samedi, 17 novembre 2018
 

Programme de villagisation en Ethiopie

HRW invite le gouvernement éthiopien à cesser son programme de ’villagisation’ - L’Organisation internationale de défense des droits de l’Homme, Human Rights Watch (HRW), a demandé aux autorités éthiopiennes de mettre fin à leur programme de ’villagisation’, qui entraîne le déplacement forcé des populations locales vers de nouveaux villages. Dans le cadre de ce programme, le gouvernement éthiopien est en train de déplacer de force environ 70.000 personnes appartenant à des groupes de population autochtones de la région de Gambela, dans l’Ouest du pays.

Ces personnes sont réinstallées dans de nouveaux villages où la nourriture, les terres arables et les services de santé et d’éducation adaptés font défaut, dénonce HRW dans un rapport publié et transmis à la PANA lundi.

’Le programme de ’villagisation’ lancé par le gouvernement éthiopien n’améliore pas l’accès aux services pour les populations autochtones de Gambela, mais porte au contraire atteinte à leurs moyens de subsistance et à leur sécurité alimentaire’, a affirmé le directeur exécutif-adjoint pour l’Europe de Human Rights Watch, Jan Egeland.

’Le gouvernement devrait suspendre ce programme tant qu’il ne peut garantir l’existence des infrastructures nécessaires et que les gens n’ont pas été correctement consultés et indemnisés pour la perte de leurs terres’ selon M. Egeland.

Le rapport, intitulé ’On attend la mort ici” : Déplacements forcés et “villagisation”dans la région de Gambela en Éthiopie’, expose en détails la nature forcée des transferts, la perte des moyens de subsistance, la détérioration de la situation alimentaire et les violations actuellement perpétrées par les forces armées à l’encontre des personnes concernées.

La plupart des zones où vivaient les populations actuellement déplacées ont vocation à être mises en location par le gouvernement, au profit d’un développement agricole commercial.

Le gouvernement explique que le programme de ’villagisation’ est conçu pour donner ’accès aux infrastructures socio-économiques de base’ aux personnes déplacées et pour amener ’une transformation socio-économique et culturelle des personnes’.

Cependant, bien qu’il ait promis d’offrir des compensations adéquates, le gouvernement n’a pas fourni les ressources nécessaires pour faire vivre les gens dans les nouveaux villages, selon Human Rights Watch.

Les résidents de Gambela, qui appartiennent pour la plupart aux groupes autochtones Anuak et Nuer, n’ont jamais possédé de droits officiels sur les terres sur lesquelles ils vivent et qu’ils exploitent.

Le rapport de HRW s’appuie sur plus de cent entretiens réalisés de mai à juin 2011 en Éthiopie, au camp de réfugiés d’Ifo, à Dadaab et à Nairobi, au Kenya, où beaucoup d’habitants de Gambela ont fui.

Source : http://www.afriquejet.com

 
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