dimanche, 22 avril 2018
 

SOMALIE : Des milliers de personnes déplacées par les affrontements à Gedo

NAIROBI - Plusieurs milliers de personnes ont été déplacées par les affrontements entre les insurgés d’Al-Shabab et les troupes somaliennes appuyées par les soldats éthiopiens et kényans dans la région de Gedo, au sud-ouest de la Somalie, ont indiqué des habitants à IRIN.

« Ces deux dernières semaines, nous avons recensés quelque 5 000 personnes déplacées par les affrontements ; des centaines de familles avaient déjà été déplacées », a dit à IRIN Mohamed Abdi Kaliil, le gouverneur de Gedo présent dans la capitale régionale de Garbaharey. « Nous essayons de trouver de l’aide pour les déplacés de notre région, mais nous n’en avons pas reçu pour l’instant ».

Des familles ont été « obligées de se déplacer d’une ville à l’autre et d’un village à l’autre » suite aux actions menées par Al-Shabab, a-t-il dit à IRIN. « Leur principal objectif est d’échapper aux violences ; les gens ont désespérément besoin d’abris, de soins de santé, d’eau et de nourriture ».

Suite aux affrontements, les liens commerciaux ont été coupés entre la région de Gedo et la capitale Mogadiscio ainsi que la ville de Baidoa, et les services publics n’ont pas non plus été épargnés. Selon M. Kaliil, plus de dix centres de santé de la région de Gedo ont été fermés en raison du conflit.

Adan Abdi Hashi, administrateur du principal hôpital de Garbaharey, a indiqué que son laboratoire avait été détruit par le feu une semaine plus tôt. « Al-Shabab a lancé une attaque et notre établissement a été endommagé par des échanges de tirs avant de prendre feu », a-t-il dit.

L’hôpital dessert les habitants de quatre districts de Gedo. « Il est impossible de faire la moindre analyse », a dit M. Hashi. « Actuellement, nous accueillons douze patients infectés par la TB [tuberculose] et à qui nous devons faire des analyses tous les deux mois afin de nous assurer qu’ils réagissent bien au traitement, mais nous ne pouvons même pas faire ces analyses ».

Les médicaments faisaient également défaut, a-t-il ajouté.

L’éducation touchée

Comme les hôpitaux, les écoles n’ont pas été épargnées par les conflits. « Dans les zones qui sont toujours sous le contrôle d’Al-Shabab, ils ont fermé les écoles et obligé les enfants à prendre les armes », a dit le gouverneur à IRIN.

Des écoles des zones contrôlées par les forces pro-gouvernementales ont également été fermées pour des raisons diverses. Beaucoup d’élèves du seul établissement secondaire de la ville de Garbaharey ne viennent plus à l’école, car ils ont déjà quitté la région, a indiqué Ali Mohamed Isse, le principal.

« Les gens en ont vraiment assez de la situation, alors ils s’en vont pour des régions plus sûres et n’envoient pas leurs enfants à l’école ; je les comprends », a dit M. Isse.

Incertitudes

Un journaliste local, qui a demandé à garder l’anonymat, a dit que les insurgés d’Al-Shabab - qui ont perdu le contrôle de Garbaharey et d’autres parties de Gedo désormais sous le contrôle des forces du Gouvernement fédéral de transition (GFT), des troupes éthiopiennes et kényanes - « ne sont pas loin et peuvent attaquer quand bon leur semble.

« Cette situation a provoqué des inquiétudes et des incertitudes au sein de la population quant à son avenir », a dit le journaliste, ajoutant que les raids aériens menés par les Kényans dans certaines régions du sud de la Somalie, y compris Gedo, suscitaient les craintes de la population.

« Cela a obligé beaucoup de gens à fuir toute zone qu’ils estiment être proches d’Al-Shabab », a dit le journaliste, ajoutant que cela avait contribué aux déplacements dans la région. « On assiste à un mouvement de population désordonné et continu ».

Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), la région de Gedo accueille quelque 77 000 personnes déplacées. Mais pendant près d’un an, a dit M. Kaliil, les agences d’aide humanitaire n’ont pas eu accès à la région en raison de la présence d’Al-Shabab.

Source : http://www.irinnews.org

 
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