lundi, 16 juillet 2018
 

Sur les conditions des Travailleurs Djiboutiens

En vertu de ses prérogatives en matière des droits sociaux, la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) s’est penchée sur les conditions des Travailleurs Djiboutiens à l’occasion de la Fête du Travail 1er MAI 2018. Notre constat est plus qu’alarmant !!!

Le syndicalisme libre a disparu depuis la répression des années 1995-1996 et les travailleurs djiboutiens constituent des proies faciles tant pour les Pouvoirs Publics que pour les Privés.

La répression continue toujours à l’égard de tout syndicaliste échappant au contrôle des Pouvoirs Publics et cette situation répressive a engendré une profonde peur au sein des travailleurs et les activités des syndicats de base et des centrales syndicales ont sombré dans la léthargie. La République de Djibouti a la fâcheuse habitude de signer et d’adhérer à toutes les conventions internationales qui ne sont jamais appliquées sur le plan national.

L’arrivée de l’opérateur Chinois aux Ports de Djibouti a tout bouleversé car toutes les agences manutentionnaires de la Place ont licencié un nombre impressionnant des travailleurs. La raison invoquée est la contrainte imposée par les Chinois qui ne leur laisseraient aucune marge pour garder ces travailleurs !

Donc de la brume aux Ports de Djibouti !!!

La Fonction Publique n’a pas organisé des élections paritaires depuis 20 années mais elle est prompte à valider des mises à l’écart suivies des suspensions salariales pour des durées indéterminées.

Le tribalisme a remplacé la compétence dans la Fonction Publique ce qui sera préjudiciable à l’avenir pour l’Education et la Santé. Des licenciements abusifs, le clientélisme et le tribalisme sont les maux administrés aux travailleurs djiboutiens dépourvus de toute couverture syndicale.

Les « clowns syndicalistes » constituent devant les Instances Internationales des alibis des Pouvoirs Publics pour court-circuiter les rares syndicalistes authentiques restés dans le pays car l’exil fut la voie choisie pour la majorité des vrais syndicalistes. Les seules activités de ces « clowns syndicalistes » consistent à accompagner les officiels dans les réunions internationales pour faire croire à l’extérieur que tout va à merveille à Djibouti. Ainsi ces « clowns » rivalisent pour cultiver la proximité avec les Pouvoirs Publics et organisent la Fête du Travail du 1er MAI avec des fonds alloués par la Présidence de la République.

Une fête sans aucune participation des travailleurs.

La défense des travailleurs n’étant les moindres de leur souci. Il va sans dire que la Fête du travail du 1er MAI n’a aucun sens à Djibouti car les Pouvoirs Publics en ont pris le contrôle et les acteurs mise en scène ne sont autres que des « clowns » attitrés pour la circonstance.

Le chômage de la jeunesse atteint des sommets et le taux de croissance de 7% claironné par le Pouvoir en place à Djibouti n’a aucun impact positif sur le chômage de la jeunesse qui s’alourdit chaque jour davantage. En ce qui concerne les retraités l’âge pour y prétendre n’est guère respectée et souvent elle se situe au dessus de 60 ans.

Les syndicalistes licenciés dans les années 1995/96 ne sont ni réintégrés, ni indemnisés malgré les promesses des Pouvoirs Publics devant les instances internationales.

La fin de constat est révélatrice de l’état d’esprit à Djibouti : Un syndicat de base a soumis le Procès-verbal de son Assemblée Générale et la demande de récépissé relative a la suite du renouvellement de sa direction au Ministère du Travail et il leur a été répondu que seul le Président de la République délivre le récépissé en question.

Sachez désormais que seul le Chef de l’ETAT a cette nouvelle charge. Les salaires stagnent ou reculent depuis 20 années alors que les prix des denrées des premières nécessites augmentent et ainsi la misère des travailleurs s’accentuent chaque jour sans troubler le sommeil de nos gouvernants.

A Djibouti, on travaille mais on est pauvre.

Le Président de la LDDH

Omar Ali Ewado

 
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