dimanche, 22 avril 2018
 

SOMALIE : Des familles locales à la recherche de nourriture rejoignent les camps de DPI

NAIROBI - Selon des travailleurs humanitaires et des représentants de la société civile, de plus en plus d’habitants pauvres de Mogadiscio s’installent dans les camps mis en place pour abriter plus de 100 000 personnes déplacées d’autres régions du pays par la sécheresse et le manque de nourriture et de services de base.

Le nombre des familles de Mogadiscio qui viennent s’installer dans les camps est en forte augmentation depuis trois semaines, indiquent les responsables.

« Une grande partie des familles qui viennent dans les camps ne sont guère mieux loties que les personnes déplacées ; personne n’est arrivé jusque chez eux et les gens ont donc décidé de rejoindre les camps, pour obtenir de l’aide, » a dit à IRIN Asha Ugas Sha’ur, membre de la société civile de Mogadiscio.

Selon elle, beaucoup de ces familles vivaient dans des zones précédemment aux mains du groupe insurgent Al-Shabab, qui s’est retiré de la ville le 6 août.

Certains sont des déplacés de longue date et des habitants qui dépendaient pour vivre d’un travail journalier. « Mais c’est tout simplement impossible de trouver du travail et il n’y pas d’autre possibilité de revenus, » a t-elle ajouté.

Mme Sha’ur a indiqué que certains étaient restés des semaines sans pouvoir quitter leur domicile à cause des combats. « Et maintenant ils sortent de chez eux et ils n’ont plus rien. »

Un point d’attraction pour les plus démunis

Abdulqadir Omar, responsable local du Conseil danois pour les réfugiés (Danish Refugee Council) qui gère quatre camps dans la capitale somalienne, soit une population de 3 000 familles (18 000 personnes), a dit à IRIN que beaucoup parmi les nouveaux arrivants venaient de la ville ou des environs, « où l’aide humanitaire n’est pas encore parvenue ».

De nombreuses familles qui se trouvaient dans les camps de déplacés, situés le long du corridor d’Afgoye qui contourne la ville sur 30km au sud, reviennent à Mogadiscio parce qu’elles n’y ont pas trouvé beaucoup d’aide, a t-il ajouté.

D’autres familles, a dit M. Omar, installent des abris de fortune à l’intérieur des camps, un phénomène connu sous le nom de « bush bariis » (ce qui peut se traduire grosso modo par des "huttes à riz"). « Elles attendent la distribution de nourriture, puis elles rentrent chez elles », a t-il expliqué. « Cette attitude même montre combien les gens sont désespérés. »

Ambaro* a quitté son lieu de résidence au nord de Mogadiscio pour aller vivre dans un camp. Son quartier est l’un des derniers endroits à avoir été abandonné par Al-Shabab. « Je suis partie parce que nous serions morts de faim si nous étions restés. »

Elle avait l’habitude de trouver du travail sur les marchés, mais ceux-ci ont été abandonnés ; « et je ne peux plus nourrir mes enfants. Quand j’ai entendu parler de tous ces gens qui venaient aider les victimes de la sécheresse, j’ai décidé moi aussi d’aller chercher de l’aide. »

Pour M. Omar, il faut absolument que les agences humanitaires trouvent le moyen d’atteindre ceux qui en ont besoin « dans la ville même et dans les environs ».

Avec l’aide dispensée aux personnes déplacées par la sécheresse, nous ne voulons pas provoquer la jalousie et l’hostilité à leur égard, » a t-il dit.

Atteindre les gens là où ils se trouvent, a ajouté M. Omar, permettrait aussi de réduire le nombre de gens qui se déplacent. «  Nous assistons à des mouvements de population massifs et la seule raison est que les gens essaient d’avoir accès à de la nourriture. S’ils savent que nous parviendrons jusqu’à eux, ils n’auront plus de raison de se déplacer. »

Kiki Gbeho, directrice du Bureau d’OCHA pour la Somalie, a dit que l’objectif de la communauté humanitaire était d’amener l’aide aux personnes qui en ont besoin où qu’elles se trouvent. « Quand les gens partent de chez eux pour aller chercher de l’aide, ils deviennent extrêmement vulnérables et risquent d’être victimes de toutes sortes de transgressions. Les problèmes sont nombreux, surtout que plus de 100 000 PDI sont arrivés à Mogadiscio au cours des deux derniers mois. Nous allons continuer à faire tout notre possible pour leur venir en aide. »

*un nom d’emprunt

Source : http://www.irinnews.org

 
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