dimanche, 19 août 2018
 

Les foyers du Somaliland touchés par le manque d’eau

HARGEISA - Des centaines de foyers de la région disputée de Sool, dans la république autoproclamée du Somaliland, sont confrontées, d’après les autorités, à une pénurie d’eau causée par le manque de précipitations.

Le Somaliland et la région autonome autoproclamée du Puntland se disputent tous deux les régions de Sool et de Sanaag.

« Nous estimons qu’environ 3 000 foyers sont touchés par la pénurie d’eau dans [la] région de Sool », a dit à IRIN Mohamed Mousa Awale, président de l’Autorité nationale de recherche environnementale, de préparation et de gestion des catastrophes du Somaliland.

M. Awale a ajouté que certaines familles rurales touchées par la sécheresse avaient migré vers les zones voisines comme le Togdheer et Buhotle, où les pluies Deyr (les précipitations qui tombent habituellement entre octobre et novembre) ont été satisfaisantes. D’autres se sont dirigées davantage vers le sud à la recherche d’eau et de pâturages.

« Nous nous inquiétons cependant [pour] les personnes âgées et celles qui n’ont pas pu quitter leur village. [Elles] se trouvent dans une situation grave et ont besoin d’eau et de nourriture », a-t-il dit.

« Nous ne disposons pas d’estimations précises, je peux simplement dire que la pénurie d’eau a touché l’ensemble de la région », a dit le gouverneur adjoint de Sool, Mohamed Abdi Dhimbil, au sujet du nombre de personnes affectées. « Le point d’eau le plus proche se trouve à 94 km, en Éthiopie, et nous pensons qu’environ 200 familles d’éleveurs [sont] à la recherche d’eau et de pâturages dans la région somalienne de Mudug ».

Hausse des prix

Le prix de l’eau à Las-Anod, la capitale de la région de Sool, a fortement augmenté depuis mi-février. Une barrique de 200 litres de « durdur » (eau de source), coûte actuellement 1,50 dollar, contre un dollar il y a un mois. Le prix d’une barrique d’eau de pluie des « berkads » (réservoirs) est passé de 2,48 dollars à 5 dollars.

« Les durdurs [sources] des environs de Las-Anod se sont asséchés pour la première fois dans l’histoire et les prix [ont] augmenté », a dit Faisal Jama, un journaliste basé à Las-Anod.

« La hausse du prix de l’eau a [un] impact négatif [sur] nos moyens de subsistance. Si une personne gagne 150 dollars par mois, 45 dollars lui servent à acheter de l’eau, contre 22,38 dollars [il y a] un mois et [l’argent] qu’il reste ne suffit pas à couvrir ses besoins essentiels », a dit Mohamed Abdillahi, père de cinq enfants.

À mesure que la « jilaal », la saison sèche qui s’étend de janvier à avril, avance, davantage de sources d’eau pourraient s’épuiser, selon les prévisions post-Deyr de l’Unité d’analyse de la sécurité alimentaire et de la nutrition (FSNAU). [ http://www.fsnau.org/downloads/Soma... ]

« Dans les régions où les pluies Deyr d’octobre à décembre 2012 ont été faibles, notamment sur le plateau de Sool et dans certaines zones de la Vallé du Nugaal, la saison sèche Jilaal de janvier à mars va probablement entraîner un épuisement rapide des ressources en eau. D’autant plus que de nombreux réservoirs ne se sont pas remplis pendant les dernières pluies Deyr. Le bétail devra probablement parcourir de plus longues distances pour accéder aux points d’eau, car le coût élevé du transport de l’eau limite son accès », indique le rapport de la FSNAU.

La situation de ces régions pourrait s’aggraver et la sécurité alimentaire pourrait se dégrader, a ajouté la FSNAU.

Les pluies « Gu », qui tombent de mars à mai, ont commencé dans certaines zones du Somaliland. Mais les premières prévisions de la FSNAU indiquent que la quantité totale des précipitations en Somalie sera normale ou inférieure à la normale.

Irin : http://www.irinnews.org

 
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