vendredi, 19 octobre 2018
 

KENYA : Rassemblement d’experts pour l’agroforesterie et l’exploitation forestière commerciale

NAIROBI - Un nouveau rapport, publié par le gouvernement et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), a révélé qu’en 2010 et 2009, le Kenya a perdu les sommes astronomiques de 5,8 milliards (68 millions de dollars) et de 6,6 milliards de shillings kenyans (77 millions de dollars) respectivement, à cause de la déforestation [ http://www.unep.org/vitalforest/Rep... ].

Et cela, malgré le fait que les activités commerciales liées au secteur forestier ont seulement rapporté 1,3 milliard de shillings à l’économie nationale sur la même période.

Pour calculer les pertes, les chercheurs ont pris en compte : les effets de la réduction du débit fluvial sur l’irrigation ; le nombre de cas de paludisme dus à la déforestation ; la perte de sols productifs causée par l’érosion ; les conséquences de la baisse de la qualité de l’eau sur la pêche continentale ; et la diminution des stocks de carbone au-dessus du sol.

Le rapport révèle en outre que le pays a longtemps sous-estimé la part des forêts dans la valeur de son PIB. Cet apport, actuellement estimé à 1,1 pour cent, serait en réalité de près de 3,6 pour cent du PIB du pays, selon le rapport.

Agroforesterie

Les experts considèrent que le pays - au lieu d’investir dans la gestion et à la préservation du patrimoine forestier de l’État - devrait s’attacher à encourager l’agroforesterie et à promouvoir l’exploitation forestière commerciale.

« Le gouvernement doit commencer à accorder des primes aux fermiers pour [planter plus] d’arbres sur leurs exploitations agricoles [au lieu] de se concentrer uniquement sur la protection du patrimoine forestier de l’État. Seuls ces efforts permettront d’accroître le couvert forestier et d’atteindre l’objectif des 10 pour cent de couvert forestier », a déclaré David Ngugi, directeur de l’organisme public Kenya Forest Service.

« Les gens seront plus enclins à investir davantage dans le secteur forestier et arboricole s’ils savent qu’ils peuvent en vivre correctement ».

Le gouvernement a largement concentré ses efforts de conservation sur les zones de captage des eaux que sont les cinq « châteaux d’eau » naturels du Kenya - le complexe forestier de Mau, le mont Kenya, la chaîne montagneuse d’Aberdare, le mont Elgon et les collines de Cherangani - qui constituent ensemble la plus grande partie des réserves d’eau du pays.

Source d’énergie

D’après les experts, si les communautés sont capables de planter des arbres et de sauver des forêts, le véritable défi consiste à satisfaire la demande énergétique de près de 74 pour cent de la population qui utilise du bois combustible et du charbon de bois comme source d’énergie.

« Les fermiers sont capables de planter des arbres sur leurs exploitations et de préserver les forêts dans le même temps, mais parfois, les besoins en énergie se font cruellement sentir et prennent le dessus. Il faut rendre les autres sources énergétiques plus abordables, en particulier pour les communautés rurales », a affirmé le directeur exécutif du PNUE, Achim Steiner.

Les principales raisons de la déforestation sont la production de charbon de bois non réglementée, l’abattage des arbres indigènes, la culture de marijuana, la présence de pâturages pour le bétail et d’établissements humains.

Selon l’organisme Kenya Forest Service, seuls 6,2 pour cent du territoire total du pays est couvert par les forêts.

L’amenuisement des ressources hydriques provoqué par la destruction des forêts va avoir un impact sur l’intensification des cultures irriguées. « Il est évident que le Kenya ne sera pas en mesure d’atteindre ses objectifs nationaux en matière de sécurité alimentaire à moins d’aider les petits agriculteurs à se procurer de l’eau pour leurs cultures », a affirmé M. Ngugi.

Source : http://www.irinnews.org

 
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