédateur, ce que doit enfin comprendre la communauté internationale. A suivre.

Source : http://la.tribune.libre.de.djibouti...

1 commentaire
  • Ismael omar guelleh a fait beaucoup de bonne chose pour notre pays. Mai en realite il y a beaucoup de chose qu on pourait pas savoir sur lui. Si cela est une realite il est vraiment vraiment tres mauvais qu un president d un tout petit pays pauvre en afrique de l est puisse achete un avion de ce genre. Nous avons pas encore le moyen, nous pouvons pas nous permettre a ce mettre a ces stade et nous seront jamai d accord que notre president fait cela
    En revanche je soutiens quelque fois la vision politique d iog.

 
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