mercredi, 16 octobre 2019
 

Synthèse du forum de l’opposition djiboutienne

La première conférence de l’opposition djiboutienne de Londres s’est tenue samedi 20 novembre 2010 de 15 h à 20 h à l’appel de l’Union pour l’Alternance démocratique (UAD).

L’UAD, la coalition de l’opposition djiboutienne à l’initiative de la conférence, a organisé la séance publique autour de nombreux représentants de formations de l’opposition djiboutienne, d’associations et de personnalités de la société civile.

Les trois formations politiques membres de l’UAD étaient présentes : l’Alliance républicaine pour le développement (ARD), le Mouvement pour le renouveau démocratique et le développement (MRD) et l’Union pour la démocratie et la justice (UDJ).

L’ARD était représentée par son Vice-président Mahdi Ibrahim God, son représentant en Europe, Maki Houmedgaba et son représentant en France, Hamad Daoud. Le MRD était représenté par son président Daher Ahmed Farah et par le président du Comité du MRD en Belgique, Abdoulfatah Omar Osman, ainsi que par le trésorier de ce comité, Mohamed Ali Bobeh. L’Union pour la Démocratie et la Justice (UDJ) par Monsieur Yonis Houssein Chireh, son représentant en Grande Bretagne.

Extérieurs à l’UAD, le Front pour la restauration de l’unité et de la démocratie (FRUD) était représenté par Monsieur Ali Chehem, représentant du FRUD en Amérique du Nord, tandis que le mouvement Uguta-Toosa était représenté par son président, Monsieur Ali Coubba.

L’Association pour la démocratie et le développement (ADD) a adressé un message à la conférence, l’Association pour le respect des droits de l’homme à Djibouti (ARDHD) lui a exprimé son soutien, alors que le Congrès pour la démocratie et la solidarité (CDS) était représenté par Monsieur Moustapha Khaireh.

Enfin, de nombreuses personnalités de la vie civile et politique de la société djiboutienne avaient fait le déplacement, notamment Messieurs Abdourahman Boreh, Mohamed M. Aïnaché (le médiateur du forum), Mohamed Doubad Waïss, porte-parole de l’Intersyndicale UDT/UGTD, ainsi que Madame Saïda Barreh, représentante du PND en Europe.

La conférence de Londres, co-présidée par Messieurs Mahdi Ibrahim God et Daher Ahmed Farah, a été l’occasion de réunir toute l’opposition djiboutienne de l’étranger et de délivrer un discours reflétant l’ensemble des points de vue de la société djiboutienne en butte à un désarroi profond dû à une situation dramatique à tous points de vue.

Il s’agissait notamment de mobiliser la diaspora afin qu’elle soutienne la mobilisation pacifique en cours dans le pays sous la direction de l’UAD.

Les thèmes retenus étaient :

1) NON AU 3ÈME MANDAT ET AU VIOL DE LA CONSTITUTION ;

2) DES REFORMES DEMOCRATIQUES, Y COMPRIS DES ELECTIONS LIBRES, TRANSPARENTES ;

3) DEBAT : DJIBOUTI : QUEL AVENIR AVEC UNE DICTATURE ET DANS UNE REGION TROUBLEE ?

INTERVENTIONS

1. Mahdi Ibrahim a ouvert le forum pour rappeler brièvement à l’assistance la situation qui prévaut dans le pays et le risque de voir la pérennisation de la dictature qui d’ores et déjà a modifié et violé la Constitution de la manière la plus antidémocratique. Il a précisé qu’il appartenait à tous les Djiboutiens où qu’ils se trouvent de rejeter ce régime par tous les moyens pacifiques et sauver son Peuple du désastre causé par 12 ans de répression et de corruption jamais égalées depuis l’indépendance. Il a réitéré l’importance de ce forum dont les 3 thèmes retenus consistent à ouvrir un débat sincère avec les responsables politiques et de la société civile en vue de dégager ensemble les moyens indispensables pour accompagner la mobilisation forte en cours à Djibouti sous l’égide de l’Union pour l’Alternance Démocratique.

2. Daher Ahmed Farah a précisé que la menace est réelle et que le régime s’octroie le droit de vie et de mort sur notre population appauvrie et en proie à la malnutrition frappant aujourd’hui une frange importante tant à l’intérieur du pays que dans la Capitale. Il a ajouté que la situation politique est des plus dangereuses pour l’avenir et que le risque était grand tant la dictature bafoue le peu de libertés sans respect des lois et textes en vigueur. Il a insisté sur l’impérieuse action des Djiboutiens en faveur d’une réelle démocratie avec des réformes ouvrant la voie à une indispensable transparence électorale telle que l’Union pour l’Alternance Démocratique l’a posée depuis 2003 et à un Etat national. Il a terminé son intervention en insistant sur le fait qu’il n’y avait aucun miracle à attendre d’une quelconque intervention extérieure : seule notre action déterminée et unitaire nous sauvera !

3. Le représentant de l’UDJ, M. Yonis Houssein, a salué le courage des membres de l’UAD pour leurs sacrifices et leur engagement. Il a exigé de l’assistance qu’elle apporte son soutien le plus total à la mobilisation en cours dans le pays pour empêcher le dictateur de se représenter.

4. Le représentant du mouvement syndical, M. Mohamed Doubad Waïss, a rappelé que les multiples condamnations internationales (OIT, BIT, CISL, etc.) sont restées sans effet sur l’intransigeance du régime djiboutien et que les travailleurs se doivent d’être à la hauteur pour accompagner la mobilisation générale dans le pays.

5. Les organisations œuvrant pour la défense des droits de l’homme (ADD et CDS) ont réitéré leur indéfectible soutien aux efforts des démocrates Djiboutiens pour sauver le pays.

6. Le Président du mouvement Uguta/Toosa, M. Ali Coubba, tout en soutenant la démarche de l’UAD, a souhaité que celle-ci s’ouvre à toutes les organisations et personnalités politiques œuvrant sérieusement à l’avènement de la démocratie.

7. M. Mohamed M. Aînaché a souligné la difficulté d’être opposant à Djibouti et appelé l’assistance à remplir son devoir citoyen en s’impliquant davantage dans la lutte contre cette dictature féroce qu’elle est censée avoir fuie.

8. Du fait de sa trajectoire atypique, M. Abdourahman Boreh a particulièrement retenu l’attention de l’assistance désireuse de comprendre les raisons et la solidité de son engagement aux côté des forces de l’opposition. Il s’est prêté volontiers à cet exercice et a précisé que son implication a commencé dès lors que le dictateur a lancé le viol de la Constitution.

Il a réaffirmé sa candidature à la présidentielle de 2011 et a défié Ismaël Omar de recueillir plus de 3% en cas de réelle transparence électorale. Enfin, il a rappelé qu’Ismaël Omar avait mis au chômage plus de 3000 travailleurs de ses entreprises et fermé plusieurs chantiers, ruinant ainsi le peu de confiance des investisseurs étrangers dans notre économie.

9. S’étant invitée en dernière minute, la représentante du PND en Europe, Mme Saïda Barreh, a lu un message selon lequel le président de son parti était désormais dans l’opposition et que l’unité était indispensable pour mettre fin à la dictature.

10. M. Ali Chehem, délégué du mouvement politico-militaire FRUD, a justement rappelé tout ce que les quelques avancées démocratiques devaient à la lutte armée (relayée à l’intérieur par l’opposition pacifique) et déclaré que son mouvement appelle encore à une unité des forces patriotiques autour d’une plateforme commune.

Du débat général qui s’est ensuite instauré sous la conduite du modérateur Aînaché, trois idées-forces se sont dégagées :

1) Le non au viol de la Constitution comme au troisième mandat et le soutien à la mobilisation pacifique de l’UAD car c’est la dernière chance d’épargner à notre pays un nouveau conflit civil aux conséquences incalculables,

2) L’impérieuse nécessité des réformes démocratiques et le refus de toute compétition électorale dans les conditions actuelles, c’est-à-dire sans l’instauration du cadre exigé par l’UAD

3) Le parachèvement de l’indispensable unité d’action de l’opposition autour d’un projet démocratique fédérateur.

Pour l’UAD

Mahdi Ibrahim A. God Vice-Président de l’ARD

Daher Ahmed Farah Président du MRD

 
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