dimanche, 19 août 2018
 

KENYA : Milka*, « Il faut arrêter de cacher sa séropositivité pour sauver son enfant »

NDHIWA - Grâce aux consultations prénatales effectuées à la clinique locale de la région de Ndhiwa, dans l’ouest du Kenya, Milka*, mère de trois enfants âgée de 25 ans et séropositive, a appris que nourrir son nouveau-né exclusivement au sein augmenterait ses chances de ne pas le contaminer.

Chez les mères séropositives, l’allaitement maternel exclusif permet de diminuer de trois à quatre fois le risque de transmission du VIH à leur enfant, en comparaison avec l’allaitement mixte. En effet, selon l’UNICEF, les aliments solides ou liquides donnés au bébé en complément de l’allaitement peuvent endommager la paroi intestinale déjà fragile et perméable du nourrisson, et favoriser davantage la transmission du virus.

Mais cela est difficile à gérer pour beaucoup de mères, car elles sont poussées par leur entourage à donner d’autres aliments à leur bébé avant ses six mois. Milka a raconté son histoire à IRIN/PlusNews :

« Ni mon mari, ni moi, ne savions que j’étais séropositive avant de tomber enceinte et d’aller à la clinique.

« Lorsque j’ai passé le test de dépistage, l’infirmière, qui m’avait dit que cela faisait partie des examens obligatoires pour toutes les femmes enceintes, m’a révélé ma séropositivité après m’avoir conseillée, et c’est comme ça que j’ai appris que j’étais séropositive.

« J’étais inquiète pour ma grossesse, mais l’infirmière m’a convaincue que je donnerais naissance à un bébé séronégatif si je continuais à venir à la clinique et à suivre ses conseils.

« Lorsque j’ai accouché, l’infirmière m’a demandé de choisir entre du lait maternel et des substituts du lait maternel pour nourrir mon bébé et j’ai choisi l’allaitement naturel, car je savais que je n’aurais pas les moyens d’acheter les substituts alimentaires.

« Quand mon bébé a eu trois mois, mon mari, qui ne savait pas que j’étais séropositive, et quelques amis ont commencé à me dire que le bébé pouvait manger de la bouillie pour devenir grand et fort.

« C’est là que mes problèmes ont commencé, car je ne savais pas quoi leur dire. Je continuais à refuser leurs conseils, mais je ne faisais que leur dire que je le ferai [donner de la bouillie] plus tard. Ils continuaient à insister.

« J’ai presque commencé à lui donner d’autres aliments juste pour qu’ils me laissent tranquille.

« Finalement, j’ai décidé de dire à mon mari pourquoi je ne voulais pas donner de bouillie à notre fille. Lorsqu’il a su, il a quitté la maison et n’est revenu qu’une semaine plus tard. Nous nous sommes disputés, mais ensuite, quand nous sommes allés à l’hôpital où il a été testé positif au VIH comme moi, il m’a beaucoup soutenue.

« Je ne pouvais pas continuer à porter la culpabilité de cacher ma séropositivité. Je pense qu’avoir dit à mon mari que j’étais séropositive était une bonne chose. Cela l’a sauvé et ça a sauvé notre bébé.

« Parfois, il faut arrêter de cacher sa séropositivité pour sauver son enfant.

« Maintenant, les pressions de mes proches et de mes voisins ne me dérangent plus. Je me sens juste soulagée. Ce n’est pas ce qu’ils pensent, mais ce que je choisis de faire qui aura des conséquences positives ou négatives sur mon enfant ».

* nom d’emprunt

Source : http://www.irinnews.org

 
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