samedi, 20 janvier 2018
 

SOMALIE : Les hôpitaux de Mogadiscio à court de médicaments

MOGADISCIO/NAIROBI - Les hôpitaux de la capitale somalienne, Mogadiscio, commencent à manquer de médicaments suite à l’arrivée d’un grand nombre de personnes qui se sont déplacées en raison de la sécheresse qui a frappé le pays ces deux derniers mois. Selon les responsables de la santé, jusqu’à cinq patients meurent chaque jour suite à l’apparition de foyers de maladie.

« Les hôpitaux sont confrontés à une pénurie de médicaments, mais ils doivent continuer à en distribuer pour soigner les épidémies de rougeole, de diarrhée, de malnutrition, de paludisme et de maladies respiratoires », a dit à IRIN Aden Ibrahim, le ministre de la Santé du Gouvernement fédéral de transition de Somalie, le 15 juillet à Mogadiscio.

Une grave sécheresse a frappé plusieurs régions de la Somalie. Selon des responsables de la société civile, le nombre de personnes qui sont mortes de faim est en augmentation, [ http://www.irinnews.org/fr/reportfr... ] car les régions auparavant épargnées par la sécheresse sont à leur tour touchées. Les personnes confrontées à la famine se déplacent vers la capitale et d’autres zones urbaines du centre-sud de la Somalie pour trouver de l’aide.

Au cours de la conférence de presse organisée à Nairobi le 15 juillet, le sous-secrétaire d’État adjoint [chargé de la population, des réfugiés et de la migration], l’Américain Reuben Brigety II, a dit qu’historiquement, les personnes qui fuyaient leur maison étaient celles qui avaient les moyens financiers et physiques de partir, tandis que celles qui restaient étaient souvent plus pauvres.

Selon lui, la crise qui frappe actuellement la Somalie est de nature différente. « Aujourd’hui, nous constatons que même les populations somaliennes les plus pauvres partent - des agriculteurs, des éleveurs, des personnes qui n’ont tout simplement plus rien à manger ».

M. Ibrahim a indiqué que Mogadiscio n’était plus en mesure de faire face à cet afflux de personnes désespérées.

« Entre trois et cinq enfants au moins meurent chaque jour [dans les hôpitaux] suite à l’apparition de foyers de maladies liées à l’afflux important de personnes déplacées par la sécheresse et qui ont trouvé refuge en ville », a-t-il dit.

Lul Mohamoud Mohamed, la directrice de l’hôpital Banadir, le plus important de Mogadiscio, a indiqué que l’établissement avait épuisé ses fournitures médicales suite à la forte augmentation du nombre de patients.

« Aucune organisation ne nous apporte de soutien direct ; auparavant, DBG [Daryeel Bulsho Guud, une organisation non gouvernementale (ONG) basée en Allemagne] nous fournissait des médicaments, l’UNICEF [Fonds des Nations Unies pour l’enfance] et l’OMS [Organisation mondiale de la Santé] nous donnaient des médicaments contre la diarrhée et la rougeole, mais nous n’en avons plus, en raison du grand nombre de patients que nous accueillons », a dit Mme. Mohamed.

Elle a indiqué le 15 juillet que les responsables de l’hôpital avaient écrit à l’UNICEF, à l’OMS et à d’autres organisations afin d’obtenir de l’aide, mais qu’elles n’avaient toujours pas eu de réponse.

« Sur les quelque 100 enfants que l’hôpital accueille chaque jour, trois ou quatre meurent ; nous ne pouvons pas les sauver, car nous nous trouvons actuellement dans une situation où ne pouvons rien faire, en particulier pour les enfants qui ont la rougeole », a dit Mme Mohamed.

Il y a un mois, a-t-elle dit, l’hôpital recevait jusqu’à 70 enfants par jour, « mais actuellement, nous en recevons une centaine en raison des épidémies, comme la rougeole et la diarrhée, qui sévissent en ville ».

Au premier trimestre 2011, Banadir a reçu 160 patients souffrant de la rougeole et 440 autres patients au cours du deuxième trimestre, a indiqué Mme Mohamed.

« Au premier trimestre, nous avons accueilli 1 228 enfants souffrant de diarrhée, puis 2 003 autres enfants au deuxième trimestre », a dit Mme Mohamed, ajoutant que son établissement avait enregistré 160 cas au premier trimestre et 440 au deuxième trimestre.

Si les enfants en bonne santé se remettent de la rougeole en deux ou trois semaines, les conséquences peuvent être plus graves pour les enfants déplacés qui sont déjà vulnérables. L’OMS a indiqué que « la rougeole pouvait entraîner de graves complications, comme des cécités, des encéphalites, des diarrhées aiguës, des infections de l’oreille et des pneumonies, en particulier chez les enfants souffrant de malnutrition et les adultes ayant un système immunitaire affaibli ».

L’épidémie a progressé en raison de la faible couverture vaccinale dans les régions actuellement touchées par la sécheresse, selon Tarik Jasarevic, un porte-parole de l’OMS. « Le système de santé était déjà médiocre et on notait des problèmes d’eau et d’assainissement dans ces régions », a-t-il indiqué.

Au Kenya, pays voisin où nombre de Somaliens ont cherché refuge, l’OMS, l’UNICEF et le ministre de la Santé du Kenya organisent une campagne de vaccination contre la rougeole et la polio qui ciblera 215 000 enfants âgés de moins de cinq ans. Des traitements vermifuges et de la vitamine A devraient également être fournis.

La campagne concernera les enfants de Mogadiscio, et ceux qui vivent le long de la frontière entre le Kenya et la Somalie, notamment les enfants des camps de réfugiés de Dadaab au Kenya, les districts de Fafi et Lagdera, ainsi que les couloirs migratoires comme la municipalité de Garissa.

Source : http://www.irinnews.org

 
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